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Billet de blog 12 sept. 2011

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"Le prix PAPON, nous l'avons pensé pour contribuer à la prise de conscience que notre monde n'est plus un monde d'humains, mais de chiens et de loups qui se battent à mort pour préserver leurs territoires, leurs os, leurs misérables existences…"

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"Le prix PAPON, nous l'avons pensé pour contribuer à la prise de conscience que notre monde n'est plus un monde d'humains, mais de chiens et de loups qui se battent à mort pour préserver leurs territoires, leurs os, leurs misérables existences…"

L'AAEL, L'Association pour l'Art et l'Expression Libres assume:

"Le Prix PAPON n'a tué ni spolié personne.

Le Prix PAPON, c'est une parole libérée, c'est le droit de dire, le droit de se révolter et de résister.

Nous revendiquons ce droit."

Les Prix Attribués Pour Obéissance Notoire” à des préfets et fonctionnaires ont fait l'objet le 8 septembre à Toulouse d'une cérémonie associant l'AAEL et un collectif local dont le RESF31 et la Cimade. La cérémonie, organisée dans un style classique de discours de notables, détaille les hauts faits dont peuvent s'enorgueillir des préfets en pointe dans la soumission aux ordres d'une hiérarchie qui a fait de la déroute des étrangers une priorité. Un de nos billets récents donnait quelques exemples de ces comportements (Qui est hors la loi? Les sans-papiers ou l'administration?) et le blog du RESF allonge la liste à tout moment.

En écoutant l'enregistrement de cette cérémonie, on se rend compte que la réalité dépasse les espérances.

On entend l'éloge du préfet du Pas de Calais, dont l'une des finesses serait de faire déposer les migrants raflés à plusieurs kilomètres du lieu de capture (distribution de nourriture, soins sanitaires,...) et de les laisser là, en emportant leurs chaussures, "pour que sur le chemin du retour, ils ressentent intimement à chaque pas, leur culpabilité de contrevenants aux règles de la République."

Ou le (pseudo)représentant du préfet de Mayotte déclarer, à propos de son palmarès de 26405 expulsions en 2010 et du millier de personnes qui se noient chaque année en tentant de traverser le détroit de Mozambique:

"Si le Comores [hors Mayotte, ndlr] étaient restées dans le giron de la France, nous n'en serions pas là!"

"Il faut mesurer les choses à l'aune des mentalités. Il faut savoir que, sous ces tropiques, la mort n'est pas ressentie avec la gravité qui est la nôtre. Je vous renvoie là-dessus au discours de Dakar de notre président."

L'humour passe mal, apparemment.

Non seulement du côté du ministre de l'intérieur, qui se déclare indigné, selon Le Parisien, presque dans les mêmes termes que dans Le Figaro, et révolté, selon LCI. Il "condamne avec la plus grande vigueur la comparaison ainsi faite entre l'action menée aujourd'hui par des préfets représentants de l'Etat et des actions commises pendant la Seconde Guerre mondiale qui ont valu à leur auteur une condamnation pour complicité de crimes contre l'humanité."

Mais, si la vidéo de cette initiative originale est reprise par des sites contestataires et circule sur les listes de soutiens aux étrangers privés de droit au séjour, la presse se montre peu intéressée.

A vous de juger si l'humour est une arme efficace et, si c'est le cas, de faire passer le lien.

Martine et Jean-Claude Vernier

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