Marcel est mort. Mais l'administration pénitentiaire soigne ses statistiques...

J'ai appris ce matin que l'ami dont il est question dans le billet précédent est mort jeudi. On l'a chargé, mourant, dans une ambulance pour qu'il décède devant la porte de l'hôpital et sorte ainsi des statistiques des personnes mortes en détention...

Il n'aura pas revu le ciel par dessus le toit.

Cet ami que j'appelais Marcel dans mon blog précédent pour préserver son anonymat, attendait depuis de nombreux mois une décision de suspension de peine qui n'arrivait pas.

Curieusement, jeudi, en apprenant qu'il allait décéder dans les minutes ou les heures à venir, la magistrate en charge de l'application des peines a trouvé le temps de prendre "en urgence" une décision favorable. On l'a chargé (peut-être inconscient ou déjà mort, on ne le saura jamais) dans une ambulance et on l'a déclaré mort en cours de trajet...

La pratique n'étonne personne en détention. On a tous vu des personnes prises en charge par le Samu ou les sapeurs-pompiers au petit matin, sortir recouverts d'un drap jusqu'au dessus de la tête et dont on apprenait ensuite qu'il était décédé durant le trajet...

Il y a de nombreuse manières de sortir...        en particulier des statistiques.

 

Mon Christian, tu ne feras jamais ce courrier que tu souhaitais faire à la CGPL sur les conditions d'hospitalisation qu'on t'a imposées pendant ta "longue maladie" qui portaient à la fois atteinte à tes droits et à ta dignité.

J'ai alerté la CGLPL et je témoigne ici pour toi. Mais je crains que cela n'intéresse finalement que peu de monde..

Mais personne de ceux qui t'ont connu en détention ne t'oubliera. Bonne route et profite, où que tu sois, de ta liberté enfin retrouvée.

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