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Billet de blog 6 févr. 2013

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Sangatte, sans bottes et sans manteau

Il faut continuer à parler des migrants qui bivouaquent ou squattent comme ils peuvent aux alentours de Calais. Ils sont toujours là, guettant les départs de camions vers l'Angleterre - malgré tous les contrôles déployés certains arrivent encore à passer. L'aide à la survie - manger, s'abriter, communiquer - que leur apportent volontaires et organisations est toujours aussi difficile.

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Il faut continuer à parler des migrants qui bivouaquent ou squattent comme ils peuvent aux alentours de Calais. Ils sont toujours là, guettant les départs de camions vers l'Angleterre - malgré tous les contrôles déployés certains arrivent encore à passer. L'aide à la survie - manger, s'abriter, communiquer - que leur apportent volontaires et organisations est toujours aussi difficile.

Les arrivants sont de plus en plus jeunes. Et puis, il y a ceux qui abandonnent l'idée de la traversée et demandent l'asile à la France, auxquels la protection due aux demandeurs d'asile fait défaut. Ils sont originaires de pays en guerre, tels que l'Afghanistan, l'Erythrée, l'Irak, le Soudan et l'Iran.

Les abris se font rares: les locaux un peu spacieux susceptibles d'être squattés sont condamnés les uns après les autres.

Il y a deux distributions de nourriture par jour, un vestiaire une semaine sur deux. Les lieux autorisés pour la distribution de nourriture sont situés de sorte à rendre invisibles ces visiteurs indésirables.

Les bénévoles ne sont plus très jeunes, et il y a peu de relève. Mais les différentes organisation impliquées se réorganisent pour maintenir un accès aux services de base - dont internet, essentiel pour maintenir des liens.

Nous relayons un appel de Calais Migrant Solidarité.

"Nous avons désespérément besoin de vêtements pour hommes (surtout des chaussures et des vestes), couvertures, sacs de couchage, des tentes, et de l'argent pour acheter des matériaux tels que bâches, mais aussi le thé et le sucre, très importants pour se garder au chaud. Dix ans après la fermeture de Sangatte les conditions de vie des migrants à Calais ont dégénéré à des niveaux abyssaux. Dans le même temps le soutien des associations locales est défaillant, la plupart du temps par manque de bénévoles. Trouver des couvertures et des vêtements est devenu très difficile. Les organismes de bienfaisance grands semblent absents. Le BCMO (abri froid extrême) ne s'ouvre que par arrêté du préfet lorsque la température descend à -5°C la nuit ou reste négative dans la journée. En ce moment il fait très froid, avec du vent et de la pluie, mais pas assez froid pour que le préfet ouvre l'abri. Il y a environ 300 migrants à Calais, presque tous des hommes mais aussi des garçons mineurs, qui survivent dans des conditions épouvantables."

Calais Migrant Solidarité - Contact 0033 6454 65986 calais_solidarity@riseup.net

En 2011, le GISTI (groupe d'information et de soutien des immigrés) saisi le tout nouveau Défenseur des Droits sur les violences policières sur ces personnes. Le Défenseur des Droits, dans sa décision du 13 novembre 2012 dénonce clairement l’existence de violences policières dans le Calaisis. Il s’agit de leur première reconnaissance par une institution officielle, ce qui constitue une avancée appréciable.

Pour les franciliens: le GISTI organise une discussion publique samedi 9 février 2013 au Théâtre du Soleil, Route du Champ de Manœuvres 75012 Paris . Au programme:

1) Documents vidéo de 12h30 à 14h30 :

- « Sangatte ville ouverte » de Grégory Laville » (2002 – 53 minutes) sur l’époque du camp de Sangatte

- « 8 284 km à pied... ça use les souliers » (2012 – 46 minutes) du réalisateur afghan Mohamad Reza Sahibdad, réfugié en France

2) La compagnie Jolie Môme : un entracte de chansons politiques (de 14h30 à 15h)

3) Les violences policières dans le Calaisis : exposés et débat (de 15h à 17h)

Martine et Jean-Claude Vernier

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