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Le Club de Mediapart mar. 26 juil. 2016 26/7/2016 Dernière édition

Le mystère du poète sud-américain

Enigme de la communication, malentendu de la transparence… En présentant Mediapart, la veille de son lancement, dans l’une des salles du MK2 Bibliothèque à Paris, à une assemblée d'abonnés, de journalistes et de blogueurs, j’ai commis l’imprudence d’illustrer la richesse que nous apportent nos lecteurs contributeurs d’un exemple : l’un d’eux m’avait appris que le 16 mars, jour de notre lancement, était la date anniversaire de la naissance d’un grand poète sud-américain. Il n'en a pas fallu plus pour que le mystère s’installe…

C'est Benito Report qui s’en est emparé, et plutôt drôlement. Sans doute ne prête-t-on qu’aux énigmatiques. Donc, à le croire, tout cela n’était que langage codé pour annoncer sans le dévoiler le scoop de lancement. La vérité est plus simple et, en même temps, plus riche. Directeur général de la Société des Amis de Mediapart, François Vitrani, le directeur de la Maison de l’Amérique latine à Paris, nous a adressé un mot bien à sa façon pour saluer le lancement. C’était une évocation de l’immense poète péruvien César Vallejo, né en effet le 16 mars (1892) et mort un 15 avril (1938) à Paris, où il est enterré, au cimetière de Montparnasse.

Exilé en France, ce révolutionnaire, par le style comme dans la vie, communiste proche des surréalistes, rêvait d’une littérature qui ne serait «pas une école mais une forme vivante de la vie quotidienne». La résonance trouvée par l’ami Vitrani relevait de cette exigence. Voici ce que disait son message de bienvenue à Mediapart : «César Vallejo a écrit : “Je tisse, et tissant, je me fais”. Jai pensé que cette concordance des dates était de bon augure pour un média qui est sur la Toile : vous tissez Mediapart, et en tissant avec vous, nous nous faisons.»

A méditer et à rapprocher de cette belle image d’un de nos premiers blogueurs, Miladus Edenensis, qui investigue avec générosité et humanisme les cultures numériques. Dans son post consacré à un important et décoiffant rapport américain sur le journalisme, il conclut avec poésie : «Pour regagner le terrain perdu, la presse numérique, comme Mediapart, doit devenir non pas seulement un lieu de passage, mais une destination.»

Le tissage et la destination : deux façons de suggérer que Mediapart est à la fois une idée et un lieu, une matière concrète et une espérance collective.

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Le jeu des perles de verre.

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L'auteur

Edwy Plenel

Journaliste, président de Mediapart
Paris - France

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À propos du blog
En complément de mes articles dans le Journal de Mediapart, ce blog mêle divers registres. Des résonances subjectives où je m’exprime à titre personnel. Des informations complémentaires, droits de suite ou explications de texte, où je réagis à des interpellations de lecteurs. Enfin, ce que l’on appellerait dans les hauts parleurs des gares des « avis de service » où je fais le point sur l’actualité de Mediapart, qu’elle soit éditoriale ou économique.

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