Familles géorgiennes expulsées de Bretagne sur un vol Frontex : rafles au petit matin

Les interpellations musclées de quatre familles, vues de l'intérieur. « Vous prendrez votre petit déjeuner en Géorgie »...

Nous avons fait écho ici à l'expulsion collective de 33 personnes géorgiennes cueillies chez elles le 4 octobre dernier, et de la manifestation de protestation qui a suivi à Rennes. Trois expulsés racontent leur arrestation, par internet et téléphone ; une quatrième famille en a réchappé : le père s'étant tailladé le bras a dû être conduit à l'hôpital, et la famille n'a pas été séparée.

Madame M. et son fils de 15 ans

« Tout l’hôtel était rempli de policiers avec des fusils, mon fils était totalement paniqué et j’avais très peur pour lui (j’avais montré les certificats médicaux aux policiers). J’ai été emmenée entre deux policiers qui me serraient comme si j’étais une très grande criminelle. » Lire plus:  (pdf, 29.7 kB).

Madame N. et sa fille de 11 ans

« Ma fille de 11 ans s’est cachée chez une voisine africaine et les policiers ont fouillé toutes les chambres. Lorsqu’ils l’ont trouvée, ils l’ont jetée dans la chambre comme une chienne. » Lire plus: (pdf, 25.4 kB)

Monsieur O.

« Une trentaine de policiers ont investi l’hôtel de nuit pour chercher deux familles, la mienne et une autre. Au début ils étaient calmes. Tout le monde a demandé à voir un médecin, un traducteur, des travailleurs sociaux et à pouvoir contacter les associations, ils nous ont dit « oui, demain matin » et ils nous ont forcés à partir. J’ai supplié les policiers de respecter nos droits. L’autre famille a résisté, alors ils ont appelé du renfort (une dizaine de camions je pense... pour deux familles !). Ils ont scotché les mains, les pieds et la bouche des adultes de l’autre famille, les enfants étaient terrorisés et criaient. » Lire plus: (pdf, 26.8 kB)

Giorgi, sa femme et leur fils

« La mère de famille tente de s'interposer pour protéger son fils, mais elle est brutalement menottée les mains dans le dos sur une chaise. Pendant ce temps, Giorgi se taillade les deux bras avec une lame de rasoir. (…) Un médecin a été réquisitionné. « C'est la seule bonne personne présente » plaisante Giorgi. (…) Le médecin demande aux policiers de conduire Giorgi à l'hôpital et cette fois-ci ils obtempèrent. » Lire plus: (pdf, 179.9 kB)

 

Informations recueillies par Martine et Jean-Claude Vernier
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