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Billet de blog 12 déc. 2010

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Alerte à Mayotte, petite terre de France

Sordide histoire de ces destins brisés au nom de la lutte contre l’ «immigration clandestine….»Mais pourtant, ces clandestins n’ont pas vraiment immigré…Erreur fondamentale !! L’île d’à coté c’est comme une autre pièce de la maison familiale… par contre, clandestins, ils le sont devenus, sans papiers, malgré leurs dossiers toujours presque complets.

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Sordide histoire de ces destins brisés au nom de la lutte contre l’ «immigration clandestine….»

Mais pourtant, ces clandestins n’ont pas vraiment immigré…

Erreur fondamentale !! L’île d’à coté c’est comme une autre pièce de la maison familiale… par contre, clandestins, ils le sont devenus, sans papiers, malgré leurs dossiers toujours presque complets.

Mayotte fin novembre début décembre ....fin d’année 2010....presque 2011....

On a tort…. Eux, nous, moi…. On se trompe ….

On se retrouve enchevétrés dans une histoire gangrène dans cette île où le drapeau bleu blanc rouge flotte comme un paradoxe absolu.

On a tort et on le sait.

Les enfants du collège chantent la Marseillaise … so, what ?

Les cartes de visite des élus ont la même couleur…. so, what ?

Les fonctionnaires ont des primes… so, what ?

Bleu, blanc, rouge… Et glauque.

Ne pas se taire. Sordide histoire de ces destins brisés au nom de la lutte contre l’ «immigration clandestine….»

Des mots qui sentent le complot, le coup fourré, la prise de pouvoir….

Mais pourtant, ces clandestins n’ont pas vraiment immigré…

Erreur fondamentale !!

L’île d’à coté c’est comme une autre pièce de la maison familiale… par contre, clandestins, ils le sont devenus, sans papiers, malgré leurs dossiers toujours presque complets..... sans droits, cachés, perdus, retrouvés au CRA [centre de Rétention Administrative] ignoble.

Je voudrais hurler ma honte.

Je voudrais pleurer aussi sur tous ces humains bafoués.

Quand j’ai annoncé à Fatima le « pas question » de la préfecture, ses yeux se sont mouiillés, son bébé pleurait dans ses bras, sa petite hurlait à ses pieds… ils sentaient ce désespoir suinter partout…le destin des sacrifiés de l’histoire…. Déjà vu…

Je lui ai tendu le téléphone qui amenait la voix amie et rassurait sur le fil… J’ai pris la petite dans mes bras et ai commencé câlin, bercement léger… elle s’est endormie, serrée. Instant éternité douceur dans cette salle sordide pleine de femmes et d’enfants prèts à être déportés…

Too much pathos… wrong choice ! Try again.

Elle , la mère courage, elle a parlé, organisé, donné des noms et des adresses, ceux qui pourraient prendre en charge ses trois ainés, mineurs devenus isolés mais pas abandonnés car il s’agit d’un acte de courage et non d’abandon… laisser ceux que l’on aime pour leur donner une chance, le droit d’aller à l’école, surtout, l’école, la porte vers peut être l’avenir.

Déchirure violentissime et surtout…. inutile.

Et pourtant, l’observatoire des mineurs isolés se prépare à observer, se choquer, s’auto-alerter….

Comme si on ne savait pas nos responsabilités….

Il était temps..... temps de faire semblant de se réunir autour des corps encore chauds… odeur putride….

Erreur maligne….

Tumeur, gangrène…

Quelle vie violence, quelle vie de merde et de désespoir, de reconduites en retours risqués, de larmes en rages, de misères en survies avortées…. How long ?

Combien de temps encore peuvent ils se permettre ces non sens, ces atteintes aux droits fondamentaux, ces mépris affichés de l’humain…. How long ?

J’ai récupèré les carnets de santé des ainés, les certificats de scolarité, il y a même l’attestation de sécurité routière, les bouts de vie collés en étendard pour la douce France, cher pays de mon enfance… j’ai serré la petite princesse effondrée de douleurs inutiles… gâchis de l’histoire néo-coloniale.

Je suis sortie, douloureuse, j’ai rencontré le journaliste allemand qui cherche la frontière de l’Europe… je lui ai parlé aussi de ce père de 10 enfants renvoyé sans doute à tort… Il avait le même nom qu’un autre… Dupon D contre Dupon T cela serait quand même plus facile !

J’ai raconté cette autre famille expulsée sur délation, cet élève de terminale sauvé de justesse, cette autre fillette, bouille de bonne élève renvoyée contre son gré, prète à mentir pour inventer sa mère ici…

Qu’importe ! ici, l’Etat prend ses aises…

Et puis j’ai évoqué toutes ces autres histoires qui nous horrifient de jour en jour un peu plus…

Tout violemment, un grand pas après l’autre en route pour l’insupportable.

Droit bafoué... règles inventées ! Ordonnance d'exception!

Qui trompe ce 101ème département dalmatien en proie aux Cruellas mafieuses engeances ?

C'est quand qu'on va où ? Fuite en avant absurde...

Vous qui lisez ces mots, aidez nous.

Alertez sur Mayotte !

Nous sommes au bout du rouleau, loin de la métropole certes, bénévoles militants de la dignité humaine, témoins et surtout Citoyens résistants modestes…mais convaincus. Révoltons-nous contre ces arrestations arbitraires, dans des véhicules privés, sans mandat dans les bangas au fond de la nuit et contre ces « rafles » aux abords des écoles et des dispensaires, ce mépris des droits, ces abus… au nom de quoi ? Le chiffre étendard de la honte: 25000 !

Nous savons bien que la France ne peut accueillir toute la misère du monde, ce refrain facile, nous l’avons bien entendu. Mais. …

Oui, Mais………… elle se doit d’honorer son credo, elle a les moyens d’en prendre une partie de cette misère, elle a mission d’accompagner ses enfants scolarisés, d’absorber les erreurs de l’administration déboussolée et de reconnaitre les retards de dossiers de régularisation qui mènent à l’absurde expulsion. Basta !

Nous, citoyens, devons unir nos forces. Mayotte est un confetti de France dans l’océan indien, mais aussi une particule élémentaire symbolique d’un système.

Laboratoire répressif à surseoir….

Unissons nos témoignages d’une colonisation absurde et têtue, de cet arbitraire incroyable, de cette politique dispendieuse et dérisoire puisque quarante pour cent des personnes reconduites reviennent… A quoi bon ?

L’année se termine, quelques évasions ont soulevé le couvercle des craintes et la machine répressive menace de se crisper encore un peu plus.... et nous rêvons d’un relai juridique incisif, d’un soutien politique international, d'une île apaisée où on ne traiterait plus nos voisins comme des chiens.

Et on rentrerait chez nous, les yeux pleins de bleu du lagon retrouvé.

Sylvie de Petite Terre

[Ndlr: en Guyane, autre terre française sous loi d'exception, tous les moyens sont donnés à la machine à expulser.]

Martine et Jean-Claude Vernier

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