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Billet de blog 3 août 2012

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Quel équilibre pour les Roms?

Dans la politique équilibrée envers les migrants annoncée par le gouvernement, que va-t-il advenir des quelque 12 à 20 mille Roms roumains et bulgares (enfants inclus), ces citoyens européens soumis à la délivrance d'une autorisation de travail jusqu'à fin 2013 - une mesure transitoire qui pourrait cependant être rapportée immédiatement?

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Dans la politique équilibrée envers les migrants annoncée par le gouvernement, que va-t-il advenir des quelque 12 à 20 mille Roms roumains et bulgares (enfants inclus), ces citoyens européens soumis à la délivrance d'une autorisation de travail jusqu'à fin 2013 - une mesure transitoire qui pourrait cependant être rapportée immédiatement?

Le 27 juin 2012, une campagne est lancée au Sénat en faveur de la levée de ces mesures transitoires. La sénatrice de Seine-Saint-Denis qui porte se projet le reconnait: "La fin des mesures transitoires ne supprimera pas tous les problèmes. Mais elle ouvrira des pistes qui donneront des perspectives aux jeunes en leur ouvrant des formations. L’emploi est aussi une condition indispensable pour attaquer le problème des bidonvilles et du logement qui ne concerne pas que des Roms". Elle évoque "les médecins très présents dans nos hôpitaux, les architectes, les avocats qui pour certains sont Roms. Les deux jeunes filles roms qui ont remportées les titres de meilleures apprenties de France, sont des preuves vivantes qu’il n’y a pas de blocage culturels à l’insertion". Et on ne peut soutenir sérieusement qu'autoriser l'accès au travail de moins de 10000 personnes n'affecterait quand même pas de façon insupportable les 4 millions de personnes qui ne trouvent pas de travail. La proposition devrait être discutée à l'automne 2012 par le Sénat.

Le 29 juin 2012, le collectif Romeurope interpellait le Premier Ministre: "La situation des Roms roumains et bulgares en France demeure extrêmement préoccupante : évacuations à répétition des lieux de vie, expulsions du territoire, entraves dans l’accès au droit commun (scolarisation, santé, protection sociale…), difficulté voire impossibilité effective d’accéder à l’emploi salarié, stigmatisation".

Un voisin blogueur a fait le point début juillet: ils ont servi de variable d'ajustement pour le chiffre des expulsions. Expulsions? vous n'y êtes pas, il s'agit de retours volontaires. On parle de 14000 retours volontaires sur les 33000 expulsions de 2011. Pour une population évaluée à 20000 personnes... Instabilité entretenue par l'attribution d'une prime d'un tiers de SMIC, qui n'aide certainement pas à l'intégration d'une population équivalant à celles de Dax ou de Concarneau.

S'adressant aux préfets le 31 juillet 2012, le ministre de l'intérieur annonce des mesures angoissantes pour les Roms et leurs amis.: "(…) la question difficile et complexe des campements de Roms. En tant que ministre de l’Intérieur, je n’accepterai pas que se développent, notamment dans les grandes agglomérations, des zones échappant au droit. Je vous demande donc de faire appliquer les décisions de justice en procédant à l’évacuation des campements. Je vous demande de le faire en accord avec les élus concernés, et en liaison très étroite avec les associations qui prennent en charge les populations. Mais le message est clair : les décisions de justice doivent être appliquées". Ce sera prochainement le cas à Villeneuve-d'Ascq, comme cela l'a été il y a quelques jours à Marseille.

En attendant, le collectif La voix des Rroms souhaite courage au gouvernement: " (...) Tout est une question de définition des mots « changement » et « maintenant ». Car « maintenant », c’est toujours, et toujours, ça peut durer plus ou moins. Les récentes déclarations de M. Valls c’est presque maintenant, mais on a du mal à y voir quelque changement en ce qui concerne le traitement des Rroms. En effet, le ministre se dit obligé de poursuivre les expulsions des Rroms, au point même d’imiter non seulement les méthodes, mais aussi le vocabulaire de M. Hortefeux. M. Valls ne parle pas d’expulsions, mais de « démantèlements », un mot qui évoque plutôt des réseaux et qui n’avait pas été choisi au hasard par Hortefeux. D’ailleurs, faut-il le rappeler, à cette période là, M. Hortefeux avait repris la fameuse formule de Charles Maurras « la France n’est pas un terrain vague », pour justifier les « démantèlements des camps ». Heureusement, M. Valls ne va pas aussi loin.

(...) Courage, gouvernement Ayrault ! Vous pouvez vous en sortir ! Nous, on s’en sort depuis 700 ans envers et contre tout. C’est juste une question de valeurs à respecter, et ce n’est pas très compliqué".

Certes, les Roms, 10 à 12 millions de personnes vivant en Europe, subissent des rejets et des discriminations un peu partout. Le ministre de l'Intérieur le sait bien, lui qui déclare: "J’ai conscience de la complexité de ce phénomène qui prend sa source dans d’autres pays. La Commission de l'UE encourage et finance l'intégration locale de ces personnes, à travers l'éducation, l'emploi, la santé et le logement, et des programmes d'intégration existent, y compris autour de nous. Avec moins de 20000 Roms sur son sol, le lot de la France semble représenter moins de 0,2% de la "charge" européenne. Si l'on oublie les fantasmes complaisamment entretenus, est-ce un équilibre si difficile à trouver?

Martine et Jean-Claude Vernier

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