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Le Club de Mediapart lun. 26 sept. 2016 26/9/2016 Dernière édition

Mediapart écrit au Monde et à Télérama

La nouvelle presse numérique est habituée au contradictoire. Participative, elle accepte la contestation parce que c'est le propre d'une conversation démocratique où personne ne prétend avoir le dernier mot. S'agissant de Mediapart, Le Monde et Télérama préfèrent le garder, ce dernier mot. Ils ont donc refusé nos droits de réponse que, du coup, nous publions ici.

La nouvelle presse numérique est habituée au contradictoire. Participative, elle accepte la contestation parce que c'est le propre d'une conversation démocratique où personne ne prétend avoir le dernier mot. S'agissant de Mediapart, Le Monde et Télérama préfèrent le garder, ce dernier mot. Ils ont donc refusé nos droits de réponse que, du coup, nous publions ici.

Coup sur coup, à l'occasion d'articles récents sur la presse en ligne et ses modèles économiques, deux publications imprimées du Groupe Le Monde, dont les propriétaires sont Pierre Bergé, Xavier Niel et Mathieu Pigasse, ont écrit des choses factuellement fausses, et parfois grossièrement erronées, sur Mediapart. Certains de nos abonnés s'en sont eux-mêmes aperçus comme le montre un billet ironique de Dominique Bry avec les commentaires qui l'accompagnent (c'est à déguster ici).

Après divers échanges, l'équipe de Mediapart a suggéré qu'une réponse en bonne et due forme soit adressée au quotidien Le Monde et à l'hebdomadaire Télérama où ces articles sont parus. C'est toujours désagréable, voire humiliant, d'avoir à plaider sa propre cause, mais celles et ceux qui, par leur travail et leur engagement, contribuent à la réussite de notre aventure se sont sentis blessés de se voir traiter avec tant de légèreté par des organes de presse qui, pas plus tard qu'hier, affirmaient que jamais notre modèle ne marcherait. Autrement dit, nous en avons un peu marre de voir ceux qui affichaient un scepticisme général ou nous promettaient une fin rapide (rappelez-vous Alain Minc il y a trois ans, dont témoigne ici notre vidéo), refuser d'admettre loyalement la démonstration qui a été faite. Comme si cette réalité les dérangeait, au point qu'il fallait à tout prix la relativiser.

Je m'y suis donc collé, en tant que directeur de la publication, adressant en toute confraternité ces deux droits de réponse factuels aux responsables des rédactions concernés. Partis le vendredi 11 novembre, ils ont reçu tous deux une fin de non-recevoir mardi 15 novembre, et c'est pourquoi nous les publions ci-dessous.

Tout en demandant que les principales erreurs factuelles (notamment sur nos résultats économiques et sur notre actionnariat) soient rectifiées dans le quotidien (qui l'a fait, c'est ici, mais sans mettre de lien avec l'article lui-même, accessible là sur abonnement) et dans l'hebdomadaire (qui l'a fait mais seulement dans la version électronique de l'article, c'est ici), j'ai renoncé à batailler pour obtenir ces droits de réponse destinés, faut-il le rappeler, non pas aux rédactions concernées mais aux lecteurs de ces journaux qui ont droit à une information complète et contradictoire. Je me suis donc contenté de souligner, en réponse à mes interlocuteurs, que leur refus illustrait la différence qui se creuse entre la presse numérique et la presse imprimée.

Chez nous, ce serait simple: notre réponse/contestation serait déjà en tête dans le fil des commentaires (sans doute avec leur propre réponse/réfutation) et la "boîte noire" de l'article préciserait aux lecteurs que, depuis sa publication, il a fait l'objet d'une mise au point. A Mediapart, nous sommes définitivement habitués au participatif, à la contradiction et à la contestation. Tout simplement parce que c'est le principe d'une conversation démocratique où personne ne prétend avoir le dernier mot. Et où, entre les journalistes et ceux qui les lisent, aucune des deux catégories n'a le monopole d'une supposée bonne foi.

Où l'on voit donc la différence entre les logiques verticales d'une presse qui entend rester dans son entre soi et celles, horizontales, d'une presse qui accepte la pratique d'une démocratie réellement participative, sans rapport d'autorité ni privilège de statut. La leçon, si nous l'avions oublié, c'est que nous devons d'abord compter sur nos propres forces, c'est-à-dire vous, nos lecteurs et abonnés, qui nous faites confiance et nous permettez d'exister malgré tous les obstacles.

C'est pourquoi nous vous donnons rendez-vous (à tous ceux que cela intéresse, pas seulement aux seuls abonnés) le vendredi 2 décembre sur Mediapart pour un événement exceptionnel à l'occasion duquel nous vous dirons tout ce que vous voulez savoir ou que vous ne savez pas encore, où nous en sommes, où nous allons, ce que nous voulons, ce que nous faisons, etc.

Des détails suivront très bientôt sur le déroulement de cette journée anniversaire très particulière. C'est en effet, pour les bonapartistes (dont nous ne sommes pas), la date de la bataille d'Austerlitz et, pour les démocrates (dont nous sommes volontiers), celle du coup d'Etat de 1851 contre la République. Mais c'est aussi celle de l'annonce sur la Toile du projet Mediapart, le 2 décembre 2007, quelques mois avant le lancement de notre journal en ligne sur Internet, le 16 mars 2008. Et, pour les amoureux des aventuriers authentiques, chasseurs d'étoiles et arpenteurs d'espérances, refusant les sentiers battus et les identités assignées, c'est également l'anniversaire du suicide de l'immense Romain Gary (et de son avatar Emile Ajar), le 2 décembre 1980.

Rendez-vous donc ici même le 2 décembre 2011, car cet épisode quelque peu dérisoire et mesquin montre combien nous avons besoin de vous, de vos enthousiasmes, de vos générosités et de vos curiosités. En attendant, bonne lecture de ces lettres refusées alors qu'elles étaient bien inoffensives.

Notre lettre au Monde

Votre article du 31 octobre 2011 sur les modèles économiques de l'information sur Internet mentionne Mediapart, ce qui est suffisamment rare dans les colonnes du Monde pour être salué. Hélas, cette brève mention comporte une imprécision et une inexactitude que nous souhaitons rectifier auprès de vos lecteurs.

Contrairement à ce que vous écrivez, Mediapart ne se contente pas de "revendiquer" plus de 56.000 abonnés payants : comme votre journaliste aurait pu s'en rendre compte s'il nous avait rendu visite et s'il avait demandé à le vérifier sur notre base commerciale, il s'agit du chiffre exact de nos abonnés actifs et payants, chiffre net déduit des résiliations et des incidents de paiement. Depuis sa création en mars 2008, la croissance de Mediapart est constante: il ne se passe pas une seule journée sans que de nouveaux lecteurs s'abonnent.

C'est pourquoi la pertinence éditoriale de notre modèle de presse numérique de référence, indépendante et participative, sans publicités marchandes ni subventions opaques, et fondé sur l'adhésion payante d'un public fidèle a trouvé cette année 2011 sa validation économique. Avec un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros, Mediapart devrait dégager un résultat net d'au moins 500.000 euros – et non de 100.000 comme vous l'avez écrit. Soit donc 10% du chiffre d'affaires, un pourcentage assez rare pour faire envie à toute la presse.

Le journalisme est toujours affaire d'angle. Votre article affirme dans son titre que "le modèle économique de l'information sur Internet reste à trouver en France". Vous auriez pu aussi bien titrer que "Mediapart démontre la validité de son modèle économique pour l'information sur Internet". Mais sans doute cette réussite, à contre-courant de tous les préjugés et de tous les renoncements, dérange-t-elle, comme souvent la liberté et l'audace des pionniers.

Notre lettre à Télérama

Votre article du 9 novembre 2011 sur la nouvelle presse d'information en ligne mentionne Mediapart, ce qui est suffisamment rare pour être salué. Hélas, cette évocation comporte plusieurs erreurs factuelles que nous souhaitons rectifier auprès de vos lecteurs.

Contrairement à ce que vous écrivez, Mediapart ne se contente pas de "revendiquer" plus de 56.000 abonnés payants, de "se dire" à l'équilibre et d'être "à la merci du moindre fléchissement d'abonnés". Comme vos journalistes auraient pu s'en rendre compte s'ils nous avaient rendu visite et s'ils avaient demandé à le vérifier sur notre base commerciale, il s'agit là du chiffre exact de nos abonnés actifs et payants, chiffre net déduit des résiliations et des incidents de paiement.

Depuis sa création en mars 2008, la croissance de Mediapart est constante: il ne se passe pas une seule journée sans que de nouveaux lecteurs s'abonnent. C'est pourquoi nous sommes à l'équilibre depuis déjà un an et serons nettement profitables cette année 2011. Avec un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros, Mediapart devrait dégager un résultat net d'au moins 500.000 euros, soit donc 10% du chiffre d'affaires, un pourcentage assez rare pour faire envie à toute la presse.

Avec une trésorerie saine, sans aucun endettement, ni dépendance des subventions étatiques – Mediapart s'y refuse dès lors que nous sommes profitables –, la pertinence éditoriale de notre modèle de presse numérique de référence, indépendante et participative, sans publicités marchandes ni subventions opaques, et fondé sur l'adhésion payante d'un public fidèle a trouvé cette année 2011 sa validation économique et nous permet d'envisager l'avenir avec sérénité.

Il le peut d'autant plus que son actionnariat garantit son indépendance totale des pouvoirs politiques et financiers. Le capital de Mediapart est contrôlé par ses salariés fondateurs et par sa Société des amis, présidée par le mathématicien Michel Broué. Contrairement à ce que vous écrivez, alors qu'il s'agit pourtant d'un des actionnaires de référence de Télérama via le groupe Le Monde, le banquier Mathieu Pigasse n'a jamais été actionnaire de Mediapart. Quant à Xavier Niel, autre actionnaire de référence de votre groupe, il n'est que l'un des quatre-vingt-huit souscripteurs de la Société des amis de Mediapart, et n'est donc pas l'un de nos actionnaires directs.

Enfin, contrairement à ce que laissent croire quelques citations entre guillemets qui me sont attribuées, je n'ai pas été contacté par vos journalistes et ne les ai jamais rencontrés. S'ils avaient pris cette peine, je leur aurais volontiers expliqué en quoi Mediapart ne se réduit pas, comme ils l'affirment, à l'anti-sarkozysme ou à "du papier (trop long) transposé sur le Web" avec "peu de participatif", doublé d'une austérité sentencieuse. Je leur aurais notamment fait découvrir les richesses infinies du Club de Mediapart, espace contributif de nos lecteurs abonnés sans équivalent ailleurs, ainsi que les chroniques hebdomadaires de Didier Porte et de La Parisienne libérée, pas vraiment austères ni sentencieuses.

Surtout, je leur aurais expliqué que, dans nos métiers, savoir chercher le lecteur par des informations exclusives, des enquêtes originales et des révélations pertinentes ne tient pas du racolage commercial mais de l'ambition professionnelle: répondre à l'attente démocratique du public en satisfaisant son droit fondamental à une information libre et indépendante.

*

Rectificatif et précision: en me signifiant leur refus de faire droit à notre réponse, les deux journalistes de Télérama m'ont rappelé que l'une d'entre eux m'avait interrogé en mai dernier mais que, l'actualité aidant, leur enquête avait été retardée. J'avoue que je n'en avais gardé aucun souvenir. Voici ce que je leur ai répondu: "J'ai maintenant vaguement souvenir de notre rencontre brève avec l'une d'entre vous, après votre entretien long avec François Bonnet. Je l'avais totalement oublié tant il n'est pas habituel de retrouver ses propos dans un hebdomadaire près de six mois après les avoir tenus... Et d'autant plus qu'aucun des points abordés dans vos critiques de Mediapart n'avait fait l'objet de vos questions à l'époque. Mais si je vous ai bien donné notre "petit livre rouge" (il s'agit de la brochure réalisée en mars 2011 pour notre troisième anniversaire, à retrouver ici avec sa présentation en vidéo), il faut donc croire que vous ne l'avez pas lu sérieusement. Car si c'était le cas vous n'auriez pas commis les nombreuses erreurs, notamment sur notre actionnariat, relevées dans le courrier que je vous ai adressé."

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Tous les commentaires

     Bonjour Mr PLENEL,

     Vous indiquez dans votre billet avoir demandé aujournal LE MONDE un droit de réponse qu'il ne vous a pas accordé. Je viens de vivre la même "mésaventure" avec sa directrice, Nathalie NOUGAYREDE, qui fait l'autruche alors que j'ai pris en défaut un "journaliste" du nom de Franck JOHANNES, prétendument défenseur des droits de l'homme sur son blog, mais en réalité  lâche parmi les lâches.

      Il faut comprendre -mais non accepter- que le trio BNP comme je l'appelle (BERGE, NIEL, PIGASSE) s'est fait acheter par l'état Sarkozyste -environ 55 millions d'euro sur 3 ans en aides directes- et que les chiens ne mordent pas les mains des maîtres qui les nourissent. C'est aussi simple que cela.

     Le problème pour ce journal  est qu'il a trahi une fois de plus son devoir d'information et que je me chargerai personnellement de le faire savoir ;  j'attends pour se faire que Mr Fabrice ARFI monte au créneau avec le dossier explosif que je lui ai fait tenir en courrier RAR. Je sais qu'il ne manquera pas de vous en expliquer les tenants et les aboutissants et à faire parler la poudre le moment venu (je considère mon affaire bien plus grave que celle de Cahuzac).

     Hollande et son équipe sentiront bientôt le vent du boulet ! Mon blog ne montre rien d'autre que ma détermination est sans faille.  http://www.republique-et-democratie.fr

     JE NE SUBIS QU'UNE PRESSION, CELLE DE L'ATMOSPHERE !

Bien à vous et aux  internautes femmes et hommes qui vous accompagnent dans vos combats.

 

 

 

 

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L'auteur

Edwy Plenel

Journaliste, président de Mediapart
Paris - France

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À propos du blog
En complément de mes articles dans le Journal de Mediapart, ce blog mêle divers registres. Des résonances subjectives où je m’exprime à titre personnel. Des informations complémentaires, droits de suite ou explications de texte, où je réagis à des interpellations de lecteurs. Enfin, ce que l’on appellerait dans les hauts parleurs des gares des « avis de service » où je fais le point sur l’actualité de Mediapart, qu’elle soit éditoriale ou économique.