« Accueil » des migrants : l'été du bétonnage

D'un côté, des mineurs isolés non protégés au mépris de la loi parce qu'étrangers, des demandeurs d'asile non hébergés au mépris des engagements internationaux. De l'autre, des autorités tétanisées, s'obstinant dans une fermeture incompréhensible.

D'un côté, des mineurs isolés non protégés au mépris de la loi parce qu'étrangers, des demandeurs d'asile non hébergés au mépris des engagements internationaux. De l'autre, des autorités tétanisées, s'obstinant dans une fermeture incompréhensible.

 Cela se passe en ce moment même à Nantes : le conseil départemental de Loire-Atlantique refuse toujours de prendre en charge des mineurs isolés étrangers, au mépris de ses obligations légales et de plusieurs injonctions du tribunal. L'histoire est racontée ici et .

À Tours, le bras de fer s'éternise depuis le 19 juin dernier, quand des demandeurs d’asile ont décidé de sortir de l’invisibilité dans laquelle l’État cherche à les maintenir. trente-trois d’entre eux ont dressé un campement au Sanitas, un square de la ville Voir ici le résumé des premiers épisodes d'une histoire interminable.

Deux mois plus tard, rien n'a bougé. Pris entre le mépris et les belles phrases, les réfugiés du campement du Sanitas et, avec eux, les personnes solidaires perdent patience :

«                       Campement du Sanitas. Dignité et colère : rassemblement de soutien aux exilés

Mardi 18 août marquera le 61ème jour de l’installation du campement d’exilés au Sanitas. Depuis deux mois, les pouvoirs publics n’ont pas levé le petit doigt malgré les promesses faites devant le conseil municipal du 6 juillet.

La stratégie de pourrissement choisie par la mairie et la préfecture a des conséquences graves sur les conditions de vie, sur la santé et sur le moral des réfugiés.

Le maire de Tours est venu le mercredi 12 août sur le campement. A ce moment-là, il a pris publiquement et devant les exilés deux engagements :

- une solution pérenne de logement pour toutes les personnes ;

- un contrôle d’hygiène à l’hôtel ... (marchand de sommeil qui se nourrit en assurant une fonction d’hébergement d’urgence pour le 115).

Le maire doit rencontrer le préfet le 24 août pour évoquer la situation et trouver des solutions.

Il a clairement indiqué que les dossiers des réfugiés seront évalués au cas par cas. Cette individualisation des situations est inacceptable : on ne peut réduire les personnes survivant sur le camp à des dossiers administratifs dans une gestion bureaucratique, donc inhumaine.

Nous ne savons que trop bien comment certains supplétifs associatifs fonctionnent, appliquant servilement les directives de l’État et justifiant la précarité de l’hébergement en remettant des familles à la rue pour en héberger d’autres.

Lors de sa venue, le maire de Tours a laissé augurer la poursuite de cette gestion purement administrative en interrogeant les migrants sur les moyens de leur arrivée en France et à Tours.

Dans ces conditions, il nous est difficile d’avoir confiance, et nous voulons amplifier la pression pour forcer les pouvoirs publics à prendre enfin leurs responsabilités en logeant de façon pérenne et digne, tout le monde et sans condition.

Nous appelons à venir au rassemblement organisé le mardi 18 août, à 18h00 devant la mairie de Tours avec tous les moyens de nuisance sonore possibles et imaginables, pancartes, etc. »

Est-ce une exception qui confirme la règle ? À Amiens, sous la pression d'une large mobilisation, les autorités ont fini par prendre des dispositions tout simplement humaines : six mineurs étrangers sans famille en France, internes dans des lycées de la ville pendant l'année scolaire, ont échappé à la mise à la rue pour les vacances d’été. Lire ici une histoire qui finit bien,... mais jusqu'à quand ?

Martine et Jean-Claude Vernier

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