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Billet de blog 4 déc. 2013

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Touche pas à mon antiracisme!

Racisme, antiracisme. Des mots?... Des actes?... Des postures?... Des politiques?... Maintenir des travailleurs pauvres, de surcroît étrangers, sous l'interdiction d'un emploi déclaré, est-ce antiraciste? Laisser à des militants et à des syndicats la charge de familles roms expulsées de leur lieu de vie, est-ce antiraciste?

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Racisme, antiracisme. Des mots?... Des actes?... Des postures?... Des politiques?... Maintenir des travailleurs pauvres, de surcroît étrangers, sous l'interdiction d'un emploi déclaré, est-ce antiraciste? Laisser à des militants et à des syndicats la charge de familles roms expulsées de leur lieu de vie, est-ce antiraciste?

Dans un "commentaire sélectionné par Mediapart" à son propre billet Pour l’égalité, contre le racisme : deux rendez-vous et un trait d’union, Edwy Plenel précise qu'il n'y a pas seulement deux appels à manifester - "Marchons contre le racisme" le 30 novembre en réponse aux attaques contre madame Taubira, et le 7 décembre pour manisfester l'actualité brûlante des motivations de la marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983 - mais un troisième, pour "une "Marche des républicains" le dimanche 8 décembre, (...) lancée par des militants socialistes et tenue à distance, sinon méfiance, par les associations et collectifs qui marcheront la veille".

Il y a eu, encore, le 3 décembre, un appel à se rassembler gare Montparnasse sur le lieu de l'arrivée à Paris de la marche il y a trente ans. Et puis le 18 décembre, pour la journée internationale des migrants, l'UCIJ (Uni-e-s contre l'immigration jetable) lance un appel à manifester à Paris: "nous refusons toute politique d’immigration qui repose sur une logique répressive et xénophobe, nous condamnons les déclarations sur la démographie des populations africaines ou sur la prétendue incapacité de la majorité des Rroms à s’intégrer, nous dénonçons la persécution des Rroms ainsi que toute discrimination ou stigmatisation en lien avec l'origine ou la religion".

Dans le Nord, c'est encore plus compliqué.

Un collectif d'une centaine d'organisations du Nord-Pas-de-Calais, de Picardie, de Champagne-Ardennes avait annoncé dès le 4 novembre l'organisation de La semaine pour l'égalité et contre le racisme qui devait être couronnée le 30 novembre par La marche des dominés de Lille à Roubaix.

La marche nationale du 30 novembre a été annoncé une quinzaine de jours plus tard. Alors que SOS Racisme est organisateur au niveau national de cette marche, sa section du Nord a publié un communiqué intitulé La Marche du 30 novembre à Lille - Retrait de SOS Racisme Nord". Le motif? Une "dissidence" - populiste, forcément populiste: "SOS Racisme Nord déplore qu’un appel à manifester intitulé "Marche des Dominés" soit organisée le même jour mettant en concurrence les organisations, mettant en défaut les accords nationalement conclus, diluant le message antiraciste à des fins purement démagogiques.

Nous déplorons que la bannière et les affiches utilisées pour cette Marche ne soient pas celle décidée ensemble et nationalement, que l’esprit de la Marche n’est plus respecté dans la mesure où il devait être un message fort émanant de la société civile pour que chacun et chacune se retrouve derrière un unique message: la lutte contre le racisme.

Dans ces conditions et avec une vive émotion, SOS Racisme Nord ne démarrera pas le cortège ce Samedi 30 Novembre car nous refusons cette position de "dominés" car nous ne nous soumettrons ni ne répondrons à l’appel de positions populistes ".

Mais qu'est-ce qu'il leur prend, à ces "Dominés"? Pourquoi ne suivent-ils pas la bannière et les affiches nationales? Pourquoi veulent-ils maintenir leur projet antérieur?

C'est qu'à Lille, deux scandales de la politique locale de l'immigration n'en finissent pas de pourrir.

  • Il y a un an, un grève de la faim de plusieurs dizaines de travailleurs sans papiers démarrait pour tenter d'obtenir du préfet leur régularisation en tant que salariés.

    La grève de la faim a été suspendue le 16 janvier 2013, au 75ème jour, le Comité des sans papiers du Nord (CSP59) considérant que les nouvelles propositions du préfet permettaient une sortie de crise : un examen bienveillant des dossiers, prenant en compte les réalités personnelles du demandeur, un calendrier échelonné des examens et des réponses individuelles. Et une reprise du dialogue. Un peu plus tard, les neuf premières personnes du collectif qui on été régularisées ont bien reçu un titre de séjour, mais il portait la mention "visiteur", qui leur interdit de travailler...

    Fin octobre 2013, lors d'une nouvelle rencontre à la préfecture du Nord, le bilan est maigre : sur 130 dossiers, 128 ont été instruits ; on compte 93 refus et 35 régularisations. Et le CSP59 s'entend déclarer par le représentant du préfet que "les dossiers sont instruits avec bienveillance en tenant compte de toutes les réalités personnelles", mais que "la bienveillance, c'est l'application de la loi".

  • Un autre scandale, c'est l'abandon social dans lequel se trouve un groupe d'une centaine de Roms.

    "Le 28 octobre 2013, le campement des 4 Cantons (parking P4) a été démantelé à partir de 7 h 30. Toutes les caravanes emportées on ne sait où (sauf celles qui roulaient, escortées par des motards... "vers l'autoroute de Paris", sans plus de précision). Aucun travailleur social présent, aucune possibilité de dialogue avec les CRS, aucune information donnée aux militants. Et quand l'opération s'est achevée (vers 11 h), plus d'une centaine de Roms, dont de très nombreux enfants, des bébés, des femmes enceintes, des malades, se sont retrouvés livrés à eux-mêmes sous la station de métro 4 cantons, sans toit ni aucun moyen de transport. Juste quelques caddies avec des habits et de la nourriture. Il a fallu trouver à manger et que les étudiants de SUD imaginent une solution".

    Ils ont été accueillis à la bourse du travail de Lille. Ils y sont encore. Le collectif "Roms encore actuellement en lutte à la Bourse du travail" s'est organisé. Il s'insurge: "Depuis un mois, on n’a pas trouvé de solutions. Les syndicats discutent avec la direction de la cohésion sociale. Mais on est encore au même endroit. Réfugiés et accueillis à la Bourse du travail.

    La Bourse du travail n’est pas un logement. C’est un lieu de travail. Notre mode de vie, ici à la Bourse du travail, est très difficile et compliqué. Nous sommes bien accueillis par les syndicats, les militants, les bénévoles.

    Mais on empêche les syndicalistes de travailler. Ils perdent beaucoup de temps pour s’occuper de notre problème, alors qu’ils ont beaucoup de travail. Parce qu’il n’y a pas que nous, ici à la Bourse du travail, qui avons besoin de défendre nos droits.".

Sans résultat.

Martine et Jean-Claude Vernier

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