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Billet de blog 28 févr. 2022

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Covid-19 – Quelques questions que des journalistes pourraient poser aux autorités

Depuis quelques semaines, sur plusieurs points, diverses publications scientifiques, ainsi que les chiffres officiels, contredisent frontalement ce qu’affirmaient les autorités il y a quelque temps. Ne serait-il pas légitime de demander des explications ?

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Persistance de l’ARNm vaccinal dans l’organisme

Lorsque des documents officiels affirmaient que l’ARN messager injecté lors d’une vaccination se dégraderait rapidement, quelles sources scientifiques leur permettaient de l’affirmer ?

La Haute Autorité de Santé (p. 4) affirmait par exemple en février 2021 qu’en raison de la « dégradation rapide des ARNm », la vaccination des femmes allaitantes ne posait pas de problème.

De même, Karine Lacombe expliquait le 5 août 2021 (à partir de 5’22″) que, puisque l’ARNm « ne persiste pas dans le corps humain au-delà de quelques heures », il n’y avait aucun risque d’effet secondaire des vaccins lié à une persistance, pas même pour les jeunes en cours de développement.

Or, une étude de Rötgen et al. est récemment parue dans la revue scientifique Cell. Les chercheurs ont observé que non seulement la quantité de protéine Spike présente dans l’organisme après une injection était supérieure à ce qui se rencontre dans les cas de formes sévères de Covid-19, mais aussi que de l’ARNm se retrouvait dans l’organisme plusieurs semaines après l’injection.

Questions : D’où venaient les certitudes des autorités et des experts médiatiques lorsqu'ils affirmaient que l'ARNm vaccinal disparaît rapidement ? Et quelles conséquences tirent-ils aujourd’hui de ces travaux scientifiques ?


L’ARNm vaccinal est transformé en ADN par transcryptase inverse

Il a été dit et répété, y compris dans les informations officielles que l’ARNm des vaccins ne pouvait pas se retrouver mêlé à l’ADN humain, et donc en aucun cas être intégré dans notre génome.

Là encore, la faible durée de vie de l’ARNm injecté est présenté comme une garantie.

Or, comme relaté dans une étude publiée par Aldén et al. dans Current Issues in Molecular Biology, la première expérience menée in vitro sur des cellules de foie humain a permis d’observer un phénomène de transcryptase inverse : en quelques heures, un mécanisme biologique a produit de l’ADN au sein du noyau cellulaire à partir de l’ARNm du vaccin.

Les auteurs disent qu’ils ne savent pas si cet ADN a une chance de modifier le génome des cellules, mais ils indiquent que cela donne du poids à cette inquiétude, d’autant plus qu’il a déjà été observé que l’ARN du virus SARS-CoV-2 avait pu modifier le génome de cellules (étude de Zhang et al.)

Les auteurs font toutefois le lien entre cette production d’ADN par transcryptase inverse, et certaines maladies auto-immunes signalées après vaccination contre le Covid-19.

Questions : D’où venait la certitude affichée par les autorités ? La politique vaccinale prendra-t-elle rapidement en compte ces nouveaux apports scientifiques ?


Quelle efficacité des vacins pour les jeunes ?

Ce paragraphe n’affirme rien, mais on y signale que des données interrogent sur l’efficacité des vaccins contre les formes graves de Covid19 et les décès. On avait déjà remarqué qu’un biais rendait difficile de considérer les données de la DREES comme un reflet fidèle de la réalité. Or, si ces chiffres publiés par la DREES semblent indiquer une efficacité vaccinale chez les adultes (puisque, à en croire ces chiffres, la proportion de non-vaccinés serait plus importantes parmi les admissions en soins critiques et parmi les décès que parmi la population), les chiffres publiés pour les jeunes montrent au contraire une sur-représentation des vaccinés parmi les admissions en soins critiques et les décès.

Illustration 1
Proportion des différents statuts vaccinaux dans la population âgée de 0 à 19 ans. (Moyenne calculée du 1er janvier au 13 février 2022) © DREES
Illustration 2
Proportion des différents statuts vaccinaux dans les admissions en soins critiques de patients âgés de 0 à 19 ans, du 1er janvier au 13 février 2022 © DREES
Illustration 3
Proportion des différents statuts vaccinaux dans les décès de patients âgés de 0 à 19 ans, du 1er janvier au 13 février 2022 © DREES

On observe sur ces graphiques produits grâce à l’outil interactif de la DREES, qu’en 2022 les non-vaccinés représentaient en moyenne 66 % de la population des 0-19 ans, mais seulement 55 % des admissions en soins critiques et 45,1 % des décès.

De façon assez nette, les jeunes doublement vaccinés depuis plus de 6 mois, avec ou sans troisième dose (les deux tranches supérieures des graphiques), connaissent une disproportion inverse : s’ils ne sont qu’environ un million d’individus (6,3 % de la population des 0-19 ans), ils cumulent 19,1 % des admissions en soins critiques de cette tranche d’âge (171 admissions) et 33 % des décès (10 décès entre le 1er janvier et le 13 février 2022.)

Cela reflète-t-il une absence d’efficacité, voire une plus grande vulnérabilité des jeunes vaccinés face au Covid-19 ? Il faut être prudent : cette observation peut être en partie due à des facteurs de confusion : on peut par exemple supposer que ce sont principalement les jeunes les plus à risque (atteints de comorbidités), qui ont été vaccinés jusqu’à maintenant; et que les décès intervenus chez ces jeunes vaccinés atteints de Covid-19 sont en grande part dus à la vulnérabilité liée aux comorbidités.

Toutefois, il reste une interrogation : bien que les comorbidités aient déjà été présentes, la période précédant le début de la vaccination n’a vu que 4 décès chez les enfants de moins de 10 ans, par exemple. Mais il y a eu 25 décès depuis que des enfants de cet âge ont commencé à être vaccinés : 14 000 injections chez les 0-9 ans entre le 27 décembre 2020 et le 20 décembre 2021 et 9 décès, puis 16 décès depuis l’ouverture officielle de la vaccination aux moins de 12 ans le 20 décembre 2021 (plus de 200 000 injections ont eu lieu depuis cette date chez les moins de 10 ans.)

Illustration 4
© Enzo Lolo d'après les données de Santé Publique France

Voici une autre façon de visualiser ces données, avec les chiffres quotidiens :

Illustration 5
© Enzo Lolo d'après les données de Santé Publique France

Cette accélération des décès Covid est-elle seulement imputable au grand nombre de contaminations générées par le variant Omicron, ou les vaccins peuvent-ils avoir un effet négatif sur le système immunitaire des jeunes, comme certains chercheurs le redoutent depuis plusieurs mois ? On ne peut pas répondre catégoriquement à cette question à partir des données disponibles.

Remarques :

1) On a limité la comparaison vaccins / décès à la tranche 0-9 ans, pour laquelle les données de vaccination et les données hospitalières existent. Pour les jeunes de 10 ans ou plus, on observe une évolution à peu près semblable, mais les données ne se recoupent pas aussi finement : elles sont fournies de 10 à 17 ans et de 18 à 24 ans pour les vaccins, et de 10 à 19 ans pour les données hospitalières.

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© Enzo Lolo d'après les données de l'INSEE et de Santé Publique France

2) Il convient également de rappeler que la DREES ne connaît pas le statut vaccinal de toutes les personnes hospitalisées ou décédées, et qu'elle extrapole lorsqu'il y a des lacunes, ce qui explique les nombres d'hospitalisations et de décès à virgule. L'information sur la répartition entre différents statuts vaccinaux est donc approximative.

3) On n'a abordé ici que la question de l'efficacité des vaccins anti-Covid, et observé que la protection apportée aux jeunes n'est pas manifeste. La question des effets secondaires est une autre question, qui n'apparaît pas dans ces graphiques : un éventuel décès consécutif à une myocardite, par exemple, n'est pas comptabilisé dans les données concernant les "décès Covid".


Aspirer avant d’injecter ?

En Allemagne, les consignes officielles concernant les injections vaccinales anti-Covid ont été récemment modifiées : depuis le 17 février 2022, après avoir enfoncé l’aiguille de la seringue dans le muscle du bras, il est désormais recommandé d’aspirer avant d’injecter : aspirer permet de s’assurer que l’aiguille n’aboutit pas dans un vaisseau sanguin. Si du sang remonte dans la seringue lorsqu’on aspire, il faut la retirer et la planter ailleurs. Cette consigne a été rectifiée dans le but d’améliorer la sécurité des injections.

Cette question n’a semble-t-il jamais été soulevée en France. Et pourtant…

En 2010, la revue Prescrire publiait un dossier sur les bonnes pratiques des injections intramusculaires. On y lisait ceci : “En général, mieux vaut aspirer avant d’injecter.

Illustration 7
"Réussir une injection intramusculaire" (extrait) © Revue Prescrire

En février 2021, le groupe de médecins “Doctors for Covid ethics” publiait une lettre à l’Agence Européenne des Médicaments (EMA), décrivant en détail la mécanique biologique de certains risques que ferait courir aux patients la dispersion de l’ARNm ou des adénovirus injectés s’ils se retrouvaient dans le circuit sanguin : risques de thromboses, ou de destruction de cellules incapables de se régénérer, comme par exemple certaines cellules du cerveau ou du cœur.

Pourtant, les consignes du Ministère français de la Santé sont claires : il faut pas aspirer.

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Mode d'administration du vaccin Comirnaty © Ministère des Solidarités et de la Santé

On peut lire ces consignes ici pour Pfizer et là pour Moderna, par exemple.

Questions : Pourquoi les consignes du Ministère sont-elles explicitement en contradiction avec les pratiques recommandées ? L’exemple allemand a-t-il été pris en considération en France ?


Autorisation du traitement précoce produit par Pfizer

En France, suivant la validation par l’EMA, l’ANSM a accordé une autorisation d’accès précoce (notion qui remplace l’Autorisation Temporaire d’Utilisation depuis la Loi de Financement de la Sécurité Sociale de 2021) au Paxlovid, le nouvel antiviral produit par Pfizer, conçu pour un traitement précoce. Composée de deux molécules (nirmatrelvir et ritonavir), cette bithérapie a été très peu testée (un unique essai mené sous la responsabilité de Pfizer, sans recul sur les effets secondaires de la toute nouvelle molécule nirmatrelvir) et elle coûte cher : le prix français n’est pas public, mais ailleurs l’ordre de grandeur est de 500€ le traitement. Or, comme on l’a vu, le mécanisme d’action du Paxlovid contre le SARS-CoV-2 est aussi un des divers mécanismes d’action de l’ivermectine.

Questions : Les autorités ne devraient-elles pas mener rapidement un essai comparatif entre le Paxlovid et d’autres multi-thérapies considérées jusqu’ici par les autorités comme “insuffisamment éprouvées”, telles que la combinaison ivermectine + azithromycine + zinc + vitamine D, par exemple ? Outre le fait qu’il y a manifestement deux poids, deux mesures, les perspectives d’économies pour la Sécurité Sociale et de sécurité pour les patients ne justifieraient-elles pas un tel essai ?


[En raison de la politique de dépublication pratiquée sans sommation par la modération de Mediapart sur des critères discutables et imprévisibles, à l'avenir les billets de ce blog seront simultanément publiés sur ce site : https://www.covid-factuel.fr. Ainsi, ce billet est publié ici.] 

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