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Billet de blog 20 mai 2012

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Une visite au centre de rétention

Le samedi 19 mai 2012 le ministre de l'Intérieur s'est rendu au centre de rétention du Mesnil-Amelot, proche de l'aéroport de Roissy, dernière étape avant l'expulsion pour les étrangers qui n'ont pu régulariser leur situation administrative.

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Le samedi 19 mai 2012 le ministre de l'Intérieur s'est rendu au centre de rétention du Mesnil-Amelot, proche de l'aéroport de Roissy, dernière étape avant l'expulsion pour les étrangers qui n'ont pu régulariser leur situation administrative.

L'information de l'AFP est relayée par Le Figaro, qui poursuit: "En charge de l'immigration, Manuel Valls entendait "faire le point sur les conditions d'accueil et de fonctionnement de ce centre de rétention", selon le ministère. Il s'est entretenu avec "toutes les personnes qui étaient là, des policiers, des infirmiers, des médecins", mais également des étrangers retenus, a indiqué le ministère sans plus de précision".

"Toutes les personnes qui étaient là", la phrase est tout sauf innocente. En effet, il manque dans l'énumération les salariés des associations chargés de l'assistance juridique aux personnes retenues.

Selon La Cimade, l'une des cinq associations habilitées par le ministère de l'Intérieur, leur mission "consiste d’abord et avant tout à s’entretenir avec les étrangers retenus afin de les aider à comprendre les procédures complexes du placement en rétention et de l’éloignement du territoire et à établir un bilan et un diagnostic de leur situation individuelle. Sur cette base, l’intéressé décide ensuite des démarches qu’il souhaite entreprendre : recours auprès du tribunal administratif, appel, demande d’asile, etc. Les acteurs [de l'association] se transforment alors en écrivain public, aidant les étrangers à rédiger leurs requêtes, établissant le lien avec les avocats, préparant les audiences en contactant familles et amis afin que les pièces nécessaires soient produites en temps voulu, etc". En effet, même sous le coup d'un ordre d'expulsion, il reste aux étrangers le droit de contester la mesure qui les frappe, et les tribunaux savent les faire relâcher lorsque des irrégularités de forme ou de fond leur sont démontrées.

Dommage pour le ministre, il n'a pas pu les rencontrer pour "faire le point sur les conditions d'accueil et de fonctionnement de ce centre de rétention": le samedi et le dimanche, ils ne sont pas de service!

Avec tout le respect dû à sa fonction, nous proposons ici au ministre quelques pistes pour s'informer de ce qui se passe dans les CRA.

Les cinq associations que le ministère de l'Intérieur avait tout d'abord mises en concurrence pour l'obtention des marchés de l'assistance juridique, ont tenu à s'entendre pour la publication commune en 2011 de ce qu'ils qualifient comme un rapport sans complaisance sur les réalités de la rétention. La Cimade, en charge au CRA du Mesnil-Amelot, poursuit son témoignage par la publication d'une série de Crazettes.

Après l'arrêt officiel de l'importation de travailleurs étrangers en 1974, l'histoire des centres de rétention remonte aux années 1980, tout comme celle de l'assistance juridique aux étrangers pris dans la nasse. Plus de détails ici. On y apprend que c'est "le gouvernement" qui confie cette mission d'accompagnement à des associations contractantes. Si le ministre de l'Intérieur a jugé inutile de les rencontrer dans sa visite du 19 mai, peut-on en conclure que dorénavant la mission de ces associations relèvera du ministère de la Justice, ce qui serait logique, puisqu'il s'agit pour les personnes menacées d'expulsion imminente de requérir la protection de la justice...

Martine et Jean-Claude Vernier

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