Morts en prison : Silences et défaillances

Le titre de ce billet est celui du nouveau dossier paru dans Dedans-Dehors N° 101 d'octobre, la revue de l'OIP. Ce numéro fait écho à mon billet d'hier. L'absence d'humanisme aboutit toujours aux mêmes conséquences

Dans ce numéro 101 de Dedans-Dehors, je retiens tout particulièrement le témoignage à charge de Jean-Marie Delarue, l'ancien Contrôleur Général des lieux de privation de liberté.

Il y dit en particulier: «Pour moi, la pénitentiaire pèche par défaut en ne s'interrogeant pas sur les causes du suicide en détention. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas pourquoi les gens se suicident, mais comment, dans le but d'empêcher l'acte [...] Fondamentalement, si la pénitentiaire ne s'intéresse pas à la mort des détenus, c'est sans doute parce qu'elle ne s'intéresse pas à leur vie.»

Les liens sociaux, et tout particulièrement les liens familiaux sont l'une des raisons qui en dépit de toutes les atteintes aux droits et à la dignité permettent de «tenir», tant bien que mal.

En empêchant les personnes détenues de se rendre aux chevet d'un proche en fin de vie, en lui interdisant de se rendre à ses obsèques ; en limitant drastiquement les relations avec les proches susceptibles de le soutenir dans ses épreuves ; la pénitentiaire et les magistrats en charge de l'application des peines ne font pas simplement preuve d'un manque d'humanité. Ils ont une attitude criminelle.

Brisons l'omerta !

 

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