Vas-y Caro, tiens bon !

Bien sûr que c'était maladroit, cette réponse de Caroline de Haas sur France Info, bien sûr... Mais alors, comment fait-on ?

Vas-y Caro, résiste !

Bien sûr que c’était maladroit, cette interview sur France Info, bien sûr… Même moi, j’en ai arrêté de me brosser les dents, c’est dire…

Dans le huis-clos de ma salle de bains, comme il disait, j’ai pensé non, Caroline, le piège est trop gros, Caroline, gros comme une maison, tu ne vas quand même pas t’y laisser prendre… Arrête, pas ça, non, pas ça, il va te coinc… oups, trop tard !

Tu vas y avoir droit, ma belle, l’homme qui a vu l’ours, qui a vu la volaille, qui a vu la poulette, la mijaurée, l’imprudente, l’impudente, la foldingue, tu vas y avoir droit ! Aussi sûr que deux et deux font trois ! (Oui, je sais, mesdames et messieurs les matheux, mais c’est pour la rime.)

Entre parenthèses, d’habitude j’écoute France Inter mais, ce jour-là, j’en avais marre d’entendre Nicolas nous traduire les questions des auditeurs :

- Allô, oui, c’est Michel. Alors, merci à toute l’équipe, d’abord, pour ses émissions de qualité, d’abord, mais je voudrais dire, enuite, avant de poser ma question que, voilà, voilà, pour dire les choses comme elles sont, et bien, voilà… merde, putain, fait chier…

- Oui, Michel... Excusez-moi de vous interrompre, mais vous voulez dire, si je vous suis bien, que dans une perspective, sinon essentialiste mais tout au moins ontologique, c’est ça, au niveau du vécu, comme le diraient les profanes, et bien le postulat d’une gauche qui chercherait à se réinventer, je dirais même à se ré-enchanter, vous laisse perplexe, c’est bien ça ? Nous allons poser la question à notre invité…

Donc, si vous me suivez bien, vous aussi, c’est là que je passe sur France Info… et que je supporte Apatho Salami, et que j’écoute Caroline…

Pff… Elle va y avoir droit, c’est sûr, et l’interview de l’Obs n’y changera rien, bien au contraire… aussi sûr que deux et deux font trois.

Et qu’est-ce que j’en pense, en ce qui me concerne ? (À part merde, putain, aux armes et cetera…)

Et bien, cela me fait penser à un autre matin, encore un matin, tandis que je me dirigeais vers la cuisine, toujours munie de ma brosse à dents, et que j’ai entendu cette nouvelle extraordinaire :

« … Il a été mis en cause par plusieurs femmes de son propre parti, pour des faits présumés de harcèlement sexuel… »

Entre nous, j’ai bien pris la peine de préciser « présumés », parce que les journalistes sont toujours très sourcilleux, là-dessus. J’ai même entendu l’autre jour « le présumé suspect » !  Ah bon, alors là, je savais ce qu’était un suspect ou un non suspecté mais un présumé suspect, alors ça…

Cela dit, présumé ou pas, je tombe du placard :

- Merde, je le savais ! C’est dingue, je le savais ! Comment est-ce possible, comment est-ce autant que possible, que je le savais ? Moi qui n’ai jamais mis les pieds à EELV, comment se fait-il que je le savais et que je ne suis même pas étonnée, bien fait ! Alors là, je n’en reviens pas, je le savais !

- Comment ça, tu le savais, et qu’est-ce que tu veux dire par là ? (Dixit ma conscience.)

- Je ne sais pas trop, comment je le savais, mais il se trouve que chaque fois que son nom revenait dans la conversation, avec des élus, des responsables associatifs, des gens des ministères ou de la Ville de Paris, il y avait toujours quelqu’un pour ajouter : « En tous les cas, méfie-toi, il tire sur tout ce qui bouge… »

- D’accord, mais c’est une rumeur (dixit à nouveau ma conscience.)

- Tu as raison, c’est une rumeur, mais comment fait-on ? En ce qui me concerne, s’il se jette sur moi (ce qui m’étonnerait car je n’ai plus l’âge), je lui file un coup de genou dans les couilles ou alors une bonne paire de claques, mais les autres ? S’il est en position de les bloquer dans leur carrière et que personne ne dira jamais rien ? Et qu’elles en ont besoin, de leur carrière ou tout au moins de leur boulot ?

- Elles n’ont qu’à apporter des preuves (là, c’est plutôt la conscience d’Apatho que la mienne...)

- Des preuves, mais des preuves de quoi ? On ne porte pas plainte quand on s’est fait plaquer contre un mur, même si on a eu peur ! C’est comme le type du boulot, le fou, celui qui a failli casser la gueule d’Aurélie, l’autre jour, lui démolir le portrait avant qu’on intervienne ! Ensuite, la chef de service m’a dit en aparté : « Dommage qu’il ne l’ait pas fait vraiment, comme cela, on aurait pu s’en débarrasser une bonne fois pour toutes, mais là, à part un rapport circonstancié adressé à la hiérarchie, je ne vois pas… »

Alors, tiens bon, Caroline, évite de te laisser piéger, mais continue à les harceler, à les indigner… #MeeTo, ce n’est sans doute pas l’idéal, mais après tout, le propos est assez simple : que la peur ou que la honte changent de camp !

 

Injuste, dites-vous ? mais est-ce que c’était juste, avant, qu’on ne dise jamais rien ?

Si vous me demandez, est-ce que vous avez eu à subir ? La réponse est oui. Est-ce que vos amies ont eu à subir ? La réponse est oui. Est-ce que les filles de vos amies ? La réponse est oui. Du harcèlement ? Oui. Et même des viols ? Encore oui… Et donc, vous connaissez des agresseurs ? Oui.

- Combien ?

- Je ne sais pas, plusieurs…

- Vous pouvez citer des noms ?

- Non, je ne peux pas.

Bon, mais ne te bile pas, Caroline, et tu peux remercier Laurent Wauquiez. Dans ce contexte où une information chasse l’autre, voilà qui va nous occuper un certain temps...

 

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https://blogs.mediapart.fr/emma-rougegorge/blog/200218/laurent-wauquiez-dis-moi-ca-coute-combien-un-vrai-prof

 

 

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