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Billet de blog 12 janv. 2022

La Primaire Populaire confirme l'échec : un autre Hamon est possible

Ce collectif, qui avait pour ambition originelle d'organiser une grande primaire de l'ensemble de la gauche, se retrouve après plusieurs déconvenues à muter vers une nouvelle formule s'apparentant désormais à un simple vote de consultation présentant une sélection discutable des candidats de "gauche" (dont certains qui refusent) et ce afin de simplement obtenir l'investiture de l'organisme.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Avant tout, cet article fait suite au précédent dans lequel Christiane Taubira était considérée avec quasi certitude comme non candidate, puisque c'était exactement ce qu'elle venait de déclarer trois semaines avant la publication (0). On comprendra alors qu'il est difficile de traiter de ces sujets avec des personnalités qui, si elles ne sont pas nécessairement malhonnêtes, ont une constance très relative.

L'article précédent : Pourquoi la "Primaire Populaire" est déjà un échec ? - 10/10/2021

Récap (PP = Primaire Populaire)

La première étape de la PP était de produire un Socle Commun de 10 larges mesures plutôt vagues puisqu'on peut, par exemple, y trouver lorsque la diminution du temps de travail est évoquée :

« (différentes selon les candidats : semaine de quatre jours, 32h, davantage de congés payés OU retraite à 60 ans) » (1).

Tout cela n'a bien évidemment rien à voir, et confirme qu'il n'y a pas de réelles exigences idéologiques pour être candidat. C'est d'ailleurs ce qui permet à Anne Hidalgo d'être totalement compatible avec ce processus, malgré qu'elle fasse d'un de ses grands enjeux de campagne la sanctuarisation de la retraite à 62ans (2), c'est à dire le rehaussement opéré par Sarkozy en 2010, sur lequel toute la gauche avait à l'époque voté contre, PS inclus. (3)

***Jusqu'au début de l'été 2021 la PP espérait mobiliser 500 000 personnes en Octobre, avec un vote final du jeudi 18 au dimanche 21 Novembre 2021 devant réunir 2 millions d'électeurs. (4)

La seconde étape de la PP consistait à soutenir des candidatures déjà annoncées et/ou à proposer de nouvelles candidatures (c'est à dire appeler des non-candidats à se présenter), cela durant une période de trois mois entre l'été et la mi-octobre. Le but étant de sélectionner les 10 noms les plus populaires, en gardant une parité 5H/5F. Cette étape des parrainages s'est terminée le 11 octobre avec tout juste 130 000 participants. (5)

***A l'été 2021 la PP réduit ses ambitions en annonçant viser 300 000 parrainages au 11 octobre,  et prévoit désormais depuis la rentrée un vote final du jeudi 9 au dimanche 12 Décembre 2021. (6)

Durant la troisième étape, la PP devait attendre une réponse des 10 noms les plus plébiscités afin de les rendre officiellement candidats à la Primaire. Les candidats (ou non-candidats, puisqu'il était donc possible d’en suggérer) refusant auraient normalement dû être remplacés par ceux plus bas dans la liste. Comme écrit à l'époque sur le site :

« Si l’une des 10 personnes désignées ne souhaite pas se porter candidate, la HAPP validera alors la candidature des personnes suivantes, dans l’ordre de la liste d’attente établie ».

Ainsi, pour bien comprendre, François Ruffin et Christiane Taubira étaient les 2 noms les plus réclamés, alors qu'ils avaient déjà – à l'époque pour Taubira– assuré ne pas aller à la présidentielle. De cette manière, ils prenaient la place de candidats annoncés, comme Arnaud Montebourg ou Fabien Roussel, tant qu'ils n'avaient pas explicitement signalé à la Primaire Populaire le refus de participer au scrutin.

***En Octobre la PP change pour la troisième fois la date du vote final, du jeudi 13 jusqu'au dimanche 16 janvier 2022, et vise 1 million de participants. (7)

Cette avant-dernière phase s'est terminée à la toute fin novembre de l'année passée par un important échec, puisque tous les "gros" candidats ont refusé de participer à une primaire, le rapport de force étant largement insuffisant et bien trop en dessous des prévisions pour espérer infléchir leurs décisions.

La quatrième étape, qui devait être une primaire ouverte à toute la gauche avec la bénédiction des candidats, s'est alors convertie en un simple vote consultatif, sans l'accord des candidats et donc non-engageant, une sorte de gros sondage devant avoir lieu fin Janvier.

***Ultime changement de date, la PP prévoit désormais un vote du jeudi 27 au dimanche 30 janvier 2022, visant toujours 1 million d'électeurs. (8)

C’était sans compter sur la perspicacité de Hidalgo qui, bien que tristement en retard de deux petites semaines par rapport à la PP, s'est prononcée pour une primaire début Décembre. N'allons pas y voir une conséquence de sa dégringolade sous les 5% dans les sondages, seuil si important car nécessaire pour être remboursé des frais de campagne. Notons au passage que le Parti Socialiste a fait retirer de ses statuts l'organisation d'une primaire cet été, justement afin de faciliter l'investiture de leur candidate. (9)

Cela tombait bien puisque Montebourg, pourtant seul et unique candidat à avoir demandé explicitement à la Primaire Populaire de retirer son image lors de la phase des parrainages (10), avait déclaré à peine quelques heures avant Hidalgo ce 8 décembre qu'il était prêt à offrir sa candidature contre un projet d'union.

La confusion et les revirements en appelant d'autres, c'est Christiane Taubira qui, moins de 10 jours plus tard, le 17 décembre, a annoncé «envisager» de se déclarer candidate. On ne sait pas trop si cette “annonce” a pour but d'apparaître comme une candidature d'union en concertation avec les autres candidats de sa famille politique (Hidalgo et Montebourg), ou s’il s'agit d'une initiative purement personnelle pourtant en contradiction avec ses déclarations passées.

Taubira avait en effet déclaré seulement 2 mois plus tôt ne pas être candidate à la présidentielle, afin de ne pas ajouter de «confusion» à gauche. Ajoutons encore qu’elle répondait dès Février 2017 d'un «Non.» ferme à la question de savoir si elle serait encore candidate à un quelconque scrutin un jour. (11)

L'incohérence d'un processus hybride  

Alors qu'il y avait enfin des signaux allant dans le sens d'une coopération avec certains candidats, la PP s'est enfermée dans une méthodologie étonnante et confuse : les 10 personnes les plus sollicitées, et qui seront candidates à date du 15 janvier, seront soumises au vote même si elles refusent, mais la PP ne remontera plus les candidats qui étaient au delà des 10 plus réclamés. Autrement dit, cela signifie qu'il y aura jusqu’à 7 candidats mais que Montebourg ou Roussel, qui étaient plus loin dans la liste, sont exclus du vote consultatif.

Bien que les petites candidatures trotskystes ne seraient assurément pas intéressées par la participation à cet évènement, elles sont exclues du processus alors que des prétendants pourtant un peu moins solides (simplement par capacité de mobilisation, financière et d'accès aux parrainages) sont, eux, inclus.

Cela interroge déjà beaucoup puisque la Primaire Populaire refuse d'inclure l'ensemble des candidats "de gauche" pour préserver en partie son étape des parrainages, mais conserve malgré tout des candidats refusant ce vote (Jadot, Mélenchon), contrairement à ce qui était originellement prévu. Même Montebourg, bien que premier à mettre son potentiel retrait sur la table contre une démarche d'union, n'est pas présenté.

Après un petit mois de laborieuses tractations, Hidalgo, pourtant première appelante à une primaire et surtout seule à adouber la PP, s'est déjà détachée du collectif, constatant l'échec de mobilisation (notamment celui de récupérer Jadot (12)), mais aussi face à des divergences d'organisation. 

Le Parti Socialiste regrette en effet la méthode choisie par la PP, déplorant l'absence de points de vote physiques, et surtout s'opposant au choix du mode de scrutin au jugement majoritaire*** (plusieurs noms sur une liste en 1 tour), préférant une élection uninominale (un seul nom en 2 tours) comme la présidentielle. (13)

***Le vote au jugement majoritaire peut certes paraître intéressant puisqu'il permet de classer et de donner une appréciation pour chaque candidat, mais il s'agit aussi d'une méthode permettant de donner autant de poids à la détestation qu'à l'appréciation.

Récapitulons. La Primaire Populaire voulait être une réelle primaire (avec engagement des candidats) de toute la gauche, présentant au vote les 10 candidats les plus sollicités et acceptant d'y participer. La Primaire Populaire sera finalement un simple vote consultatif comprenant que certains noms, et sans aucune clause d'engagement des candidats (bon, ça n'a pas empêché les traîtres en 2017) puisque, de toute façon, des candidats refusant la démarche seront présentés.

Au 11 janvier, et suite à la confirmation de candidature de Taubira, voilà ce qu'il en est sur les 7 personnes qui seront soumises au vote si toujours candidates au 15 Janvier :

  • Anne Hidalgo se détache du processus après un mois de tractations dans le sens inverse,
  • Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon refusent le vote,
  • Charlotte Marchandise a annoncé que si Taubira était candidate, elle se retirerait, (14)
  • Anna Agueb-Porterie a déclaré dans une vidéo coup-de-gueule que les organisateurs de la PP la poussaient vers la sortie car trop petite candidate, et ce afin que sa présence ne froisse pas les plus gros, (15)
  • Christiane Taubira est partante
  • Pierre Larrouturou a été rembarré par le Parti Socialiste lors de la primaire de 2017 (16), et entame une grève de la fin pour l'union de la gauche (oui oui, ça en est là) (17). Mais, comme le souligne la presse régionale :

«Après quatre tentatives infructueuses pour se présenter à l’élection présidentielle Pierre Larrouturou semble, pour sa part, en réalité davantage participer à l’opération de séduction auprès des deux candidats réfractaires qu’à la promotion de ses propres idées.» (18)

Il est remarquable de voir que même les plus enclins à un départage des candidats avant la présidentielle sont pour la majorité en décalage avec l’organisation de la Primaire Populaire. Il ne reste guère que Christiane Taubira de satisfaite par la démarche, ce que la PP lui a bien rendu en acceptant sa candidature de dernière minute.

La primaire 2017, bis repetita

Ainsi, que peut-on imaginer de bien à l'issue de ce processus tardif et n'engageant pas les candidats ? A quel moment une victoire de Jadot ou Mélenchon, victoire qui reste donc totalement possible malgré le fait qu'ils refusent le vote, pourrait inciter les autres candidats à se rallier derrière eux ?

D'un autre côté, comment une investiture recevant seulement l'aval de quelques proches du PS, pourrait être foncièrement bénéfique quand ce sont actuellement les candidats les moins biens partis –et les plus bas dans les sondages– qui y participent ? Et de toute façon, qui imaginait que ces trois figures liées au PS et au quinquennat Hollande (Hidalgo, Montebourg, Taubira) se maintiendraient séparément jusqu'à la présidentielle ?

De même, comment peut-on espérer un meilleur résultat que durant la "primaire citoyenne de la Belle Alliance populaire" (c’était le vrai nom…) du PS et apparentés lors de la présidentielle 2017, alors que le même schéma est reproduit, peut-être même en pire ?

La comparaison paraît effectivement évidente sur plusieurs points, à commencer par le même échec d’union.
Ces deux primaires ont connu la même incapacité à mobiliser l'ensemble de la gauche, pour finir mollement soutenu par des sociaux-démocrates. C'était déjà le cas en 2017, quand des signataires du premier appel se répandaient dans les médias pour réclamer la participation d'un peu tout le monde, on disait alors de Macron à Mélenchon***, et c'était tout autant le cas dans les vœux initiaux de la PP.

***Cohn-Bendit, parmi les premiers signataires de la Primaire 2017, arrivera même à souhaiter dans une même interview que Mélenchon participe au scrutin, tout en précisant : "Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent n’ont aucune chance de gagner une primaire des gauches ouverte.", avant de signaler que Juppé était peut être le meilleur choix. (19)

Également, sur la participation, il est quasiment certain que la Primaire Populaire fera moins bien que prévu, et surtout moins bien que la primaire de 2017. Pourtant la comparaison sera faite, à la fois parce que les dates sont similaires, tout comme l'ouverture du scrutin, et son coût dérisoire (1 euro par tour en 2017, 1 euro d'autorisation de prélèvement en 2022), mais aussi car le casting est extrêmement proche.

En effet, si Taubira ne participait pas au vote en 2017, elle s'était rangée derrière Benoît Hamon dès sa victoire à la primaire ; Montebourg était lui personnellement candidat, tandis que Hidalgo soutenait ouvertement le candidat Vincent Peillon. Enfin, Pierre Larrouturou avait lui tenté de se présenter avant de se faire rejeter par l'organisation. (16)

Pour ce qui est de la participation brute, les 2 millions de votants pour la primaire de 2017 semblent aujourd'hui totalement inatteignables quand la PP cumule difficilement 300 000 soutiens, si loin de ses objectifs comme déjà évoqué plus haut.

***Sur ces points, notons que la stratégie des Républicains a été la plus judicieuse pour ne pas paraître ridicule vis-à-vis de l'énorme succès de leur primaire précédente. En passant d'un scrutin ouvert au tarif de participation symbolique (2 euros), à un scrutin totalement fermé réservé aux adhérents dont le coût est beaucoup plus élevé (30 euros par personne), Les Républicains sont passés de 4,4 millions de votants à 115 000 sans que cela soit considéré comme un échec de mobilisation.

Enfin, le second tour de la Primaire de 2017 a eu lieu le dimanche 29 janvier, la PP se terminera, elle, le dimanche 30 janvier 2022. Cela est beaucoup plus important qu'il n'y paraît puisque le 1er tour de l'élection présidentielle ne sera plus qu'à 10 semaines, mais surtout la date limite pour déposer les candidatures, date à laquelle tout retrait devient impossible, sera à moins de 5 semaines.

Un autre Hamon est possible

Il faut bien comprendre que si la candidature ne prenait pas, le vainqueur de la PP n'aurait plus que 5 semaines pour réaliser un éventuel retrait, et surtout l'oser alors qu'il sera tout juste investi par cette machine malgré tout significative, et donc forcément contraignante. Autrement dit, le réflexe du "Tout ça pour ça ?" risque de peser sur le vainqueur si il avait à se retirer dans les 5 semaines après être à peine sorti de ce processus laborieux d'un an d'efforts.

De plus, il est quasiment systématique de voir un gain éphémère dans les sondages pour les candidats victorieux de processus type primaire, gain qui pourrait d'autant trahir les impressions sur une investiture aussi tardive, freinant donc encore la possibilité d'un retrait. 

C'est d'ailleurs assurément l'élément principal qui a empêché un retrait de Hamon vers Mélenchon en 2017, puisque le candidat de la FI était systématiquement sondé premier à gauche durant les 4 mois avant la primaire du PS, jusqu’au lendemain du scrutin où la tendance s’inversa durant l’ensemble du mois de Février. Quand Mélenchon reprit largement la tête des sondages fin Mars, Hamon ne pouvait déjà plus se retirer.

Si on est là aujourd’hui, c’est avant tout parce que les mêmes mécanismes sont mis en place par les mêmes personnes. Cet article est bien assez long pour ne pas se lancer dans la démonstration du pourquoi et du comment cette frange de la gauche est animée par la volonté de maintenir la centralité de la gauche dans un pôle très modéré (plus proche du libéral que du social), quand bien même ce pôle est minoritaire à gauche depuis 2017.

Mais remarquons simplement que sur la petite centaine de personnalités qui soutiennent la PP, se retrouvent près d’un tiers des appelants à la Primaire de 2017 –qui rappelons le se voulait explicitement de Macron à Mélenchon– (le couple Cagé-Piketty, Méda, Glucksmann, Guillebaud, Marie Desplechin...(20)), ou alors des gens qui ont été des soutiens du PS de Hamon en 2017  (Binoche, Jouzel, Mamère...(21)). On retrouve même Cyril Dion dans la manœuvre, lui qui a élaboré la belle "convention citoyenne" de Macron. (21)

Quant aux "militants" des équipes internes, la plupart ne dépassant pas les 35ans, peu sont liés à des engagements politiques passés. Cependant on peut en remarquer le caractère “populaire” puisque sur la trentaine de personnes dont le nom et l’image sont affichés sur le site (qui met même en avant le Linkedin de certains!), on retrouve au moins : 9 de Sciences Po, 6 d’écoles de commerce et 5 ingénieurs. (22) 
Il est également bon de préciser que la PP emploie 18 équivalents temps plein  (plus que certains partis politiques de premier plan) parmi la trentaine de malheureux, dont le fondateur en CDI. (23)

Pour être bien clair : tous ces gens ont bien le droit d'être d'une "gauche molle" et bourgeoise pour des raisons –sans trop s'avancer– de classe, mais cela permet juste de recadrer pourquoi ce processus existe alors qu’il y a en face une gauche de rupture capable de passer le 1er tour et majoritaire en tous points vis-à-vis de cette élection.

Peu importe l’issue de la Primaire Populaire, si ces gens-là mettent tant d’efforts vers une candidature inexistante, et donc sans projet hormis celui de ne pas être trop exigeant, c’est qu’ils ont leurs raisons. La PP en est d’ailleurs même à prendre le risque de compromettre sa propre volonté de réduire le nombre de prétendants en acceptant la candidature Taubira de dernière minute, alors que l’engagement initial était de ne jamais en ajouter d’autres à la division déjà existante. (24)

Pourtant on voit mal comment la victoire de Taubira, si elle devait arriver, pourrait réunir plus de deux personnes que seraient Montebourg et Hidalgo, d’autant qu’il était assez clair que le premier n’irait pas jusqu'au bout (un ralliement à Taubira est déjà évoqué), et que la présidentielle ne connaîtrait pas l’opposition de trois candidats proches PS.

Enfin, à nourrir le narratif de nos adversaires et à répéter que la défaite de la gauche est assurée sans union, comme l’a encore fait très récemment le porte parole et instigateur de l’organisme dans un vocabulaire qu’on penserait venir de nos pires ennemis :

« Ils peuvent soit mourir chacun de leur côté, soit gagner ensemble. »(25)

Samuel Grzybowski, porte-parole et cofondateur de la PP, le 9 janvier 2022 dans Libération.

La Primaire Populaire aura à la fois refroidi ses meilleurs alliés potentiels, que sont les structures du PS et EELV, pris l'énorme risque de démobiliser des électeurs et surtout celui d'ajouter une candidature supplémentaire contrairement à ses propres engagements. 

Plusieurs millions d'euros de dons ont été réclamés (4) tandis qu’une force militante conséquente s'est mobilisée durant des mois, tout ça pour ne jamais parler programme, ne jamais opposer nos adversaires droitiers, et ne jamais faire un travail militant en direction du scrutin d'Avril, comme inscrire les électeurs sur les listes ou amener, diffuser et développer de nouvelles mesures.

Alors il ne faudra pas s'étonner si rien de bon n'en sort, mais cela ne doit pas empêcher ceux capables de sérieux, et qui à moins de 90 jours du scrutin veulent croire en la possibilité d’une victoire, de travailler à ce propos. Voilà donc, hors de ces appels incessants à l’union, Comment la gauche peut assurément passer le 1er tour en 2022.

Comme dirait l'autre : Amitiés.

SOURCES :
(0) : Dans La Voix du Nord, le 16 septembre 2021 : L’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira indique jeudi qu’elle ne se présentera pas à l’élection présidentielle pour ne pas ajouter de « confusion » à gauche.

(1) : Le "Socle Commun" de la Primaire Populaire.

(2) : Dans Ouest France, le 12 décembre 2021 : «Présidente, je sanctuariserai à 62 ans l’âge de départ à la retraite», annonce Anne Hidalgo

(3) : L'ensemble de la gauche (PS compris) vote contre le rehaussement de la retraite à 62 ans en 2010 :
-Dans Capital, le 16 juin 2010 : Tout comme l'opposition de gauche là aussi sans surprise - le premier secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry a déjà promis de rétablir la retraite à 60 ans si le PS revient au pouvoir.
-Dans Le Point, le 10 septembre 2010 : Oui, nous assumons pleinement les engagements pris jeudi soir par Ségolène Royal sur le droit à partir à 60 ans et, en 2012, si nous sommes au pouvoir, nous le rétablirons", a répondu Jean-Marc Ayrault, patron des députés PS

(4) :
-Reporterre, le 29 juin 2021 : Les initiateurs de la primaire espèrent ainsi mobiliser 500 000 personnes durant la phase de parrainage puis réunir deux millions d’électeurs lors du scrutin, à l’automne. Pour réaliser ce tour de force, l’association entend lever quatre millions d’euros...
-Dans POSITIVR, le 6 juillet 2021 : Prochain objectif pour les organisateurs : mobiliser 500 000 personnes durant la phase de parrainage pour réunir deux millions d’électeurs d’ici l’automne prochain !
-Le Monde, 10 juillet 2021 : Au bout de trois mois, « les cinq femmes et les cinq hommes ayant le plus de parrainages et adhérant au socle commun de la primaire, pourront devenir candidats et candidates officiels à la “primaire populaire”, et ainsi participer au vote final du 18 au 21 novembre »

(5) : Dans FranceTVinfo, le 11 octobre 2021 : Au total, "plus de 130 000 personnes se sont inscrites sur la plateforme" et ont voté pour faire émerger cinq hommes et cinq femmes, précise un communiqué.

(6)
- Juillet 2021 - Le Parisien : Elle espère en effet pouvoir compter sur 300 000 parrainages d’ici au 11 octobre. De quoi « créer une pression populaire que les partis politiques ne peuvent pas ignorer », poursuit-elle.
-La Croix, le 21 septembre 2021 : La clôture de la phase des parrainages est prévue le 11 octobre, les votes auront lieu entre le 9 et le 12 décembre.

(7) : Dans Ouest France, le 13 octobre 2021 : La « Primaire populaire » vise le million de votants pour son scrutin, du 13 au 16 janvier, où son candidat pour la présidentielle sera choisi.
(8) : Dans France Info, le 12 décembre 2021 : Le vote est prévu du 27 au 30 janvier [...] les organisateurs visent désormais un million de personnes mobilisées pour désigner le candidat fin janvier.   

(9) : Réforme des statuts du PS, Septembre 2021 : Les statuts actuels prévoient que le candidat à l’élection présidentielle est désigné via l’organisation d’une primaire citoyenne ouverte aux forces de gauche. Il est proposé dans le cadre de cette réforme statutaire que soit modifié l’article 5.3.1 des statuts afin que le candidat ou la candidate soutenu·e par le Parti socialiste pour l’élection présidentielle soit désigné·e par un vote des adhérents.

(10) : Dans Le Télégramme, le 11 décembre 2021 : Arnaud Montebourg avait manifesté le souhait de se retirer de la présélection spontanée de la primaire citoyenne

(11) : Dans Pars Match, le 22 février 2017 : Serez-vous encore candidate à une élection ? Non. En politique il faut savoir partir. Je sais que j’en ai le droit. [...] je continue à me battre. Alors j’écris des livres, je donne des conférences, je partage mon savoir...(Taubira)

(12) : Dans Libération, le 7 Janvier 2022 : La candidate socialiste, prend acte du refus de Yannick Jadot de participer à une primaire et s’apprête, sans illusions sur ses chances de victoire, à poursuivre sa campagne sans passer par la case primaire.

(13) : Dans 20 Minutes, le 5 Janvier 2022 : "Le PS voudrait une élection uninominale majoritaire à deux tours, comme pour la présidentielle. [...] Autre point en question : la possibilité de créer des points de vote physiques."

(14) : Dans Le Télégramme, le 26 décembre 2021 : L’enthousiasme qui entoure son annonce (de Taubira) doit permettre de créer un mouvement mais il faut qu’il soit collectif. Si tel est le cas, je mettrai toute mon énergie autour de son projet et retirerai ma candidature. (Charlotte Marchandise)

(15) : Anna Agueb-Poterie, sur son compte Twitter, le 23 décembre 2021 : Parce qu'après qu'on m'ait poussé à réfléchir le maintien de ma candidature pour ne pas froisser les "gros" candidats, je tiens à dire que j'y suis et que j'y reste...

(16) : La Croix, le 08 décembre 2016 : Larrouturou, Nadot et Faudot recalés de la primaire du PS

(17) : Le Monde, le 6 janvier 2022 : Primaire populaire : douze militants, dont l’eurodéputé Pierre Larrouturou, annoncent entamer une grève de la faim pour l’union de la gauche

(18) : Le Dauphiné Libéré, le 24 décembre 2021 :  Après quatre tentatives infructueuses pour se présenter à l’élection présidentielle Pierre Larrouturou semble, pour sa part, en réalité davantage participer à l’opération de séduction auprès des deux candidats réfractaires qu’à la promotion de ses propres idées.

(19) : Les Inrocks, le 24 janvier 2016 : Je voudrais une primaire avec Hollande, Taubira, Hulot…[...] Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent n’ont aucune chance de gagner une primaire des gauches ouverte. [...] Donc si on me demande ma préférence, je choisis le moins pire : Juppé (Daniel Cohn-Bendit)

(20) Dans Libération, le 10 janvier 2016 : Thomas Piketty, Daniel Cohn-Bendit, Yannick Jadot, Marie Desplechin..., «Libération» se joint à eux pour demander l'organisation d'une grande primaire à gauche avant 2017  et Guillaume Duval, Claude Alphandéry, Florence Jany-Catrice, William Bourdon, Raphaël Glucksmann...

(21) :
-Dans le Huffington Post, le 23 mars 2017 : Benoît Hamon remercie Juliette Binoche pour son soutien
-Dans Europe 1, le 15 février 2017 : Le magistrat de Montgolfier et le climatologue Jouzel rejoignent Hamon
-Dans 20 Minutes, le 27 janvier 2017 : Primaire à gauche: Noël Mamère apporte son soutien à Benoît Hamon
-Dans Reporterre, le 10 juillet 2019 : Comment Cyril Dion et Emmanuel Macron ont élaboré l’assemblée citoyenne pour le climat

(22) : Sur la trentaine de membres des équipes de la Primaire Populaire on trouve : 9 de Sciences Po, 6 d’écoles de commerce (ESSEC, HEC , KEDGE, MBS, EM Lyon) et 5 ingénieurs (CentraleSupélec, INSA, INP Grenoble, ISAE-Supaéro) : https://primairepopulaire.fr/qui-sommes-nous/

(23) :
Dans Le Monde, le 9 janvier 2022 : Financé surtout par des dons, elle emploie en tout 18 équivalents temps plein.
Linkedin de Samuel Grzybowski : Porte-parole La Primaire Populaire CDI mars 2021 - aujourd’hui 11 mois

(24) : Site de la Primaire Populaire : Nous ne rajouterons jamais de candidature supplémentaire à la division déjà existante.

(25) : Dans Libération, le 9 janvier 2022 :  Ils peuvent soit mourir chacun de leur côté, soit gagner ensemble. (Samuel Grzybowski)

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