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Billet de blog 4 févr. 2015

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Encore choisir la France malgré le refus d'asile

Lure, en Haute Saône,12000 habitants et un centre d'accueil des demandeurs d'asile de soixante-dix places. Autour des personnes dont la démarche a échoué, un Comité d'entraide aux réfugiés. Ce qui se vit là est ce qui se vit partout en France en 2015, et que la nouvelle loi sur l'asile s'attache à aggraver.

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Lure, en Haute Saône,12000 habitants et un centre d'accueil des demandeurs d'asile de soixante-dix places. Autour des personnes dont la démarche a échoué, un Comité d'entraide aux réfugiés. Ce qui se vit là est ce qui se vit partout en France en 2015, et que la nouvelle loi sur l'asile s'attache à aggraver.

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Le comité d'entraide de Lure suit actuellement six familles et deux célibataires, soit vingt-neuf personnes. En majorité ils viennent d’Albanie ou de Géorgie et certains se revendiquent de religion Yéside. Ces personnes ont abandonné des situations stables, voire enviables, dans leurs pays d'origine (cinq familles sur six étaient propriétaires de leur maison et tous travaillaient). Elles sont venues en France non pas pour des raisons économiques mais pour être protégées par nos institutions, ce qu'elles espèrent de notre état de droit. Dans leurs pays leur sécurité et leur vie n'étaient plus assurées.

Or :

Ces personnes déboutées de leur demande d'asile [ndlr. En 2013, 95% de refus pour les Albanais, 90% pour les Géorgiens, chiffres de l'OFPRA] refusent de retourner dans leur pays et l’aide financière au retour proposée ne les convainc pas. Elles demandent alors, comme la législation française le permet, une régularisation à titre humanitaire en préfecture. Après la fin du parcours juridique, le Préfet reste l’ultime recours. Le comité les accompagne et les aide dans leurs démarches et les difficultés de leur vie quotidienne. Cette longue période faite d’espoir et de désespoir sape leur équilibre psychologique et trouble profondément leur vie.

Que dire de leurs angoisses?

Notre action envers les déboutés

Selon les discours officiels, la maîtrise du français, l'obtention d'une promesse d'embauche, l'assiduité des enfants à l'école et pour certains l'excellence de leurs résultats scolaires, un temps suffisamment long pour être dans un processus d'intégration, leur laissaient entendre une régularisation possible par les services préfectoraux, ce qui était presque toujours le cas jusqu’à présent.

Or, le Comité de Lure constate aujourd’hui que, même si la plupart des conditions sont réunies, Monsieur le Préfet n'accorde que très difficilement une régularisation. Le comité a le sentiment d’un durcissement et d'arbitraire dans le traitement des dossiers et du non-respect de notre tradition républicaine d’accueil. Il nous paraîtrait souhaitable que Monsieur le Préfet explicite ses décisions.

D'autre part, dans la situation difficile de l'emploi en Haute-Saône, quand des déboutés parviennent à obtenir une promesse d'embauche, assortie du paiement de la taxe OFII, il arrive que Monsieur le Préfet, après examen, récuse l'employeur considéré par elle comme peu fiable ou indélicat, ce qui se comprend, mais ce qui nous semble inadmissible, c'est que les personnes ne soient pas averties de cette récusation. L’absence de réponse retarde d'autant une nouvelle recherche et les maintient dans la précarité. Par ailleurs, Monsieur le Préfet a refusé a priori d'examiner les promesses d'embauche des dernières familles arrivées.

Que dire de leur désespoir ?

La période des recours possibles entre l'OQTF et l’issue de la situation des déboutés est longue, pénible à vivre. Cette incertitude plonge ces personnes dans l'angoisse, la peur, une vie de quasi misère. Elles n'ont pas le droit de travailler et n'ont de ce fait aucun moyen de subsistance. Les enfants, en particulier subissent une situation encore plus difficile. A l’angoisse des parents qu’ils ne peuvent ignorer car ils sont souvent utilisés comme traducteurs se rajoutent leurs propres angoisses. Ils sont privés d’enfance.

Que dire de leur dénuement ?

Les régularisés

Si la régularisation apaise l’angoisse, elle place ces familles dans d'autres difficultés, en particulier le coût de celle-ci.

Jusqu'en 2013, le montant d'une carte de séjour s'élevait à 260 € par adulte. En 2014, elle est passée à 600 € en raison des droits de visa pour être entré illégalement en France. De plus, les enfants mineurs ont l'obligation d'avoir un titre de "libre circulation" (45 €) valable 5 ans.

Depuis l'été 2014, les personnes régularisées doivent posséder un passeport (montant élevé): ces documents sont délivrés à Paris par l'Ambassade de leur pays d’origine, ce qui augmente d'autant leur coût.

Pour un couple et deux enfants leur régularisation s’élève presque à 2000€ ! C’est exorbitant ! Comment démarrer une nouvelle vie avec une telle contrainte ?

Le comité demande que ces taxes diverses soient supprimées ou significativement diminuées et la durée de validité des titres prolongée.

Comité d’entraide aux réfugiés de Lure et environ

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