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Billet de blog 21 juin 2009

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France, terre promise

On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise : la famille dont nous relations les tribulations a gagné le droit de commencer une nouvelle vie parmi nous.

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On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise : la famille dont nous relations les tribulations a gagné le droit de commencer une nouvelle vie parmi nous.

Le 23 avril dernier, nous avions laissé la famille C. le cul entre deux chaises : la préfecture et l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) se renvoyaient mutuellement la responsabilité du premier pas pour mettre en œuvre la loi. L’OPRA à la préfecture : ‘’ Tu leur donnes un titre de séjour d’un an, et je transfère du Danemark en France leur statut de réfugié, après quoi tu pourras leur délivrer un titre de résident, valable dix ans’’. La préfecture : ‘’Tu n’as rien compris ! Tu as reconnu la réalité des persécutions subies au Danemark, tu dois donc leur accorder directement le statut de réfugiés. Je leur donnerai alors un titre de résident’’. Les deux administrations relèvent pour ces matières du même ministère de l’immigration, et chacune doit tenir des objectifs chiffrés de refus. Cela crée une saine émulation entre les services.

Le point de vue de la préfecture a prévalu, enfin. Depuis le 18 juin, monsieur et madame C. ont le droit de vivre en France. Et, un bonheur ne venant jamais seul, ils ont aussi le droit de travailler – alors que, de plus en plus, les préfectures accordent un droit au séjour par tranches de trois mois, sans droit au travail.

A eux maintenant les joies des autres administrations. Un exemple : étant infirmiers diplômés dans leur pays, ils ont le droit d’exercer ici le métier d’aides soignants (et les médecins seront infirmiers). Pour cela ils doivent d’abord obtenir l’agrément de la DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales). Renseignements pris, la prochaine session d’agrémentation dans leur département se déroulera de novembre 2009 à janvier 2010, sans délivrance d’autorisation provisoire en attendant. Pile un an après le début de leurs démarches de demande d’asile ! Pour accéder aux promesses de la loi, il leur aura fallu survivre toute une année dans l’informel.

Leur première tentative de rejoindre la France remonte à près de cinq ans, alors qu’ils étaient au Maroc, reconnus comme réfugiés par le HCR (l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés) mais gravement menacés. Depuis deux ans, ils ont été aidés dans leurs démarches multiples par deux douzaines de personnes d’une dizaine d’associations et organismes. D’échec en échec jusqu’à la victoire finale ! Et ils ont dû compter sur la solidarité pour survivre, tandis que l’Education Nationale accueillait leurs quatre enfants dans ses écoles, collèges et lycées, sauvant ainsi leur avenir. Ces réalités sont bonnes à rappeler. Au-delà du schématisme des discours gestionnaires, il y a les valeurs tout simplement humaines de sens de la justice, de fraternité, de courage, de persistance, de foi en l’avenir.

Martine et Jean-Claude Vernier

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