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Billet de blog 20 juin 2012

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Citoyens, laissez donc l'accueil des demandeurs d'asile à l'administration!

Après avoir méthodiquement mis en oeuvre son hostilité envers les étrangers venus chercher refuge en France, le gouvernement d'avant avait fini par couper les ailes d'associations qui refusent de devenir ''un outil de gestion des flux'' et persistent à accomplir un accueil, qui est une fonction d'Etat, de façon fraternelle. Pour l'heure, pas de changement.

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Après avoir méthodiquement mis en oeuvre son hostilité envers les étrangers venus chercher refuge en France, le gouvernement d'avant avait fini par couper les ailes d'associations qui refusent de devenir ''un outil de gestion des flux'' et persistent à accomplir un accueil, qui est une fonction d'Etat, de façon fraternelle. Pour l'heure, pas de changement.

Nous rappelions récemment le délitement persistant de l'accueil des demandeurs d'asile – qui relève toujours du ministère de l'Intérieur, dans la continuité de l'une des réformes du précédent président de la république.

Des associations oeuvrent, avec le soutien partiel de subventions, pour soutenir et éclairer les démarches auxquelles sont astreints les demandeurs d'asile: trouver une adresse de domiciliation pour recevoir les courriers de l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides), comprendre et se faire comprendre dans une jungle administrative qui n'est pas, elle non plus, sans pièges.

Dom'Asile, un réseau d'associations gérant un dispositif commun de domiciliation des demandeurs d'asile sur la région Île-de-France, est l'une d'entre elles. Avec une poignée de salariés et de nombreux intervenants bénévoles, elle assiste 8000 demandeurs d'asile. Eh bien, sans doute pour honorer une dernière fois la devise de la république, dans un bel élan de fraternité, le ministère de l'Intérieur sortant a décidé de renforcer l'égalité entre les demandeurs d'asile, en annulant la subvention de l'année de 2012: il n'y a pas de raison que certains demandeurs d'asile soient mieux aidés que les autres...

Dom'Asile perd ainsi plus des deux tiers de son financement habituel: ''Par un courrier du 22 mai [2012], la DRIHL de Paris (ndlr. hébergement et logement), soutien historique de Dom’Asile et sa principale source de financement, a annoncé qu’elle coupait l’intégralité des crédits à notre association à partir de cette année.  

Plus inquiétant encore, la lettre nous apprend que, à l’échelle nationale, l’intégralité des fonds étatiques et européens dédiés à l’accueil des demandeurs d’asile seraient réservés au dispositif de premier accueil des demandeurs d’asile financé par l'OFII (ndlr. Organisme du ministère de l'Intérieur). Pour Dom’Asile, c’est l’annonce de la perte des Fonds Européens pour les Réfugiés (FER) dont elle bénéficiait depuis 2006.

D'autres associations refusant un ivellement par le bas de leurs missions connaissent les mêmes coupes drastiques''. Et pourtant, ''l'argent pour l'accueil ne manque pas, le Fonds Européen pour les Réfugiés, prévu pour aider la France à tenir ses obligations en la matière, a augmenté de 35% en 2012''.

Dom'Asile a engagé une riposte au niveau du gouvernement, avec les soutien d'élus locaux et régionaux. Il lance un appel pour pouvoir continuer à accueillir tous les exclus du dispositif financé. Ils commencent à recevoir des personnes rejetées d'autres structures juste après un premier refus de leur demande (bangladais, soudanais en particulier), or sans adresse pas de recours possible. Comment sera-t-il possible d'accueillir tout ce monde?

Pour en savoir plus sur la réforme de l’accueil des demandeurs d’asile, vous pouvez vous rendre sur le site de la Coordination Française pour le Droit d’Asile (CNDA) pour consulter :

- la lettre au Cabinet du Ministère de l’intérieur à propos du référentiel des plateformes (octobre 2011),

- la proposition de contre-référentiel de la CFDA (novembre2011).

Martine et Jean-Claude Vernier

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