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Billet de blog 18 juil. 2012

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Régularisé en septembre... si pas déjà expulsé en juillet

On annonce pour septembre des dispositions nouvelles permettant la régularisation du séjour des étrangers sur des critères tels que "la présence en France, la situation par rapport au travail, la scolarisation des enfants, les attaches familiales". En attendant, les tentatives d'expulsion de pères de famille sans papiers continuent.

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On annonce pour septembre des dispositions nouvelles permettant la régularisation du séjour des étrangers sur des critères tels que "la présence en France, la situation par rapport au travail, la scolarisation des enfants, les attaches familiales". En attendant, les tentatives d'expulsion de pères de famille sans papiers continuent.

On respire! Le président de la République a répondu à la lettre ouverte de 26 organisations (plus des centaines de signataires) qui le pressaient de mettre en oeuvre une nouvelle politique à l'égard des étrangers. il se dit "déterminé à mener une politique républicaine, conforme aux valeurs de la France, en adoptant des mesures lisibles et transparentes". Surtout pas de précipitation, les valeurs de la France sont éternelles.

Et pendant ce temps-là...

Le 2 juillet 2012, un Capverdien de 36 ans vivant en France depuis 11 ans, se rendait en voiture sur un chantier. Il est contrôlé, placé en garde à vue puis déféré au parquet de Meaux pour usage de faux. Après de trop nombreux échecs dans ses démarches en vue de régulariser sa situation administrative, il avait fini par se procurer des papiers. Il écope d'une Interdiction du Territoire Français d'un an et il est placé au centre de rétention (CRA) du Mesnil Amelot en vue de son expulsion. Il en sortira le 8 juillet sur décision du juge des libertés et de la détention (JLD) de Meaux statuant sur l'irrégularité de la procédure de l'interpellation. Il retrouve sa compagne et leur fillette de 3 ans et demi. Il reprend son travail et les déplacements qu'il implique. Une semaine plus tard, passager d'un véhicule, alors qu'il se rend sur un chantier, il fait de nouveau l'objet d'un contrôle routier au même endroit et par le même agent de police qui le reconnaît, et connait sa situation administrative. Aux dernières nouvelles, il est toujours sous la menace d'une expulsion, alors que ses attaches personnelles et familiales sont en France, auprès de sa compagne, de ses enfants et de ses sept frères et sœurs, résidents réguliers dont trois sont Français.

Le 16 juillet 2012, un Ivoirien qui vit en Europe depuis 12 ans avec sa femme et leurs trois enfants est arrété suite à un contrôle de véhicule effectué par la gendarmerie de Chelles. Transféré au centre de rétention administratif du Mesnil-Amelot, il était destiné à être expulsé... vers l'Italie, pays où il a séjourné jusqu'en 2008 et qu'il a dû quitter à la suite des menaces racistes qui pesaient sur la famille et de la difficulté de trouver du travail. Les enfants sont des écoliers comme les autres; l'ainée passe en 5eme à la rentrée, le cadet passe en CE2 et la petite de 3 ans intègre la maternelle. Lui travaille comme chauffeur poids lourd de plus de 35 tonnes et son employeur, qui apprécie ses compétences professionnelles, est tout a fait déterminé à le garder à son poste. Il aura fallu la détermination d'élus et de proches du RESF pour obtenir sa libération du centre de rétention.

Et pendant ce temps-là, là-bas à Mayotte, un deuxième CRA va être construit d'ici fin 2014. En effet, comment parvenir à expulser 26405 personnes dont 5389 enfants (chiffres de 2011) avec un tout petit CRA de 60 places? Selon une source gouvernementale, "Le CRA actuel présente des conditions indignes, donc un projet de construction d'un nouveau CRA est en cours, la livraison est prévue fin 2014". Là aussi, on respire: les expulsions pourront alors se faire de façon "conforme aux valeurs de la France".

Martine et Jean-Claude Vernier

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