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Billet de blog 19 mai 2010

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Travailleurs sans papiers: ça bouge

Après sept mois d'une grève obstinée, il semble qu'une discussion s'amorce avec le pouvoir sur des conditions réalistes de régularisation des travailleurs auquel le droit au séjour est jusqu'ici refusé. Et les marcheurs sans papiers de Paris à Nice sont arrivés dans la vallée du Rhône.

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Après sept mois d'une grève obstinée, il semble qu'une discussion s'amorce avec le pouvoir sur des conditions réalistes de régularisation des travailleurs auquel le droit au séjour est jusqu'ici refusé. Et les marcheurs sans papiers de Paris à Nice sont arrivés dans la vallée du Rhône.

Y aurait-il un frémissement du pouvoir en réponse à la grève de quelque 6000 travailleurs sans papiers, entamée en Ile de France en octobre 2009? Malgré sa durée et le manque d'écho, la grève ne s'enlise pas. Ainsi un nouveau piquet de grève vient-il d'éclore sur un chantier de la rue de la Chaussée d'Antin à Paris.

Les grévistes ne demandent que le droit d'être ici, alors qu'ils participent à notre société par leur travail et en payant leurs impôts.

Leur mouvement n'a pas déchainé les ardeurs médiatiques, mais il dure, et les interpellations et manifestations répétées semblent avoir fini par grignoter le mur d'indifférence des autorités.

Le 12 mai, une tribune est parue dans Le Monde, demandant des critères clairs et objectifs de régularisation des travailleurs sans papiers, signée par une ensemble d'organisations et d'universitaires qui affirment: "L'emploi d'étrangers sans titre de séjour valable est une réalité économique aujourd'hui dans de nombreuses branches et entreprises de notre pays. Cet appel commun, inédit par la diversité de ses signataires, est nécessité par le caractère sérieux, sensible et complexe de cette question, qui dépasse les clivages habituellement constatés dans notre société. La suite est ici.

Après une réunion préalable le 10 mai 2010 entre la CGT et le ministère du travail, les cinq syndicats organisateurs de la grève (CGT, CFDT, Solidaires, FSU, UNSA ) ont rencontré le 14 mai des représentants des ministères de l’Immigration et du Travail, avec une belle mobilisation aux portes du lieu de rencontre. Au delà des conditions très étroites de régularisation retenues par la circulaire du 24 novembre 2009, il s'agit de prendre en compte les conditions réelles de travail imposées par l'irrégularité du séjour (travail au noir, multi-employeurs, intérim, etc).

La prochaine rencontre est prévue le 20 mai. "Négociation" pour les travailleurs et leurs soutiens, simple "réunion technique" pour le ministère de l'Immigration, l'important est que les discussions ont repris. Ce que veulent les travailleurs, les syndicats et les associations engagés, c'est « un texte précis, opposable, qui puisse être appliqué partout » pour sortir de l'opacité du bon - ou mauvais - vouloir des préfets.

Ce même 20 mai est prévue une rencontre avec l’Agence Nationale du Service à la Personne et un représentant du ministère des Finances (section Emploi).

Pour les grévistes, rien n'est encore gagné mais, s'ils ont pu tenir sur la durée, avec des loyers et des impôts à payer, des familles à nourrir au pays, et parvenir après sept mois à arracher l'ouverture de discussions, c'est que leur détermination a trouvé un écho et un soutien efficace des syndicats et des associations engagés à leurs côtés, et la participation de nombreux citoyens au comités de soutien qui se sont constitués, organisant des collectes, des vide greniers, des concerts, des manifestations diverses, et pas seulement sur place. Par exemple, à Marseille.

Une écoute et une bonne volonté des Français que les sans-papiers de la marche Paris-Nice ont pu re-découvrir en traversant une partie du pays. Ils étaient le 7 mai à Dijon, du 13 au 15 mai à Lyon. Ils sont attendus à Valence le 19 mai, en Avignon le 24, à Marseille le 27, et le 30 à Nice. La presse locale s'intéresse parfois à l'entreprise; la nationale, bien peu...

Martine et Jean-Claude Vernier

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