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Billet de blog 1 oct. 2013

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L'ordre règne au centre de rétention

L'expulsion des étrangers en séjour illégalisé est une pièce maitresse de la dite "politique de l'immigration". On en renvoie de force environ un sur dix chaque année, ce qui entretient l'angoisse chez tous les autres. La procédure - quand elle est appliquée - comporte l'enfermement dans un centre de rétention. Nombreux sont les citoyens qui cherchent à faire connaître la détresse de ces personnes dont la vie se brise tout à coup.

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L'expulsion des étrangers en séjour illégalisé est une pièce maitresse de la dite "politique de l'immigration". On en renvoie de force environ un sur dix chaque année, ce qui entretient l'angoisse chez tous les autres. La procédure - quand elle est appliquée - comporte l'enfermement dans un centre de rétention. Nombreux sont les citoyens qui cherchent à faire connaître la détresse de ces personnes dont la vie se brise tout à coup.

A lire le CESEDA (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et demandeurs d'asile), à observer son application bigarrée par les préfectures de métropole et des outre-mers, à analyser les rapports du ministère de l'Intérieur, on comprend vite qu'il s'agit en réalité d'un ensemble de techniques de refus de séjour à qui est arrivé sans visa, ou est resté au delà de sa limite de validité. Sans considération des situations humaines particulières.

La chaine des refus commence aux abords des consulats, souvent inabordables, toujours soupçonneux, appliquant un processus de décision (ou de non-décision) des plus opaques. Elle se poursuit dans l'interminable parcours de la demande de titre de séjour avec, aux guichets des préfectures, une imagination sans cesse renouvelée pour exiger des documents pas vraiment prévus par la loi: "ici, on fait comme ça!".

On a maintenant bien compris que le rejet s'exerce dans une paisible continuité. Alternance ou pas, le rouleau compresseur est en marche.

Une pièce essentielle de la chaîne est l'expulsion et son ombre, la menace d'expulsion. Il y a les expulsions express, réservées souvent aux demandeurs d'asile caucasiens, bien organisées en amont; les familles ont quitté la France avant d'avoir pu exercer quelque droit de recours que ce soit. Il y a les cohortes de "départs volontaires"; pour une poignée d'euros, des milliers de citoyens européens, roumains ou bulgares, repartent dans leur pays. Ils en reviendront bientôt, mais le pouvoir aura montré ses muscles et alimenté ses statistiques. Il y a aussi les simulacres d'expulsion , avec interpellation et enfermement aussi traumatisants que fragiles sur la procédure et qui se terminent par une libération après quelques jours d'angoisse pour la personne visée, sa famille, ses amis. Exemple: la grande rafle au faciès de Barbès en juin 2013.

Les CRA sont des lieux de violence, avec automutilations, tentatives de suicide, incendies, évasions collectives, et la réponse médico-administrative: les calmants. Les juristes font avec conviction et efficacité leur travail au service des étrangers, mais beaucoup estiment devoir témoigner de ce qu'ils voient dans les CRA. Nous consacrons un billet à une liste de liens vers les périodiques et autres blogs de témoignage.

Aujourd'hui, place à un récent billet du blog Vos papiers s'il vous plait.

"De battre son cœur s’est arrêté

Vous avez vingt ans, une vraie attitude d’adolescent

Vous ne tenez jamais en place, vous pétez les plombs tout le temps.

A ceux qui osent insulter votre maman,

Vous répondez « je vais te péter les dents. »

Une dispute de trop, vous avez fini en isolement,

Puis de fil en aiguille, à l’hôpital, sous calmants.

Le lendemain complètement déprimé,

Une heure, dans mon bureau vous êtes resté.

« Monsieur vous avez pris quoi, vous avez l’air défoncé ?

Je ne sais pas ce que vous avalez ou fumez, mais il faut arrêter! »

« Madame le moral il est plus là, c’est fini,

20 jours à tenir, et encore, si je suis pas renvoyé en Tunisie.

Je vais aller dans ma chambre, me calmer,

Sinon je sens que je vais m’énerver, et taper. »

Au bout de trois minutes vos copains ont hurlé,

Dans votre chambre, d’un coup, vous êtes tombé."

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Martine et Jean-Claude Vernier

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