Gaspard, peu d'espoir d'éviter l'expulsion.

Dans un billet du 5 août «Gaspard : noir, homosexuel, détenu, bientôt libéré puis expulsé...», j'alertais sur le cas de ce jeune homme qui à l'issue de six années de prisons allait être expulsé. Il semble aujourd'hui que cette issue soit fortement probable...

Le billet cité en référence :

Gaspard : noir, homosexuel, détenu, bientôt libéré puis expulsé...

Ce n'est pas son ami Philippe qui m'écrit cette fois, mais un autre ancien détenu qui de son coté à fait tout ce qui était en son pouvoir pour aider Gaspard.

Il dit dans ce courrier : « il est en centre de détention et sa demande d'asile a été refusée. Il faudrait maintenant payer un excellent avocat pour qu'il puisse le défendre en appel. Pas gagné car Philippe est un peu a bout de souffle avec cette histoire. J'ai réinterrogé ARDHIS et l'Ordre de Malte. Ils sont très pessimistes au regard du profil d'Oscar. Pas d'effort d'intégration en 10 années. Il parle toujours le petit nègre. Ceci passe difficilement lorsqu'il n'y a pas d'effort fournis».

Rappelons que sur ces 10 ans Gaspard en a passé 6 dans les prisons françaises, presque exclusivement à l'isolement, qu'il est atteint d'une pathologie invalidante, et que les 4 années précédent son incarcération il était une personne jeune, vulnérable, engluée dans des réseaux de drogue et de prostitution...

Je suis profondément agacé par les pères et mères la morale, bien installés dans des institutions, qui réclament aux plus démunis des efforts qu'eux-même n'ont jamais eu à faire. Je trouve mal venus les individus nantis, qui viennent demander des efforts à ceux dont ils devraient prendre soin sans rien réclamer en échange – Gaspard a, avant tout, une pathologie invalidante, un parcours de vie qu'il n'a pas choisi, il est en détresse, et son expulsion l'expose à de graves atteintes. Il ne devrait être tenu compte que de cela.

Notre actuel président est un excellent exemple de ces élites autoproclamées qui s’octroient le droit de juger leurs semblables, surtout lorsque ceux-ci n’ont pas bénéficié des facilités auxquelles eux-même ont eu accès.

Je n'ai à partager aujourd'hui que ma colère et mon dégoût.

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