La "vague" En Marche (15,3% des inscrits): une élite chasse l'autre

Une analyse plus approfondie du profil socio-professionnel des candidats présentés aux législatives par les différents partis (PCF, LFI, PS, LREM-MODEM, ex-UMP et FN) conduit à relativiser les conséquences de la "vague" En Marche et le "renouvellement" annoncé.

Note: pour la lecture des graphiques présentés dans le présent article, se reporter à la légende suivante.

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Les grands "sortants" (PS et ex-UMP) présentent un ensemble de candidats dont le profil n'est guère surprenant: les CSP+ y occupent une place prépondérante, avec une prédominance du public au PS et du privé à l'UMP. On notera la présence d'un nombre non négligeable de membres des "grands corps de l'Etat" ainsi que de "permanents politiques", sujet déjà évoqué dans un précédent article. Les autres catégories socio-professionnelles sont réduites à la portion congrue.

 

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Le PCF, la France insoumise et le FN présentent quant à eux un profil plus diversifié, avec quelques particularités pour chacun: au PCF, l'importance des retraités; chez LFI, l'importance relativement plus forte des cadres et des étudiants - en particulier, un grand nombre de cadres du privé qui distingue fortement LFI du PCF; enfin, au FN, l'importance des artisans, agriculteurs et commerçants, des cadres du privé ainsi que des "permanents politiques", tandis que la part des cadres du public y est, et de loin, la plus faible de tous les partis étudiés.

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Dans ce contexte, comment "En Marche" se situe-t-il? Le mouvement du désormais président Macron incarne-t-il le "renouvellement" dont ses responsables proclament l'avènement? Rien n'est moins sûr. L'examen du profil des candidats LREM-Modem tend au contraire à montrer une remarquable proximité avec le profil des candidats de l'ex-UMP, avec une part écrasante de cadres du privé (47,7% contre 45,1% pour l'ex-UMP). Les retraités sont moins nombreux dans les rangs de LREM (5,6% contre 8,3%), tandis que les professions intermédiaires y occupent une place légèrement plus importante (8,4% contre 5,2%). Les artisans, commerçants et agriculteurs y sont relativement plus présents que dans les partis de gauche, comme c'est le cas pour l'ex-UMP et encore davantage pour le FN. La jeunesse revendiquée par le mouvement aurait pu conduire à penser qu'un nombre non négligeable d'étudiants se présenterait sous ses couleurs: cela n'a pas été le cas (0,2% seulement, encore moins que les 0,6% et 0,5% observés pour l'ex-UMP et le PS respectivement).

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Le "renouvellement" annoncé, s'il devrait au moins permettre d'augmenter considérablement le nombre de députées à l'Assemblée, ne devrait en revanche pas se concrétiser s'agissant des catégories socio-professionnelles dont relèvent les élus. Plus que jamais, les CSP+ conserveront les clés d'un pouvoir politique dont les détenteurs sont loin de refléter la composition de la population. Cette tribune dont l'auteur estime que la recomposition partisane actuelle se fait sur des bases de classe développe une réflexion intéressante à ce titre.

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