C'est Benito Report qui s’en est emparé, et plutôt drôlement. Sans doute ne prête-t-on qu’aux énigmatiques. Donc, à le croire, tout cela n’était que langage codé pour annoncer sans le dévoiler le scoop de lancement. La vérité est plus simple et, en même temps, plus riche. Directeur général de la Société des Amis de Mediapart, François Vitrani, le directeur de la Maison de l’Amérique latine à Paris, nous a adressé un mot bien à sa façon pour saluer le lancement. C’était une évocation de l’immense poète péruvien César Vallejo, né en effet le 16 mars (1892) et mort un 15 avril (1938) à Paris, où il est enterré, au cimetière de Montparnasse.

Exilé en France, ce révolutionnaire, par le style comme dans la vie, communiste proche des surréalistes, rêvait d’une littérature qui ne serait «pas une école mais une forme vivante de la vie quotidienne». La résonance trouvée par l’ami Vitrani relevait de cette exigence. Voici ce que disait son message de bienvenue à Mediapart : «César Vallejo a écrit : “Je tisse, et tissant, je me fais”. Jai pensé que cette concordance des dates était de bon augure pour un média qui est sur la Toile : vous tissez Mediapart, et en tissant avec vous, nous nous faisons.»

A méditer et à rapprocher de cette belle image d’un de nos premiers blogueurs, Miladus Edenensis, qui investigue avec générosité et humanisme les cultures numériques. Dans son post consacré à un important et décoiffant rapport américain sur le journalisme, il conclut avec poésie : «Pour regagner le terrain perdu, la presse numérique, comme Mediapart, doit devenir non pas seulement un lieu de passage, mais une destination.»

Le tissage et la destination : deux façons de suggérer que Mediapart est à la fois une idée et un lieu, une matière concrète et une espérance collective.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.