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Billet de blog 4 avr. 2012

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Calais: brusque escalade de répression contre les migrants et leurs amis

En préparation des JO de Londres, il faut faire place nette à la frontière de Calais. Les forces de l'ordre s'y sont largement employées la semaine dernière, avec une série d'attaques contre les communautés de migrant-e-s et leurs soutiens.

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En préparation des JO de Londres, il faut faire place nette à la frontière de Calais. Les forces de l'ordre s'y sont largement employées la semaine dernière, avec une série d'attaques contre les communautés de migrant-e-s et leurs soutiens.

Nous avons reçu le récit suivant, que nous reproduisons tel quel.

"Le Jeudi 29 mars |2012] et toute cette semaine-là il y a eu une rapide escalade du harcèlement policier, du nombre d'arrestations et des brutalités contre les personnes avec et sans papiers à Calais - bien au-delà du niveau normal et au cours de ce qui semble avoir été un assaut prémédité contre les communautés de migrant-e-s et leurs soutiens.

Ça a coïncidé avec la visite d'un ambassadeur du Royaume-Unis à Calais pour rencontrer les officiels le vendredi 30 mars pour discuter de la sécurité du port en prévision des jeux olympiques de Londres, et semble faire partie d'une offensive en cours contre les migrant-e-s. La ville arrive sous les projecteurs comme un bout des projets olympiques car des équipes sportives internationales s'entraînent dans la région du Pas-de-Calais, et les gouvernements du Royaume-Uni et de la France ont promis un effort commun pour renforcer le régime des frontières cet été.

Tôt le matin de jeudi, un grand squat où logeaient principalement des Érythréens a fait l'objet d'une attaque policière et deux personnes ont été arrêtées au cours des contrôles d'identité. Cependant, l'énergie de la police s'est concentrée sur la soirée. De multiples contrôles d'identité ont eu lieu, une personne a décrit l'action de la police ainsi que "des oiseaux de proie plongeant vers leurs proies" : ici les personnes qui venaient et repartaient du lieu de distribution de nourriture pour le repas du soir. Un autre groupe a été arrêté par les CRS près de l'Hôtel de Ville. Quatre personnes sans papiers ont été mises en cellule.

À peu près au même moment, deux personnes de No Borders étaient attaquées par des CRS alors qu'elles marchaient dans une rue calme, plaquées visage contre le mur, et on a exigé d'elles leurs papiers. La police en a arrêté une violemment, l'immobilisant sur le sol du car de CRS, pendant que l'autre était poussée par terre, avant que le car ne démarre. La personne arrêtée n'a pas obtenu la raison de son arrestation, mais a été relâchée 24 heures plus tard avec une convocation au tribunal pour répondre d'une accusation d'outrage.

La vague de répression violente a continué dans la soirée quand plusieurs cars de CRS sont descendus dans l'un des parcs de la ville vers 20h et ont commencé à contrôler les identités des hommes rassemblés là. La police a fait environ cinq arrestations. Un groupe d'activistes présent sur place a contesté l'action policière. Les activistes et un sans-papiers ont alors été pourchassés dans le parc par la police pour finalement être plaqué-e-s au sol et roué-e-s de coups de poing et de matraque. Le tabassage des cinq a continué dans le car de police, alors qu'il-elle-s étaient menotté-e-s, et au commissariat, où l'une des personnes a été frappée à plusieurs reprises alors qu'elle était à terre. Les personnes arrêtées ont été libérées 48 heures plus tard, avec une convocation au tribunal pour répondre d'accusations de violences contre la police. Plusieurs d'entre elles ont des blessures qui demandent un suivi médical.

Une des personnes arrêtée affirme que "La police à Calais peut faire tout ce qu'elle veut. Tabasser les gens qui sont en garde-à-vue, y compris pendant les interrogatoires, c'est quelque chose qui arrive tous les jours et dans l'impunité".

Un petit squat où logent entre 10 et 12 Iraniens a été évacué vers 23h, mais aucune arrestation n'a eu lieu, les hommes ayant déjà quitté le lieu. Après l'expulsion du squat principal, appelé "Africa House", beaucoup de personnes, avec et sans papiers, ont dû se trouver des squats plus petits pour se protéger et éviter de dormir dans les rues dangereuses de Calais.

La veille, mercredi, un contrôle d'identité dans l'un des plus grand squats - la "Palestine House" - a débouché sur la détention d'un groupe d'hommes. Un autre petit immeuble squatté hébergeant environ 12 personnes a été expulsé par la police lors d'un assaut à 1 heure du matin. Le vendredi, le ballet incessant dans la ville des cars de CRS, de la PAF, de la police nationale et des voitures banalisées a continué, des contrôles d'identité ont eu lieu le matin tôt lors de descentes dans les squats restants, et les activistes ont été suivis lors de leurs déplacements motorisés par des cars de CRS.

La brutale offensive va apparemment se poursuivre, le quotidien local rapportant que les autorités vont détruire la "Palestine House" dans les semaines qui viennent, soit-disant pour le re-développement de la ville.

La violence exercée contre les personnes avec et sans papiers pendant ces 24 heures vise à entretenir une atmosphère de peur pour toutes les personnes, avec ou sans papiers, vivant à Calais. Pour celles qui risquent une expulsion, la menace d'une arrestation par la police et d'une mise détention est un perspective terrifiante, et les expulsions des squats ont laissé des dizaines de personnes sans abris. La répression qui a eu cours la semaine dernière est une partie d'un système plus large de frontières et de répression d'État, pour limiter et contrôler la circulation des personnes."

Source: Calais Migrant Solidarity

Martine et Jean-Claude Vernier

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