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Billet de blog 22 janv. 2016

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Ados étrangers sans famille laissés sans toit

De Paris à Nantes, de Nantes ou ailleurs à Paris, des jeunes, déposés là à l'issue d'un voyage de tous les dangers, sont laissés ou maintenus dans une situation de précarité et de danger déshonorante.

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A Nantes, des jeunes mineurs isolés étrangers sont en danger, selon le Collectif « Uni-e-s Contre une Immigration Jetable ».

"Ils arrivent d’Afrique, du Moyen Orient, d’Afghanistan, du Pakistan, du Bengladesh…

Ils ont fui des zones de combat, la misère, la dictature, l’enrôlement forcé…

Ils ont voyagé dans des conditions effrayantes.

Ils sont mineurs, ils sont seuls.

Ils veulent vivre dans un pays en paix, ils veulent aller à l’école, ils veulent se former.

En France, comme dans la plupart des pays qui ont signé la convention internationale des droits de l’enfant, ils ont droit à la protection (article 221-1 du code de l’action sociale et des familles) parce qu'en danger du fait de leur isolement. Cependant :

- Le statut de mineur est contesté pour un grand nombre d’entre eux. Après des évaluations rapides et superficielles, ils sont déclarés majeurs, et sortis brutalement des hôtels où ils étaient logés le temps de l’évaluation. Et pourtant, ils sont mineurs, leurs papiers l’attestent.

Ni mineurs, ni majeurs, ils ne bénéficient pas des mesures de protection, mais ne peuvent agir comme majeurs. Ils sont les nouveaux sans droits. Ils vivent en marge, dans la rue ou dans des squats, soutenus par les associations.

- Ceux dont la minorité est reconnue sont normalement pris en charge par le Conseil départemental dont c’est la compétence. Mais ils vivent seuls dans des hôtels avec un accompagnement social insuffisant, sans scolarisation, sans préparation à la majorité".

***

Chaque semaine apporte ses dizaines de très jeunes migrants distribués ici et là par les réseaux de passeurs. Ce sont encore des ados, avec une expérience de parcours mouvementé de pays en pays, mais qui restent des enfants en quête de protection et d'instruction. Lorsqu'ils se présentent aux autorités en demandant une protection en tant que mineurs sans famille ici, une circulaire de 2013 organise une phase d'évaluation de leur situation, principalement leur isolement et leur minorité – ils ont souvent leur acte de naissance pour tout viatique. Des associations ayant passé un marché avec les départements réalisent tant bien que mal ces évaluations, qui conduisent souvent à une remise en cause de l'authenticité de l'acte de naissance et à l'obligation faite au jeune de subir un test d'âge osseux, toujours mis en cause pour l'inexactitude de ses résultats mais jamais écarté.

Cela se passe un peu partout, dans la vigilance en Isère selon le département, et en plus brutal dans les Alpes Maritimes.

***

À Paris, cette mission d'évaluation est récemment passée de France Terre d'Asile (FTDA) à La Croix Rouge., qui a mis en place un Dispositif d’Evaluation des Mineurs Isolés Etrangers 75 (DEMIE).

Échos de la situation parisienne.

"Les missions d’évaluation devraient être plus rapides (c’est vrai on dirait - déjà hier mercredi 20 janvier on avait à l’ADJIE (une permanence associative indépendante pour l'accompagnement et la défense des jeunes isolés étrangers) notre demi-douzaine de jeunes déboutés par la Direction de l'Action Sociale de l'Enfance et de la Santé (DASES) depuis la DEMIE).

Il y aurait 105 couchages. Toujours gérés par FTDA comme avant.

Ce serait déjà complet, déjà des jeunes qui ne sont pas logés avant l’évaluation, et d’autres déboutés qui rejoignent les autres à la rue déjà.

Avec les mêmes phrases lapidaires qu’avant :« récit lacunaire, ne fait pas la preuve de sa minorité » .

Ils étaient une douzaine mercredi à l’ADJIE qui dormaient dehors.

Juste là pour quelques heures de répit à ne pas avoir l’onglée.

Scolarisés ou pas.

Quatre scolarisés logés, d’autres scolarisés à la rue.

Mais tous venus faire leurs devoirs au chaud ensemble, ceux qui n’ont pas encore le droit d’aller à l’école font aussi des devoirs, anticipent en rêve.

Une prof passe et les aide, il y a l’un de ses élèves.

Des jeunes rejetés de Toulouse, d’Agen, de Nantes, du 91, du 92, de Paris.

Une fille qu’on a renvoyée dehors, on n’a rien pour les filles.

Il se fait tard. Les gosses partent dans la nuit en petits groupes.

Discrets, un peu honteux que nous ayons honte de ne rien pouvoir faire pour eux.

Forte tendance Gare du Nord ce soir.

On gagnera pour eux d’ici quatre, ou six mois, ou davantage.

En attendant, cette nuit il a fait -4°, un SDF est mort. Adulte.

Ces jeunes doivent être d’une peau plus résistante - il n’y a aucun espoir pour qu’ils soient mis au couvert, ne serait-ce que quelques jours.

Pire chaque année.

L’an dernier à cette époque, ils l’avaient depuis plus de trois semaines, ce gymnase". 

Martine et Jean-Claude Vernier

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