Gaëtan Mootoo (1952-2018), l’élégance du juste

Chercheur pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International depuis trente-deux ans, Gaëtan Mootoo s’est donné la mort le 25 mai. C’est une immense perte pour la défense des droits humains. Sans lui nombre de crimes d’État, d’injustices et d’exactions n’auraient pas été connus. Hommage à un juste, d’une rare élégance, qui fut un ami et dont les obsèques ont lieu lundi à 13h30 au Père-Lachaise à Paris.

C’était un vendredi soir d’orages violents sur Paris. Travaillant dans son bureau hébergé au siège de la section française d’Amnesty, Gaëtan Mootoo avait averti son épouse, Martyne Perrot, et son fils, Robin Mootoo, de ne pas l’attendre pour dîner car il préparait sa prochaine mission au Mali, à Gao, avec cette minutie consciencieuse qui le caractérisait. Il devait y partir le mardi 29 mai après le mariage d’une filleule le samedi, puis les obsèques du fils d’amis le lundi. La veille, il avait dîné avec l’une de ses collègues du bureau Afrique d’Amnesty basé à Dakar, une soirée chaleureuse et amicale. Durant la journée du vendredi, il s’était occupé des vacances familiales de l’été et avait pris soin de réceptionner des dattes succulentes qu’il comptait apporter à ses amis maliens, un beau présent en temps de ramadan.

Gaëtan Mootoo (1952-2018) Gaëtan Mootoo (1952-2018)

Mais il n’est pas rentré chez lui. Cette nuit du 25 mai 2018, Gaëtan Mootoo a mis fin à ses jours dans son bureau parisien d’Amnesty, dont il était le chercheur pour l’Afrique de l’Ouest depuis 1986, soit trente-deux ans. Pour ses proches, sa famille, ses amis, ses collègues, c’est un séisme tant rien n’avait laissé entrevoir cette issue irrémédiable. Tout au plus Gaëtan se disait-il parfois fatigué, mais en ne faisant rien pour se reposer, enchaînant mission après l’autre, partant sans cesse sur le terrain. Si tout suicide a sa part irréductible de mystère, c’est bien du côté du travail qu’il faut chercher la clé de celui-ci : de la charge de travail, des conditions de travail, de la souffrance au travail.

Dans un mot qu’il avait pris soin d’imprimer avant d’y ajouter quelques lignes manuscrites, Gaëtan Mootoo l’a lui-même écrit. Se retrouvant seul depuis une réorganisation interne de 2014, il y explique avoir fait une demande d’aide qui n’a pas été suivie d’effet. Affirmant qu’il aime ce qu’il fait et qu’il voudrait le faire correctement mais qu’il sent ne plus pouvoir continuer de cette façon, il écrit : « D’où ma décision ». C’est peu dire que Gaëtan s’est littéralement tué au travail. À Amnesty, que ce soit à Londres, siège du secrétariat général dont il dépendait, qu’à Paris, où la section française l’hébergeait, le choc est immense comme en témoigne ici le directeur général de la section de Belgique francophone, Philippe Hensmans. Deux enquêtes internes ont d’ores et déjà été annoncées, l’une internationale, l’autre française, pour faire toute la lumière sur ce suicide et en tirer des enseignements.

Gaëtan Mootoo en mission pour Amnesty International ©DR Gaëtan Mootoo en mission pour Amnesty International ©DR
Dans une lettre à sa veuve Martyne, Salil Shetty, le secrétaire général d’Amnesty International, affirme sa « détermination personnelle à ce que notre propre organisation ainsi que l’ensemble du mouvement Amnesty tirent toutes les leçons de cette tragédie ». Face à un événement sans précédent dans l’histoire de l’ONG pionnière dans la défense internationale des droits humains, des salariés, actuels ou passés, de l’organisation humanitaire expriment, dans une adresse collective au bureau international d’Amnesty, leur exigence que « les faits entourant sa mort soient précisément rapportés » : « Amnesty International devrait aborder cette tragédie avec la même honnêteté et intégrité qu’il exige des gouvernements dans le monde entier ».

Mort à 65 ans, Gaëtan Mootoo aura consacré la moitié de sa vie à Amnesty, se dévouant corps et âme. Avec une abnégation et une intégrité incomparables. Ainsi rechignait-il à utiliser les miles de sa carte de fidélité aérienne, estimant qu’il s’agissait de l’argent de l’ONG, et donc que ça ne lui appartenait pas. De même s’étonnait-il d’être payé pour les cours qu’il donnait (en anglais) à Sciences Po dans un master de droits humains et d’action humanitaire, jugeant qu’il ne faisait que rendre compte d’une expérience qui appartenait, elle aussi, à Amnesty. Mais, au delà de cette éthique scrupuleuse, l’essentiel est ailleurs : dans son action concrète qu’un respect unanime salue en Afrique depuis sa disparition brutale.

Gaëtan Mootoo en enquête ©DR Gaëtan Mootoo en enquête ©DR
Plus tard, quand, dans les livres d’histoire, l’on rendra compte des transitions démocratiques en Afrique de l’Ouest (et de leurs aléas) depuis la décennie 1980, le nom de Gaëtan Mootoo comptera plus que celui de nombre des politiciens qui en furent les acteurs ou les bénéficiaires. « Gaëtan Mootoo était l’Africain d’Amnesty International, écrit dans l’hommage le mieux informé Alioune Tine qui fut le chef du bureau régional de Dakar jusqu’à fin 2017 avant de devenir expert de l’ONU sur les droits de l’homme au Mali. Parce que, pendant près de quarante ans, il a vécu toutes les crises politiques, les conflits armés, les tensions suivies de graves violations des droits humains, qu’il s’agisse de la Guinée Conakry sous les régimes de Lassana Conté et du capitaine Dadis Camara, notamment avec les événements du 28 septembre 2009 ; qu’il s’agisse du Togo sous le régime autoritaire de Eyadema ou encore de la Côte d’Ivoire avec ses crises et conflits de l’après-Houphouët ; ou enfin du Burkina Faso avec l’affaire Norbert Zongo et l’insurrection populaire de 2014. »

Mais il faudrait aussi parler du Sénégal « où Gaëtan a travaillé très tôt et capitalisé une véritable expérience sur le conflit casamançais et les crises politiques qui ont précédé l’alternance politique de 2000 ». Et, surtout, du Tchad, quand, sous le règne d’Hissène Habré, Gaëtan Mooto réalisa « un travail titanesque », mettant en lumière, alors même que le régime était en place, « la torture, les arrestations arbitraires, les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées ». À cette énumération, forcément incomplète, il faudrait ajouter ses deux derniers rapports, sur la zone du Sahel où l’armée française est en guerre avec l’Opération Barkane : l’un, d’avril 2018, concerne le Mali avec la découverte d’un charnier et l’aggravation de la crise sécuritaire ; l’autre, de la mi-mai, concerne le Niger avec l’expulsion de plus de cent Soudanais vers la Libye où ils risquent de graves abus, y compris la torture.

« Gaëtan, poursuit Alioune Tine, avait noué des contacts avec tous les segments de la société : les dissidents de toutes natures, politiques, syndicaux, activistes, les journalistes, militantes des droits des femmes et des victimes, des anonymes à qui il donnait autant d’attentions. (…) Nous, organisations de la société civile africaine, décideurs, opposants politiques et citoyens africains, sommes tous orphelins. Nous sommes tous redevables à Gaëtan Mootoo qui était un bouclier contre l’arbitraire. Il a aussi grandement contribué à créer les conditions de l’alternance politique en Afrique, permettant aux dissidents d’hier d’arriver au pouvoir : les présidents Wade, Alpha Condé, Gbagbo, Ouattara ne me démentiront pas ».

Gaëtan Mootoo à l'écoute ©DR Gaëtan Mootoo à l'écoute ©DR
En février dernier, j’avais vu Gaëtan à l’œuvre, à Bamako, la capitale du Mali. Économe en paroles, voire souvent taiseux, il avait ce talent de savoir écouter silencieusement. De mettre en confiance par sa simple présence qui respirait l’empathie. Le mot qui me vient, en me le remémorant, c’est celui de halo : il dégageait une lumière apaisante tout autour de lui, comme un cercle de confiance qu’il suscitait par sa douceur. Une image qui va bien avec l’idée que je me fais de ce que fut, au final, sa vie : une mission, un engagement total, une abnégation infinie. La dernière fois que nous nous sommes croisés, peu de temps avant sa mort, nous étions convenus de nous retrouver fin juin à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, pour le deuxième « Sommet des africtivistes » où j’espère qu’on lui rendra hommage.

Mais le portrait est encore incomplet : il faut y ajouter cette élégance de dandy assumé qui était sa marque. Savoir se tenir, en toutes circonstances, ne jamais se laisser aller, aurait pu être l’une de ses devises, à laquelle il est resté fidèle jusqu’à la mort qu’il a choisie. Gaëtan Mootoo ne partait jamais en mission sans Shakespeare, une théière et du cirage. Les Sonnets ou la pièce Jules César étaient ses œuvres préférées de l’écrivain, dramaturge et poète, qu’il lisait en anglais, sa véritable langue de cœur qui cohabitait avec le créole de l’enfance mauricienne et le français de son éducation biculturelle. Il fallait que ses chaussures soient toujours impeccablement cirées, tandis que, sur le terrain, il épuisait ses collègues en se contentant de thé, tout le jour durant, à la manière d’un nomade du désert.

Détestant ces vestes difformes à multiples poches qu’affectionnent les humanitaires ou les reporters, il était toujours vêtu de chemises impeccables, souvent aux motifs imprimés. En somme, pas de laisser-aller, rien que de la tenue ! Bref, de l’exigence avec soi-même. Mais ces mots que j’écris sont encore incomplets et imparfaits car ils pourraient donner une image de raideur et d’austérité. Cuisinier hors pair, mariant avec soin les saveurs, Gaëtan aimait rire et blaguer, marcher et discuter, découvrir et aimer. Respectant sa réserve naturelle, je n’ai pas su percer la carapace qu’il avait construite dont son élégance était sans doute le ciment. Mais, pour les survivants que nous sommes, infiniment désolés, je voudrais suggérer, avec l’aide de Martyne et de Robin, sa femme et son fils, qu’on ne peut comprendre Gaëtan Mootoo sans son pays d’origine, l’île Maurice.

Gaëtan Mootoo en pause sur le terrain ©DR Gaëtan Mootoo en pause sur le terrain ©DR
Cette distinction en forme de distance, ce décalage qui faisait son exception me semblent ancrés dans son enfance et sa jeunesse sur l’une des terres de la créolisation du monde. Né le 29 septembre 1952 à Eau Coulée, un quartier de Cure-Pipe, la deuxième ville de Maurice, au centre de l’île, Gaëtan a grandi dans une famille pauvre où il fut élevé par sa grand-mère après le décès en couches de sa mère, un an et demi après sa naissance. Institutrice, cette grand-mère élevait en même temps treize enfants, comme on sait le faire dans les solidarités populaires. Un jour, Gaëtan lui demanda pourquoi ils étaient pauvres. Elle lui répondit que, s’il se retournait, il verrait qu’ils ne l’étaient pas et qu’au contraire, ils possédaient des richesses inestimables. L’enfant se retourna et ne vit rien d’autre que l’ordinaire d’une maison sans richesse. La grand-mère lui montra alors ce qu’il n’avait pas vu parce que c’était son quotidien : une ébauche de bibliothèque avec quelques livres sur les rayonnages.

Gaëtan Mootoo est issu d’une longue histoire où la culture, la connaissance et le savoir sont l’arme des faibles, des opprimés et des dominés. Logiquement, après ses études secondaires, il choisit l’École normale avant d’être instituteur durant cinq années à Maurice. Sa hiérarchie le jugeait trop laxiste avec les élèves qu’il préférait élever par la douceur plutôt que par la contrainte. Un jour, le directeur de son école entra sans prévenir dans sa classe et s’étonna que les élèves ne se lèvent pas spontanément. Élevés à l’école de liberté de Gaëtan, les élèves lui répondirent tranquillement qu’ils ne s’étaient pas levés car il avait oublié de leur dire bonjour en entrant. Tel est le contexte d’époque – les années 1970 du siècle passé – qui fut son école de formation alors que Maurice, ex-colonie britannique, inventait son indépendance, proclamée en 1968.

L’un de ses proches amis, Jean-Clément Cangy, a raconté dans Le Mauricien après l’annonce de sa mort leurs années d’apprentissage : « C’est à la sortie du collège et, en tant que jeunes adultes, que nous nous sommes connus, à fourrer notre nez ici et là dans les organisations sociales. C’est ainsi que nous nous sommes engagés au sein de l’Institut pour le Développement et le Progrès (IDP) avec Jean-Noël Adolphe, formidable rassembleur d’énergies. La formation en leadership social et en développement communautaire faisait toujours salle comble d’une jeunesse avide de travail social tant en milieu urbain que rural. Nous étions également là quand le mouvement Fiat a été porté sur les fonts baptismaux. Et quand Reynolds Michel, prêtre, après deux expulsions de l’Europe, s’est retrouvé à Maurice, nous l’avons rejoint pour fonder le Mouvement Chrétien pour le Socialisme (MCPS) et nous avons, avec d’autres, dont Percy Lafrance, Rowin Narraidoo, Jean-Baptiste Cotega, Louis Boullé, Sybille Masson et Désiré Mallet, fait sauter le verrou entre foi chrétienne et marxisme, et ce pour démontrer qu’on pouvait être à la fois chrétien et socialiste. »

Gaëtan Mootoo face aux médias ©DR Gaëtan Mootoo face aux médias ©DR
C’est au basculement de Mai-Juin 1968 que nous devons l’ancrage français de Gaëtan Mootoo. De culture prioritairement anglophone, il aurait dû rejoindre la Grande-Bretagne s’il quittait Maurice. Mais il entendit parler de l’Université expérimentale de Vincennes, aujourd’hui Paris-VIII Saint Denis, et, stimulé par ses audaces, voulut la rejoindre en s’inscrivant en Sciences de l’éducation où il soutint un mémoire de maîtrise sur l’histoire de l’éducation à Maurice, sous la direction de l’historien Georges Vigarello. Étudiant désargenté arrivé en 1978, il vivait en faisant des ménages dans des entreprises ou chez des particuliers, en donnant des cours d’alphabétisation ou en étant embauché pour des vendanges – expérience du Languedoc qu’il racontait comme d’autres diraient l’exotisme du lointain. Après avoir ensuite suivi un séminaire d’anthropologie de l’Afrique, il se mit à chercher un emploi, en vain tant il se heurtait à ce mur invisible qui, en France, barre toujours la route aux non-blancs, aux Africains et aux Antillais.

Sans doute cette blessure explique-t-elle qu’il n’ait jamais pris la nationalité française alors qu’il a épousé, en 1985, une citoyenne française, Martyne Perrot, anthropologue au CNRS. « Papa, résume son fils Robin, adorait la culture française mais ne s’est jamais reconnu dans cette nation. » Quand Martyne et Gaëtan se sont connus, celle-ci menait une recherche sur « les mariées de l’île Maurice », ces femmes mauriciennes qui épousèrent par correspondance des agriculteurs de Lozère, d’Aveyron ou du Finistère. Un autre déplacement, à la fois choisi et contraint, symbole d’un monde interdépendant dont la relation est le sésame. Plutôt que la nationalité française, Gaëtan Mootoo rêvait d’obtenir la PIO Card qui atteste de l’origine indienne, en l’espèce tamoule, de sa famille, laquelle quitta l’Inde pour Maurice à la fin du XIXe et au début du XXe siècles.

Se déplacer, risquer, vivre, mourir… L’un des rapports d’enquête les plus saisissants de Gaëtan Mootoo, en collaboration avec son collègue Salvatore Sagues qui fut son complice jusqu’à la réorganisation fatale de 2014 où il se retrouva seul, s’intitule Donner la vie, risquer la mort. Concernant la mortalité maternelle au Burkina Faso, il témoigne de l’humanisme essentiel de sa démarche. Gaëtan ne s’intéressait pas qu’aux grands drames politiques, il se souciait à hauteur du quotidien : la santé, l’école, l’égalité, etc. Sa prochaine mission à Gao, celle qu’il ne fera pas, concernait d’ailleurs les entraves à l’éducation des filles imposées par les idéologies religieuses sectaires venues de l’islam.

Gaëtan Mootoo avec une assemblée de femmes ©DR Gaëtan Mootoo avec une assemblée de femmes ©DR
Répondant en 1986 à une annonce parue dans Le Monde, Gaëtan Mootoo trouva enfin un port d’attache : Amnesty International, l’ONG pionnière de la défense des droits humains par la société civile, fondée en 1960. Dès lors, il se sentait définitivement redevable à cette organisation qui avait su le reconnaître et l’admettre, sans préjugés ni réticences. Depuis, il arpentait l’Afrique de l’Ouest, à l’écoute de ses sociétés, donnant autant de crédit aux obscurs qu’aux reconnus, ne cherchant jamais à faire carrière sur le malheur du monde, sorte de missionnaire laïque d’une solidarité sans frontières et des causes communes de l’égalité. La tragédie l’accompagnait, au propre et au figuré. Sur le terrain, il n’a cessé d’être confronté au pire, découvrant des charniers, écoutant des torturés, manquant d’être lui-même assassiné par une balle perdue à Abidjan.

Or, de retour en France, il y ajoutait, dans un appétit boulimique qui nous épatait tous – et nous intriguait aussi –, le théâtre et ses drames, réservant à l’avance dans les salles les plus diverses, y compris pour des pièces improbables ou des lieux lointains. Un mois avant sa mort, il avait invité en banlieue parisienne une dizaine de jeunes à la représentation de Des roses et du jasmin, une pièce palestinienne jouée en arabe sous-titré. Il avait aussi entrainé plusieurs collègues d’Amnesty à la pièce de Tourgueniev dont Anouk Grinberg jouait le rôle titre, Un mois à la campagne. Mais son répertoire de prédilection restait l’œuvre de William Shakespeare dont il n’avait pas manqué le Julius Caesar récemment monté à Londres.

Lors de l’annonce de sa disparition, Fanny Pigeaud, qui couvre une partie de l’Afrique de l’Ouest pour Mediapart et qui connaissait bien Gaëtan Mootoo, salua sa mémoire en citant Shakespeare en version originale, cette tirade finale de Macbeth à l’annonce du suicide de sa femme :

Sur Twitter, l'annonce de la mort de Gaëtan Mootoo Sur Twitter, l'annonce de la mort de Gaëtan Mootoo

La vie n’est qu’une ombre en marche, un pauvre acteur,
Qui se pavane et se démène son heure durant sur la scène,
Et puis qu’on n’entend plus. C’est un récit
Conté par un idiot, plein de bruit et de fureur,
Et qui ne signifie rien.

Dans le faire-part d’annonce des obsèques, qui auront lieu lundi 11 juin à 13h30 au crématorium du cimetière du Père-Lachaise à Paris, sa famille, son épouse Martyne, son fils Robin, son frère Christian, ont choisi d’autres citations de Shakespeare qui résonnent bien avec l’élégance de ce juste, Gaëtan Mootoo. La première est tirée d’Hamlet, la seconde de Julius Caesar 

He was a man, take him for all in all,
I shall not look upon his like again

Men at some times are masters of their fates

Adieu, Gaëtan, noble cœur.

Gaëtan Mootoo tel qu'en lui-même ©DR Gaëtan Mootoo tel qu'en lui-même ©DR

Ce billet existe aussi en version anglaise, ici.

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