Voeux présidentiels, acte II

Suites du Réveillon : il y avait bien des annonces, dans le discours présidentiel, et les réformes sont toujours en marche.

Le débat national qui s’ouvre, doit nous permettre de parler vrai
et je vous écrirai dans quelques jours pour vous en préciser les attentes.
Mais parler vrai, c’est parler de la réalité.

Emmanuel Macron

 

Si, si, après les agapes, il faut quand même continuer l'exégèse, boire la coupe jusqu'à la lie. Et rassurez-vous, je ne me fatigue pas à retranscrire, on trouve la totalité du discours écrit sur le site officiel. En principe, "seul le prononcé fait foi" mais comme le Président de la République était debout, tel un personnage de Playmobil, et qu'il lisait le prompteur avec constance et détermination, il y a peu de chances qu'il ait improvisé.

Une fois passés les effluves alcoolisés du Jour de l'An, je termine donc par une petite présentation thématique. C'est neutre et très efficace : aucun besoin de commentaires, chacun est libre d'en penser ce qu'il veut. Au moins, après, on sait de quoi on parle.

Les annonces

Si l'on part du début du texte, le gouvernement aurait déjà bien œuvré pour améliorer l’organisation de nos hôpitaux, nos cliniques et nos médecins, pour lutter contre le réchauffement climatique, éradiquer la grande pauvreté et permettre à nos concitoyens en situation de handicap de trouver leur place dans la société.

Resterait à :

Changer les règles d'indemnisation du chômage
Le Gouvernement, dans les prochains mois, devra poursuivre ce travail pour ancrer nombre de ces réformes dans notre quotidien mais aussi pour changer en profondeur les règles de l’indemnisation du chômage afin d’inciter davantage à reprendre le travail...

Faire évoluer les institutions
Notre dignité de citoyen exige que chacun se sente pleinement acteur de la vie de la Nation, de ses grandes décisions, à travers ses représentants ou directement. Nous devons, grâce au débat qui a commencé, redonner toute sa vitalité à notre démocratie. J’aurai sur ce sujet des décisions à prendre car d’évidence, nos institutions doivent continuer à évoluer.

Présenter un projet européen renouvelé
Je crois que la France porte en elle un projet inédit : un projet d’éducation de chacun, une culture forte qui nous unit, un projet de construction d’une écologie industrielle, d’une société aux solidarités nouvelles et au service des personnes. Et derrière cela, ce que nous voulons profondément, c’est retrouver la maîtrise de notre quotidien et de notre destin. Ne plus subir. C’est cela qui doit guider nos choix pour le pays et les grandes décisions pour l’année à venir. C’est aussi cela qui doit guider le projet européen renouvelé que je vous proposerai dans les prochaines semaines.

La leçon de morale

On peut débattre de tout, mais débattre du faux peut nous égarer surtout lorsque c’est sous l’impulsion d’intérêts particuliers. À l’heure des réseaux sociaux, du culte de l’immédiateté et de l’image, du commentaire permanent, il est indispensable de rebâtir une confiance démocratique dans la vérité de l’information reposant sur des règles de transparence et d’éthique.

Il n’y a pas une vérité et je crois même que chacun d’entre nous commence à se fourvoyer dans l’erreur quand nous affirmons les choses sans dialoguer, sans les confronter au réel ou aux arguments des autres. [...] Cela suppose d’assurer à chacun les droits dans la société et attendre de lui les devoirs qui sont les siens. Cela, nous avons commencé de le rétablir mais c’est notre responsabilité à tous et cela passe par le respect, le sens de l’effort et du travail.

Mais la dignité, mes chers compatriotes, c’est aussi le respect de chacun. Et je dois le dire, j’ai vu ces derniers temps des choses impensables et entendu l’inacceptable. Nous ne vivons libres dans notre pays que parce que des générations qui nous ont précédé, se sont battues pour ne subir ni le despotisme, ni aucune tyrannie. Et cette liberté, elle requiert un ordre républicain ; elle exige le respect de chacun et de toutes les opinions ; que certains prennent pour prétexte de parler au nom du peuple - mais lequel, d’où ? Comment ? Et n’étant en fait que les porte-voix d’une foule haineuse, s’en prennent aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels, c’est tout simplement la négation de la France !

La chansonnette

Aux mères de famille, à nos agriculteurs, à nos retraités modestes...
Nombre de nos concitoyens ne se sentent pas respectés, considérés. Ils sentent leur vie comme empêchée. Je pense aux mères de famille élevant seules leurs enfants et ne parvenant pas à finir le mois, je pense à nos agriculteurs qui ne veulent que vivre dignement de leur travail ou à nos retraités modestes qui aident encore leurs enfants et ont à charge leurs parents.

Nos pompiers, nos gendarmes, nos personnels soignants, les élus de la République, les engagés bénévoles, les plus fragiles auxquels je pense tout particulièrement...
Je veux avoir un mot pour tous ceux qui, au quotidien, permettent à notre République d’œuvrer à la plus grande dignité de chacun : nos militaires qui ce soir, encore, sont pour nombre d’entre eux, à des milliers de kilomètres de leur famille ;  nos pompiers, nos gendarmes, nos policiers, nos personnels soignants, les élus de la République, les engagés bénévoles des associations, tous ceux qui tissent le lien de la Nation, œuvrent à la fraternité quotidienne et qui ce soir, je le sais, sont aux côtés des plus vulnérables, des plus fragiles auxquels je pense tout particulièrement.

J’ai grandi en province...

Là, même si j'avais promis de ne plus bavarder, je ne peux pas m'empêcher d'ajouter que moi aussi et que "longtemps, je me suis couchée de bonne heure" :-)

 

Que des paroles et aucune traduction concrète, me  direz-vous ?

Mais non, mais non, c'est toujours en marche :

Décret du 28 décembre 2018 relatif aux droits et obligations des demandeurs d'emploi et portant suivi de la recherche d'emploi

Les six chantiers de l'exécutif, selon Public Sénat

 

 

 

 

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