Le procès de l'affaire des Caisses d'Epargne aura lieu du 24 au 27 novembre

Mediapart était, mardi 26 mai, devant la XVIIe chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour les onze plaintes déposées par les dirigeants successifs des Caisses d'Epargne. Ces plaintes visent l'enquête au long cours de Laurent Mauduit sur le scandale financier et politique le plus emblématique des responsabilités de certaines élites dirigeantes dans l'actuelle crise économique et sociale.

Mediapart était, mardi 26 mai, devant la XVIIe chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour les onze plaintes déposées par les dirigeants successifs des Caisses d'Epargne. Ces plaintes visent l'enquête au long cours de Laurent Mauduit sur le scandale financier et politique le plus emblématique des responsabilités de certaines élites dirigeantes dans l'actuelle crise économique et sociale.

L'enjeu de cette première audience, dite de fixation, était l'ordre, la durée et la date des audiences où seront examinées les plaintes qui nous visent – comme nous l'avons expliqué dans un précédent billet. Présidé par Nicolas Bonnal, le tribunal a tranché en faveur de la décision la plus logique intellectuellement et la plus soucieuse d'une bonne marche de la justice: il a décidé que toutes les plaintes étaient liées et qu'elles seraient examinées toutes ensemble; il a réservé une durée inhabituelle, transformant cette affaire en un procès de presse significatif et important; enfin, il a, de fait, replacé la question du rôle de François Pérol, le collaborateur de Nicolas Sarkozy nommé à la tête de l'établissement bancaire, au centre du feuilleton d'ensemble de la déroute des Caisses d'Epargne. Du mardi 24 novembre au vendredi 27 novembre 2009, sur quatre demi-journées, se tiendra donc au Palais de justice de Paris ce procès de Mediapart qui risque fort de se transformer en procès de l'affaire des Caisses d'Epargne – en tout cas, avec nos avocats, Mes Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjmann, et avec l'aide de nos nombreux témoins, nous ferons tout pour qu'il en soit ainsi.

La décision prise mardi par le tribunal annonce donc un procès emblématique. Les plaignants, et c'est évidemment leur droit, entendent faire, à travers Mediapart, le procès d'un certain journalisme. De notre côté, nous ne nous contenterons pas de relever ce défi en démontrant le sérieux de notre enquête, la vérité des faits rapportés et la bonne foi de nos méthodes. Nous défendrons certes la nécessité d'un journalisme d'enquête au cœur du monde opaque de la finance, de ses liens incestueux avec le monde politique et de l'irresponsabilité qu'il s'arroge à l'abri de ses protections multiformes. Et nous le ferons en plaidant l'extrême légitimité démocratique du but poursuivi par nos investigations, leur nécessité non seulement pour l'information du public mais aussi pour la préservation des biens collectifs – ici, l'épargne populaire. En d'autres termes, nous ferons, à travers le cas emblématique des Caisses d'Epargne, le procès du capitalisme financier, de ses impostures et de ses dissimulations, de ses aveuglements moraux et de ses ravages sociaux.

L'ampleur de ce procès justifie encore plus notre appel à la solidarité, morale et matérielle. Vous pouvez toujours signer l'Appel des 77 en ligne, ici. Et vos dons pour les frais de justice, d'avocats et de procédures, sont toujours les bienvenus – surtout n'oubliez pas de concrétiser, par chèque ou par virement, vos promesses de dons. Les détails sont également ici, c'est-à-dire au même endroit que la pétition. Et n'hésitez pas à acheter, à offrir et à faire circuler notre Manifeste, Combat pour une presse libre, dont le propos est amplement illustré et confirmé par cet épisode judiciaire.

Par ailleurs, on apprenait, ce même mardi, que la CGT engage plusieurs procédures (cliquez ici pour lire l'article de Laurent Mauduit) visant François Pérol et le conflit d'intérêt qui est au centre du débat sur sa nomination puisque, dans ses fonctions précédentes, aussi bien privées que publiques, il s'était occupé du feuilleton des Caisses d'Epargne et des Banques populaires.

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