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Billet de blog 24 nov. 2022

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Roland Sabatier, le dernier lettriste

Dernière figure du lettrisme, il a fait partie de ceux qui, dès les années 1960, ont repoussé les limites esthétiques de l’art contemporain, du cinéma expérimental et du théâtre d'avant-garde. Décédé le 23 juillet 2022 à Paris, il laisse derrière lui une œuvre polymorphe et visionnaire.

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Portrait de Roland Sabatier.

« J’ai essayé d’apporter la beauté de la destruction ». C'est ainsi que s'exprimait Roland Sabatier, lorsque nous l'avions interviewé à son domicile parisien, en janvier 2022. Il avait alors 79 ans, et jetait un regard rétrospectif sur presque soixante ans de carrière. Une longévité qui lui conférait, non pas une éternelle jeunesse, mais au contraire une souveraine liberté.

L'homme à la silhouette longiligne avait cette élégance naturelle et cette prestance qui pouvaient parfois impressionner. Ses yeux, derrière ses lunettes sombres, donnaient toute leur attention patiente à ses interlocuteurs. Sa voix, grave et chaleureuse, laissait transparaître une grande humanité.

L'érudition de ce créateur couvrait aussi bien la culture classique que l'avant-garde la plus extrême. Son projet artistique : opérer une destruction généralisée de tous les arts.

Roland Sabatier, Grande hypergraphie bleue, 1966.

Né le 23 juillet 1942 à Toulouse, Roland Sabatier est mort à Paris le 23 juillet 2022, le jour de son 80e anniversaire. Il est le troisième lettriste historique à disparaître après Isidore Isou, en 2007, et Maurice Lemaître, en 2018.

Mais si l'on considère l'ensemble de son œuvre et qu'on la replace dans le cadre général de l'art des années 1960, on voit que sa portée en est beaucoup plus grande et surtout autre. Au delà du lettrisme, Sabatier était la dernière figure de l'avant-garde en France et à l'internationale.

Roland Sabatier réalisant en direct le décor de Graal ou la leçon des rois au Conservatoire de Paris (1964), un spectacle de destruction simultanée des arts de la scène.

Son influence s'est étendue essentiellement à l’art contemporain, au cinéma expérimental et au théâtre d'avant-garde. Il fut également poète et créateur de romans à multi-notations.

VIE CRÉATRICE

A la fin des années 1950, il commence des études aux Beaux-Arts de Toulouse, puis vient à Paris pour suivre l’Ecole de la rue Blanche. Il se passionne pour les avant-gardes dadaïstes et surréalistes, et le mouvement d’auto-destruction qu'elles incarnent.

En 1962, il rencontre Micheline Hachette (1938-1993) qui deviendra sa femme, et l'une des grandes figures féminines du mouvement lettriste, à partir de 1964. De leur union naîtra, en 1970, leur fille Virginie.

Photographie d'Isidore Isou extraite de son film Traité de Bavé et d'Eternité (1951).

Très vite, il fréquente Dufrêne, Wolman et Brau. A l'occasion d'une manifestation à la Biennale de Paris, il rencontre, en octobre 1963, Isidore Isou (1925-2007), le créateur du lettrisme. Fondé en 1945, le lettrisme est un mouvement d'avant-garde qui forme le projet de révolutionner tous les arts par un usage subversif de la lettre et du signe. Isou et les lettristes enflamment le monde littéraire et artistique parisien. Fin 1963, Sabatier rejoint le groupe. Il a vingt et un ans. Sa vie d'homme et d'artiste prend alors une nouvelle dimension.

UNIVERS EN EXPANSION

Dès ses premières années dans le lettrisme, Sabatier s’impose comme un grand rénovateur du mouvement. Après un court passage par la peinture à lettres, il explore le domaine plus vaste de l'hypergraphie initié par Isou. Il s'agit d'une « super-écriture » qui emploie, à des fins artistiques, l'intégralité des signes graphiques de la communication humaine.

Roland Sabatier, Schéma de l'évolution des éléments de la communication envisagés dans l'écriture utilitaire, puis dans les arts visuels, à travers la méca-esthétique et le cadre supertemporel (détail), 1999. Peinture sur toile et collages. Devant cette fresque pédagogique, le critique d'art et curator Achille Bonito Oliva a parlé d'un organisme vivant.

Toutes les cultures de toutes les époques s'y confondent à l'infini. Alphabets, pictogrammes, hiéroglyphes, kanji, sanskrit, abjad, morse, tous les signes, symboles et systèmes de notation composent une écriture intégrale. Une tour de Babel des signes de l'Humanité.

L'hypergraphie offre une suprême liberté qui n'a pas de précédent dans l'histoire de la création. De plus, l'invention de signes nouveaux est permise.

Durant les années 1964-1965, Sabatier entreprend de bâtir son propre univers hypergraphique. Celui-ci prend la forme d'une suite de pictogrammes étagés en registres comme sur les stèles des premiers temps de l'écriture, entrecoupés d'autres signes, parapluie, nuage pluvieux, maison, buste de femme, dé à jouer. Défilés de fééries.

Roland Sabatier, Le Soulèvement de la Jeunesse, (Les Jeunes et les Externes), 1964. Huile et collage sur panneau d'isorel, 73 x 60 cm. Reproduite dans le catalogue, Roland Sabatier, le Soulèvement de la jeunesse et autres œuvres de 1964, Galerie Broomhead, 1987.

Tous ces signes envahissent les compositions picturales de l'artiste, mais sans centre véritable. Leur tracé est délibérément malhabile et tremblant, comme pour souligner la fragilité de ses murs de signes.

L'artiste travaille de manière sérielle. En 1964, quatre ans avant les troubles de Mai 68, il réalise un cycle de peintures au titre prémonitoire Le Roman du Soulèvement de la Jeunesse.

Ce qu'il y a de déroutant avec lui, c'est qu'il ouvre plusieurs mondes différents, en parallèle les uns des autres. A peine a-t-il peint une grande hypergraphie, Pleine page bleue, qu'il est déjà ailleurs, à vouloir perturber le système qu'il a lui-même contribué à mettre en place. Constructions et destructions se succèdent à un rythme effréné.

Roland Sabatier, Terminaison, 1971, impression offset, mine de plomb et gouache. 65 x 50 cm.

ANNÉES DE DÉMOLITION

A partir de 1968, il porte la destruction à un niveau qu'elle n'avait pas précédemment. Il en fait une arme de transmutation intégrale de chaque art. Le lexique lettriste qualifie cette destruction de phase « ciselante » pour marquer le passage d'une destruction superficielle à une destruction plus agressive.

Sabatier invente de multiples procédés ciselants. Tour à tour, les signes sont fragmentés, découpés en pièces, biffés, déformés, étirés ou compressés, brouillés, effacés, et se retrouvent utilisés dans la fabrication de bas-reliefs peints, de monolithes indéchiffrables, ou encore de labyrinthes impénétrables. Chaque transformation impulse sa modulation ciselante. L'artiste tente le défi de l'auto-dépassement permanent. Son but : effectuer l'ultime geste destructeur dans chaque art abordé.

Roland Sabatier, Hypergraphie biffée.

Cependant Sabatier sait rester prudent et modeste, car c'est une tâche infinie. Tout se passe comme si, à mesure qu'il avançait, la frontière du possible et de l'impossible se déplaçait indéfiniment sous ses yeux, comme la crête des vagues et l'horizon de l'océan.

En 1971, Sabatier marque un nouveau progrès. Il remplace ses signes sériels par un texte manuscrit les décrivant minutieusement. Avec (Description), il ajoute une nouvelle étape à l'hypergraphie ciselante, passant sur un plan de destruction supérieure. Avec ce principe de substitution, il opère un dépassement réagissant sur toutes les destructions antérieures. 

Roland Sabatier, (Description), œuvre hypergraphie polythanasie, 1972. Encre noire sur papier. Les signes hypergraphiques ont cédé la place à leur description sous la forme d’un texte.

Les cycles interrompus de destruction descendent jusqu'aux composantes internes de l'œuvre d'art. Formes, matériaux, sujets sont ciselés. Il s'agit littéralement d'une multi-morts, d'une « polythanasie esthétique » ou « artistique ». La polythanasie a ses variations d'intensité, du vide à l'hermétisme le plus complexe. Détruire par absence ou détruire par excès.

Ne nous y trompons pas, les destructions de Sabatier sont pleines de joie, d'une jubilation qui se confond avec la splendeur du style et du contenu. Comme un jeu destructif sans fin, toujours relancé.

MÉTAMORPHOSES

Chez Sabatier, les arts et les œuvres changent de nature. La poésie détruit les mots pour les lettres, ou joue sur leur négation, le silence. Quant au roman, il lui arrive, comme avec Manipulitude (1963), d'offrir ses pages blanches aux lecteurs, ou, de se faire précurseur d'un roman à multi-notations aux récits imbriqués.

De son côté, la peinture, on l'a vu, se constelle de signes réels ou imaginaires pour fuir toute représentation figurative. Il arrive parfois que la couleur se détache du dessin pour mener une vie autonome. Sabatier va même jusqu'à organiser des expositions imaginaires, notamment dans un jardin italien. L’œuvre se déleste de la pesanteur de ses matériaux pour devenir plus aérienne, plus mentale.

Ainsi, en soulignant le côté dérisoire de toute expression matérielle, Sabatier se fait platonicien à sa façon. Les Idées et les Formes brillent au dessus des corps et des substances mélangés.

Roland Sabatier, Pensiez-vous (vraiment) voir un film de Roland Sabatier ?, 1973. Film polythanasique exposé dans le cadre du Festival Extra organisé en septembre 2022 au Centre Pompidou à Paris.

Son cinéma devient un anti-cinéma. Sabatier renonce à la pellicule et à l'idée même de mouvement dans ses films les plus radicaux. Dans Pensiez-vous (vraiment) voir un film de Roland Sabatier ?, il pense la mort du cinéma. Peut-on faire un film avec des mots et des écrans blancs ? Avec un humour profond, le créateur répond par l'affirmative.

Si Sabatier est considéré comme un grand plasticien et un grand cinéaste, son apport dans les arts de la scène est relativement méconnu, alors qu'il est de premier ordre.

Avec lui, le théâtre devient discrépant parce qu'il disjoint les trois flux texte-corps-espace pour pulvériser l'intrigue.

Photographie de la création du ballet ciselant Oméga 3 de Roland Sabatier, composé d'une suite pour dix doigts, d'une suite pour tête et paupière et d'un triolet gesticulaire. Pièce composée en 1964, mais publiée en 1966 aux éditions ELH (numéro 10).

Cet anti-théâtre porte sur la séparation : gestes séparés du flux de la parole, ou gestes déconnectés les uns des autres, répliques isolées et éclatées, décor en train de se faire, jeux de lumière pouvant devenir spectacle, costume à signes arraché à l'intrigue.

Sabatier bouleverse l'écriture scénique dès 1964 avec deux spectacles Graal ou la leçon des rois et Omega 3. On a parfois le vertige et l’on s’arrête aussi quelque fois, déconcerté, devant ces métamorphoses ontologiques.

EXPÉRIENCE INTÉRIEURE

Il faut bien savoir qu'au-delà de la provocation apparente que peuvent susciter de telles œuvres, il appartient au spectateur de faire l'effort de sympathie pour en apprécier la liberté et la beauté. Assurément, il s'agit d'activer d'autres zones perceptives à l'intérieur de soi. Là où le spectateur affronte les limites de sa sensibilité, là aussi naît un tourbillon de pensées qui le mène plus loin.

Roland Sabatier, Pour Anne-Catherine Caron, 1985. Encre et peinture vinylique sur papier plié au centre, 29,7 x 41,7 cm.

La perception de l'œuvre est inséparable de sa réception. Celle-ci ne peut se faire qu'en intégrant Sabatier dans son contexte historique. Et, ainsi, il sera facile de voir qu'il devance souvent, de quelques années, les premières réalisations des artistes conceptuels et minimalistes du milieu et de la fin des années 1960.

C'est pour cette raison que, sous l'impulsion décisive de Bernard Blistène, le Centre Pompidou a acquis plusieurs de ses œuvres et a eu la bonne idée de l'exposer aux côtés d'On Kawara, dans l'exposition « Points de rencontres » en 2019, et de Lawrence Weiner, dans le festival Extra, en 2022. Si Sabatier bénéficie d'un succès d'estime et d'un certain prestige chez les artistes et les connaisseurs, il reste encore peu connu du grand public.

Roland Sabatier, Architectures laissées en plan, 1980. Carte routière, gouache et encre, mine de plomb sur plan reproduit.

CONSTELLATION

Son œuvre a une valeur au sein du lettrisme, mais aussi en dehors. Isidore Isou ne s'y était pas trompé lorsqu'il déclarait, en 1971, que Sabatier « est déjà reconnu et même célèbre pour ses œuvres dans un groupe peu préoccupé d'être méconnu à l'extérieur, persuadé de forger, par des constructions et des destructions, son monde immortel dans la galaxie de l'Art ».

D'ailleurs, comme chaque grand artiste, il a ses prédécesseurs dans le ciel des Idées. Il est vrai que Sabatier-le-Destructeur a une certaine affinité consciente avec Rimbaud-le-Voyant, Mallarmé-l'Hermétique, Mondrian-le-Géomètre, et Duchamp-l'Inframince. Des créateurs qu'ils l'ont accompagnés tout au long de sa vie. Une alliance mystérieuse a eu lieu entre le créateur et son œuvre, et avec la longue chaîne des créateurs du passé.

Roland Sabatier, Mallarmé comme modèle, ensemble de 200 pièces, 2003. Collages, encre et acrylique sur papier imprimé. L'artiste s'inspire ici des compositions en constellation du poème Un Coup de dés jamais n'abolira le Hasard du poète hermétique.

Aujourd'hui, les gestes, les regards, les accents de sa voix si reconnaissables, comme la lumière des étoiles, nous arrivent encore alors que le créateur a disparu.

La grandeur créatrice de son œuvre donne à Roland Sabatier, à ses gestes et à ses regards une nouvelle substance, un nouvel imaginaire capable de traverser le temps.

Par Eric Monsinjon

POST-SCRIPTUM : HOMMAGE

L'œuvre de Sabatier est désormais sur le long chemin de la reconnaissance posthume. Les hommages commencent avec la prestigieuse librairie Lecointre-Drouet, à Paris (9 rue de Tournon), qui organise, jusqu'au 26 novembre, une exposition autour de la revue Psi, créée par Sabatier en 1963.

Dans le catalogue de l'exposition figure trois textes intenses : un très bel hommage, Roland Sabatier, l'irrécupérable, de sa compagne Anne-Catherine Caron, artiste lettriste et romancière, qui a effectué le choix des œuvres exposées ; un autre hommage « silencieux » du collectionneur, ami, et galeriste Eric Fabre ; et une présentation du projet éditorial singulier des éditions Psi par Hugo Bernard, artiste lettriste et théoricien. Ce dernier achève actuellement une thèse de doctorat qui devrait fonder l’étude véritablement scientifique de l'œuvre de Sabatier.

Roland Sabatier en quelques dates
1942 Naissance à Toulouse, le 23 juillet.
1963 Rejoint le groupe lettriste.
1964 Représentation de Graal ou la leçon des rois au Conservatoire de Paris, un spectacle de destruction de tous les arts de la scène.
1968 Débute son travail de « polythanasie artistique ».
1989 Publie Le Lettrisme. Les créations et les créateurs, Z'éditions.
1993 Organise et participe à la salle lettriste de la Biennale de Venise.
2009 Assure le commissariat d'exposition de Lettrisme, vue d'ensemble sur quelques dépassements précis, Villa Tamaris Centre d'Art, La Seyne-sur-Mer.
2002-2022 Participe à de nombreuses expositions internationales : Paris Capital of the Arts 1900-1968 à Londres (2002) et Guggenheim de Bilbao (2002), Après la fin de l’Art, 1945-2003 (2003) à Saint-Etienne, Imaginaires dans un jardin réel, œuvres infinitésimales (1963- 2011) à la Villa Cernigliaro, dirigée par Carlotta Cernigliaro, Biella (Piémont, Italie), Anti-cinéma (lettriste) & cinémas lointains (1964-1985) au centre d'art Garage Cosmos d'Eric Fabre, à Bruxelles, L’Art en Europe (1945-1968) à Moscou (2017), Points de rencontres (2019) au Centre PompidouSalle lettriste au Musée d'Art Moderne, Centre Pompidou (2022)
2022 Décès à Paris, le 23 juillet, à la tombée de la nuit.

Roland Sabatier, Rêves, œuvre infinitésimale, 1967.

Prolongez la réflexion avec mon autre article sur Roland Sabatier :
Roland Sabatier est-il le plus grand artiste français vivant ?

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