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Billet de blog 12 juil. 2013

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Tous dehors! Mais pour aller où?

A Grenoble, comme en bien d'autres lieux, on assiste à un ratissage des pauvres qui tient lieu de politique de l'immigration. Des résidents étrangers, promis à l'expulsion de leur hébergement renforcée par une menace d'expulsion du territoire, interpellent le préfet.

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A Grenoble, comme en bien d'autres lieux, on assiste à un ratissage des pauvres qui tient lieu de politique de l'immigration. Des résidents étrangers, promis à l'expulsion de leur hébergement renforcée par une menace d'expulsion du territoire, interpellent le préfet.

"Les hébergements d'urgence hivernale maintenus ouverts après le 31 mars étaient menacés de fermeture, bien que de très nombreuses familles avec bébés et/ou jeunes enfants et des gens malades puissent du jour au lendemain se retrouver à la rue. La pression était très forte pour qu'ils partent d'eux-mêmes...

"Les résidents avaient décidé d'une manifestation (autorisée) le vendredi 5 juillet après-midi. Or, le vendredi matin, des employés préfectoraux et des policiers se sont installés dans le foyer Jules Vallès pour distribuer une soixantaine d'obligations de quitter le territoire français (OQTF), remises en main propre, et quelques assignations à résidence !

"A la fin de la manifestation, une délégation de cinq étrangers et une représentante des associations de soutien, a été reçue par M. Charlot, sous-préfet. A l'issue de l'entretien, la proposition d'une lettre ouverte a été retenue, rédigée par les membres de la délégation. C'est cette lettre que nous vous transmettons.

"Les délégués résidents étrangers et Simone Targe, du collectif isérois de solidarité aux étrangers migrants (CISEM) ."

LETTRE OUVERTE A M. RICHARD SAMUEL, PREFET DE L’ISERE

Après la manifestation du 5 juillet 2013

"Monsieur le Préfet,

"Nous faisons suite à la manifestation organisée après à la décision de fermeture des hébergements d’urgence restés ouverts au-delà du 31 mars.

"La régionalisation des demandes d'asile (ndlr: "régionalisation" se réfère ici à la concentration dans les préfectures de Région des demandes d'asile qui, avant 2009, pouvaient être enregistrées dans les préfectures de départements) fait que Grenoble est un point d’afflux de migrants et les hébergements sont largement insuffisants. Comment abolir cette régionalisation et ses méfaits ? Mais tant qu’elle est là, est-ce une raison de vider les foyers en distribuant des (obligations de quitter le territoire français (OQTF) à tour de bras et des assignations à résidence, faire peur à ceux qui n’en ont pas (encore ?) reçu pour les faire partir ? Tout cela pour faire de la place à de nouveaux arrivants ou les fermer, par économie, jusqu’à l’hiver prochain ?

"Des centaines de personnes se retrouvent à la rue et en danger, car on meurt autant dans la rue l’été que l’hiver, comme l’a récemment rappelé encore le collectif « Les morts de la rue ». Que vont devenir les femmes enceintes, les bébés, les jeunes enfants, les malades, pour lesquels vous ne prévoyez qu’une centaine de places pour les plus gravement atteints ? Pourtant, le traitement inhumain réservé aux étrangers ne peut que multiplier les pathologies liées aux mauvaises conditions de vie. Or, la grande majorité de ces migrants ne peut retourner dans son pays.

"Les étrangers ne demandent pas l’aumône, mais le droit de travailler, refusé pour l’instant, au moins en attendant le résultat de leur demande de titre de séjour. Ils subviendraient ainsi à leurs besoins et, le cas échéant, à ceux de leur famille. Ils pourraient louer un appartement sans prendre de place dans un foyer d’hébergement.

"Nous vous demandons ce que devient la décision sur les réquisitions de bâtiments vides ?

"Quelles seront vos décisions pour qu’il n’y ait pas, de votre fait, des centaines de personnes à la rue ?

"Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression des salutations citoyennes, de ceux qui vivent dans la citée.

"Les représentants de la délégation reçue par Monsieur le Sous-Préfet à l’issue de la manifestation"

Martine et Jean-Claude Vernier

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