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Billet de blog 7 juin 2010

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Migrants en marches

Des travailleurs étrangers sans droit au séjour marchent de Paris à Nice, d'autres quittent la marche de soutien au régime des retraites pour les marches de l'Opéra Bastille. D'autres encore mettent un pied dans la porte des ministères du travail ou des finances.

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Des travailleurs étrangers sans droit au séjour marchent de Paris à Nice, d'autres quittent la marche de soutien au régime des retraites pour les marches de l'Opéra Bastille. D'autres encore mettent un pied dans la porte des ministères du travail ou des finances. Et, chacun à son pas, leurs soutiens autochtones marchent avec eux.

L'occupation par des travailleurs sans papiers des marches de l'Opéra Bastille pendant une semaine avant d'en être délogés le 3 juin, puis ensuite du parvis, a donné un certain écho à leur revendication de vivre ici en paix et en règle. On trouvera ici un témoignage sur la journée du 3 juin.

Les 43 étrangers interpellés le 3 juin lors de l'évacuation des marches ont été relâchés. Mais Juliette, qui avait eu le tort de pester contre des contrôles de police aux abords de la place alors qu'elle quittait le rassemblement en fin d'après-midi, a été mise en garde à vue au commissariat du 11ème. Elle en est ressortie le lendemain avec une convocation du procureur, pour "outrage et violence". Place de la Bastille, la présence continue des soutiens locaux a permis aux travailleurs interpellés de venir reprendre leur place, évitant ainsi la dispersion. Pendant ce temps, la grève ne faiblit pas et de nouveaux piquets de grève sont mis en place. Et la discussion avec le ministère du Travail avance sans hâte excessive, sous l'oeil du ministère de l'Immigration.

Les marcheurs de Paris à Nice sont arrivés à bon port fin mai. Ils n'étaient les bienvenus ni pour le maire ni pour les organisateurs du sommet, mais leur message aux participants du sommet Afrique-France, que l'on peut résumer par " chassés d'ici, pillés là-bas", a été relayé. Leur traversée d'une partie de la France a souvent permis une découverte mutuelle avec une population fraternelle, ainsi à Chalons sur Saône.

Pour marquer ce même sommet, un autre groupe a occupé passagèrement le haut Conseil de la Francophonie à Paris:

"Par leur présence, les sans-papiers veulent rappeler aux chefs d'Etat africains la politique française d'immigration qui est menée, et pour dire qu'il est important que le sort de milliers de sans-papiers qui vivent ici soit abordé, maintenant ou jamais : les milliers de sans-papiers qui vivent dans la peur constante et sous la menace de rafles, des centres de rétentions et des expulsions, et servent de main d'oeuvre bon marché à la merci des pires exploitations."

Les 17 et 18 mai dernier, des membres de syndicats du Trésor et de diverses associations d'aide aux sans-papiers avaient tenu des permanences fiscales pour aider les travailleurs sans papiers à remplir leur déclaration.

"Le 31 mai, dans le cadre de la campagne « Non au racket sur les cotisations sociales, non à l'injustice fiscale », 200 travailleurs sans papiers munis de leurs déclarations de revenus se sont rendus au centre des Finances publiques du 16ème arrondissement de Paris en exigeant d'être reconnus comme des contribuables à part entière.

Ce centre avait été choisi car il a la particularité de rembourser énormément d'impôts aux plus aisés grâce au bouclier fiscal.

A l'issue de cette action, les manifestants ont rejoint les grévistes qui occupaient les marches de l'opéra Bastille jour et nuit depuis jeudi 27 mai. (...)

Après deux heures de manifestation, Bercy a accepté de tenir dans les prochains jours une réunion technique sur la situation des travailleurs sans papiers au regard de la fiscalité."

Les travailleurs sans papiers luttent depuis avril 2008, et plus intensivement encore avec la grève entamée en octobre 2009, pour obtenir une politique du droit au séjour moins insensée. Les actions engagent des groupes différents, pas toujours d'accord les uns avec les autres. Bien des travailleurs n'ont cure des concurrences et vont d'un groupe à l'autre.

Les soutiens se font de plus en plus nombreux, et ils sont divers. Ils ont leurs propres mouvances, leurs visions politiques, leurs modes d'action. Comme on est en France, ils ne craignent pas de s'entredéchirer à l'occasion. Mais le souci du destin des travailleurs sans papiers revient assez vite et assez fort pour que la marche ensemble continue. Les diverses manifestations de soutien se multiplient: projections de film, colloques, déjeuners sur l'herbe...

Martine et Jean-Claude Vernier

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