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Billet de blog 12 mars 2015

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Un cri

Une fois n'est pas coutume, nous reproduisons un appel du Comité des Sans Papiers des Hauts de Seine (CSP 92).

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Une fois n'est pas coutume, nous reproduisons un appel du Comité des Sans Papiers des Hauts de Seine (CSP 92).

L'emploi illégal de personnes étrangères n'est pas l'apanage des grands groupes ni des seuls métiers du bâtiment. Cette pratique courante est favorisée par l'application de plus en plus dilatoire et restrictive de règles de régularisation déjà très étroites.

Martine et Jean-Claude Vernier

***

Non au Racket  !  Non à l’esclavage moderne !

Non au mépris des préfectures

Le changement c’est maintenant !

Régularisation de tous les sans-papiers  

Le CSP 92 exige le changement promis pour tous par le Président de la République François Hollande, les sans-papiers font partie de cette France de TOUS, ils et elles  attendent le changement.  

Depuis 1996 nous menons une lutte acharnée, avec des actions fortes, des occupations, des grèves de la faim, et des marches, de promesses en promesses qui nous sont faites, mais voilà, le constat est toujours le même, laissant la population des sans-papiers à vivre et rester sans droits dans les sous-sols de la République dans ce pays de  liberté, égalité, fraternité, premier pays signataire de la convention de Genève des droits de l’homme.  

Le CSP 92 revendique haut et fort  qu’on reconnaisse aux sans-papiers le droit à une place digne dans la société civile française; ils et elles font partie de cette société économique de l’ombre.  

Le CSP 92 dénonce l’indifférence de la République et du Président de la République qui, à son tour, sert les sans-papiers sur un plateau aux patrons esclavagistes qui les exploitent sans état d’âme, avec un  racket autorisé aux  services préfectoraux. Une  situation  inacceptable de déni de droit et de justice, ce qui n’est pas à la hauteur et à  l’image de la France, celle des droits de l’homme.

Depuis toujours les sans-papiers sont la cible d’une répression politique aveugle des gouvernements qui se sont succédé. Chaque politique est inscrite dans la continuité de la précédente, tout cela afin d’isoler encore plus et pour toujours une population sans défense, celle des sans-papiers, en la poussant  dans la clandestinité et le trafic.  

En vingt ans, la France s’est enrichie d’un arsenal de lois et de circulaires à l’encontre de cette population fragile et vulnérable, tous les gros appareils de l’État contribueront à mettre à mal nos actions, et ce qui a été si difficilement et si durement acquis depuis 1996 par notre mouvement est remis en cause une fois de plus par ce nouveau gouvernement, exemples : la fin de la régularisation au titre de la vie privée et familiale, la fin de la régularisation au titre des dix années de présence, ainsi que la fin de la carte de [séjour valable] dix ans, cela est la preuve même de cette politique de l’indifférence et du mépris au service de la xénophobie à l’égard des sans-papier.  

Les sans-papiers souffrent horriblement de cet acharnement à grande échelle de cette  politique xénophobe. Les promesses de 2012, le  « Changement pour tous » (...),  hélas, encore un rêve de plus pour nous qui avons été bernés depuis des années par des marchands de rêves afin de changer l’existence de cette population des sans-papiers, ici en France, la réalité est là, avec ce constat qui dure depuis 1996 :  « Rien n’a changé ».  

Les sans-papiers ne peuvent se permettre de rêver, c’est pour cela que nous luttons pour ne plus être les enjeux des luttes politiques fratricides et électoralistes.  

Le CSP 92, revendique la présence des sans-papiers en France et en Europe en tant que ressortissants(tes) à part entière avec des droits, la liberté de circuler  sans peur, en les comptant parmi tous les travailleurs (ses) français françaises, et les ressortissants (tes) de l’Union européenne, sur un même pied d’égalité en leur accordant le droit à une installation durable, seule garante de l’égalité des droits sociaux avec les nationaux et les ressortissants (tes) communautaires.

Le changement ?

C’est : 

la régularisation globale de tous les sans-papiers 

avec une seule carte de dix ans

Ensemble nous vaincrons

Fait à Boulogne  le 9 mars 2015

CSP 92

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