Fini de rire
Abonné·e de Mediapart

460 Billets

1 Éditions

Billet de blog 15 oct. 2010

Fini de rire
Abonné·e de Mediapart

Malheur aux familles étrangères

Abbes, père de deux fillettes françaises: bon à expulser!Ping, père de deux fillettes dans les Yvelines: bon à expulser!!Madame Berisha, mère d'un garçonnet élevé à Lyon: expulsée!!!

Fini de rire
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Abbes, père de deux fillettes françaises: bon à expulser!

Ping, père de deux fillettes dans les Yvelines: bon à expulser!!

Madame Berisha, mère d'un garçonnet élevé à Lyon: expulsée!!!

Trois situations relatées cette semaine par le Réseau Education Sans Frontières (RESF).

"Maryam, petite fille de 3 ans, Française par naissance, s'est rendue la semaine dernière accompagnée de sa mère et de sa petite sœur Sarah Malika, à la prison pour étrangers de Vincennes. Que peut bien faire une famille française dans un centre où sont retenus les étrangers considérés comme "indésirables" aux yeux des préfets ? Depuis le 28 septembre 2010, Abbes ZAOUI, le papa de Sarah Malika et Maryam y est enfermé sur décision du préfet des Hauts de Seine".

Etant le père d'enfants françaises qu'il élève avec leur mère, il a droit à un titre de séjour, ce qui semble la moindre des choses. Et pourtant, il est en voie d'expulsion.

"[Il] a été présenté le 9 octobre au consulat d'Algérie à Nanterre pour que soit délivré à l'administration française le laissez-passer qui le conduira contre son gré vers l'Algérie, une destination qu'il n'aura pas choisie. Lors de la visite au centre de rétention, Maryam a refusé de partir et c'est en larmes qu'elle a été séparée de son père. Elle ne dort plus depuis deux jours, littéralement tétanisée à l'idée de ne plus revoir son père. (…) Aussi invraisemblable que cela soit, il ne reste plus à cette famille que [la] mobilisation pour lui permettre de rester réunie. (…)

L'Assfam (l'association chargée d'aider les retenus pour accéder aux maigres droits que leur reconnait encore la loi, ndlr) a saisi la défenseure des enfants hier. Le maire de Clichy Sous Bois a intercédé en sa faveur aujourd'hui auprès de la préfecture et du consul. La mobilisation de l'école est en cours".

On en est là en ce 14 octobre 2010.

Encore le 14 octobre. "Ping et Limei Yang sont Chinois, arrivés en France il a plus de huit ans. Ils s’y sont rencontrés, se sont plu, se sont mariés et ont eu deux enfants, Claire qui a maintenant 4 ans et Céline qui en 2. La vie banale et heureuse d’un jeune couple qui s’aime, travaille, élève ses enfants. (…)

Le 5 octobre, Ping Yang s’est rendu en forêt pour ramasser des châtaignes. Ce n’est pas un délit ! Il s’est pourtant fait contrôler, arrêter, placer en garde à vue, fouiller puis emprisonner au centre de rétention de Plaisir (ça ne s’invente pas !). Une décision de la Préfète des Yvelines qui, comme tous les préfets du pays, reçoit en début d’année un nombre d’expulsions à réaliser, à l’unité près. Et qui se fait rappeler à l’ordre et menacer de ne pas percevoir sa prime de 60 000 deniers.

Voilà pourquoi deux fillettes de 2 et 4 ans risquent de perdre leur père, expédié à l’autre bout du monde. A n’en pas douter, elles et leur mère auront une vie extrêmement difficile. Quant au père, Ping Yang, il va en baver aussi. La Chine emprisonne ceux qui sont expulsés. Puis, quand il sortira de prison, il fera ce que tout individu digne d’estime ferait dans sa situation : il fera l’impossible, prendra tous les risques, s’endettera pour des années pour revenir retrouver sa femme et ses enfants".

Toujours le 14 octobre. "Skiffter, arrivé en France à l'âge de quatre mois et demi, suit sa scolarité à Lyon, d'abord en école maternelle et maintenant au CP à l'école Michelet dans le 2ème à Lyon. Arrêtée en septembre avec son fils, Madame Berisha et l'enfant ont passé 48 heures au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Lyon. Ils en sortent le 18 septembre car le Juge des Libertés, celui dont la future loi Besson veut réduire l'action, ordonne leur libération. La Préfecture fait appel de cette décision insupportable pour elle ! Le 22 septembre, à l'issue de l'audience, la police arrête Madame Berisha sur son lieu de résidence et la conduit au CRA où elle est enfermée, sans son fils cette fois !

Madame Berisha, a été expulsée mercredi 6 octobre au matin alors que la cour d'appel devait statuer sur le refus du titre de séjour le lendemain, 7 octobre. Personne n'a été prévenu de cette expulsion, ni la famille, ni même l'avocate, ni le juge (qui a découvert cette expulsion à l'audience !).

L’expulsion a eu lieu malgré les conclusions du rapporteur de la République - que l'avocate a pu consulter dès mercredi après l'expulsion et qui sont favorables à Madame Berisha, puisqu'elles estiment que la préfecture "a fait une erreur substantielle en rendant une ordonnance illégale et qu'en conséquence, il devait y avoir injonction faite de délivrer des cartes de séjours au couple Berisha". Madame Berisha doit en effet avoir en France un suivi médical rigoureux ; monsieur Berisha a besoin de soins, également impossibles au Kosovo. Le préfet avait tout simplement confondu la Serbie avec le Kosovo! Un détail....!

Madame Berisha et son mari sont des Albanais du Kosovo. Ils l'ont fui à la suite de violences.".

A voir ce que l'on peut déjà faire avec la loi actuelle sur les étrangers, on se demande s'il est bien nécessaire de chercher à la "perfectionner"...

Martine et Jean-Claude Vernier

--

Deux clics: pour les billets récents de Fini de rire et le sommaire complet du blog.

Et un troisième pour être informé par courriel de la mise en ligne des nouveaux billets.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Politique
À La France insoumise, le flou de la réorganisation suscite des inquiétudes
Si des garanties sont données aux militants insoumis en vue d’améliorer l’implantation locale du mouvement, la composition de la nouvelle direction, restée jusque-là à la discrétion d’une poignée de cadres, fait craindre de mauvaises surprises.
par Mathieu Dejean et Pauline Graulle
Journal — Éducation et enseignement supérieur
Une école plus si obligatoire
Pour faire face à la menace de coupures d’électricité cet hiver, le gouvernement a brandi une possible fermeture des écoles le matin, au coup par coup. Cette politique repose, trois ans après l’épidémie de Covid, la question de l’obligation d’instruction des enfants, un principe sans cesse attaqué.
par Mathilde Goanec
Journal — Énergies
EDF face aux coupures d’électricité : la débâcle énergétique
Jamais EDF ne s’était trouvée en situation de ne pas pouvoir fournir de l’électricité sur le territoire. Les « éventuels délestages » confirmés par le gouvernement attestent la casse de ce service public essentiel. Pour répondre à l’urgence, le pouvoir choisit la même méthode qu’au moment du Covid : verticale, autoritaire et bureaucratique.
par Martine Orange
Journal
Les gueules noires du Maroc, oubliées de l’histoire de France
Dans les années 1960 et 1970, la France a recruté 80 000 Marocains pour travailler à bas coût dans les mines du Nord et de la Lorraine. La sociologue Mariame Tighanimine, fille d’un de ces mineurs, et la journaliste Ariane Chemin braquent les projecteurs sur cette histoire absente des manuels scolaires. 
par Rachida El Azzouzi

La sélection du Club

Billet de blog
Mourir en démocratie — La fin de vie, une nouvelle loi ? (le texte)
Les soins palliatifs, et donc la sédation, ont désormais des alliés ne jurant que par eux pour justifier l’inutilité d’une nouvelle loi. Mais les soins palliatifs, nécessaires, ne sont pas une réponse à tous les problèmes. Si c'est l'humanité que l'on a pour principe, alors l'interdit actuel le contredit en s'interdisant de juger relativement à des situations qui sont particulières.
par Simon Perrier
Billet de blog
Récit d'une mort réussie
Elle avait décidé de ne plus souffrir. En 2002, La loi sur l'euthanasie venant d'être votée aux Pays-Bas elle demanda à être délivrée de ses souffrances.
par françois champelovier
Billet de blog
Fin de vie, vite
Le Comité Consultatif National d’Éthique considère « qu’il existe une voie pour une application éthique d’une aide active à mourir, à certaines conditions strictes, avec lesquelles il apparait inacceptable de transiger ». Transigeons un peu quand même ! Question d’éthique.
par Thierry Nutchey
Billet de blog
Fin de vie : faites vivre le débat sur Mediapart
En septembre dernier, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis qui rebat les cartes en France sur l'aide active à mourir, en ouvrant la voie à une évolution législative. Conscient que le débat autour de la fin de vie divise la société, le président de la République lance un débat national. Nous vous proposons de le faire vivre ici.
par Le Club Mediapart