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Billet de blog 25 avr. 2014

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Migrants bloqués à Calais

Des jeunes, venus de pays d'Asie proche ou lointaine, continuent à piétiner sur la rive sud de la Manche, devenue frontière externalisée de la Grande-Bretagne. Le site Passeurs d'hospitalité chronique au jour le jour les persécutions, les intimidations, mais aussi leur résilience et les secours de certains de leurs voisins.

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Des jeunes, venus de pays d'Asie proche ou lointaine, continuent à piétiner sur la rive sud de la Manche, devenue frontière externalisée de la Grande-Bretagne. Le site Passeurs d'hospitalité chronique au jour le jour les persécutions, les intimidations, mais aussi leur résilience et les secours de certains de leurs voisins.

Extraits.

23 avril 2014. Calaisiens en colère

Le nouveau dispositif policier mis en place suite à la venue de Manuel Valls à Calais n’est pas déployé depuis six mois qu’il suscite déjà l’exaspération des Calaisiens. Les CRS pris pour cible plus seulement les exilés mais aussi la population du quartier du Beau-Marais, dit "la ZUP". Contrôles d’identité à répétition, grossièreté et agressivité des fonctionnaires de police, c’est l’interpellation brutale de deux habitants avec usage de gaz lacrymogènes, et leur placement en garde-à-vue pour outrage, qui a déclenché dans un premier temps un mouvement de révolte hier soir mardi, avec feux de poubelles et jets de pierre sur les policiers, puis une manifestation pacifique cet après-midi de la ZUP à la sous-préfecture, où une délégation a été reçue. (...)

Un syndicaliste de la police s'exprime avec une sincérité désarmante :« La direction centrale des CRS s’est rendue compte que les migrants n’apportaient rien en matière de chiffre. Ils ont commencé à modifier leur mission parce que les migrants, ça ne rapportait pas assez. » (...) Les CRS choisissent des cibles en fonction de leur rentabilité en terme de chiffre à produire et de primes à la clé, et le rôle du parquet est de fournir des réquisitions qui donnent un habillage légal à cette activité. Lire l'article.

22 avril 2014. Mineurs à la rue

Une quinzaine de mineurs sont arrivés au campement du bassin de la Batellerie. Les plus jeunes ont 13-14 ans. Comme il n’y a pas assez de tentes, une partie dorment dehors, sous une bâche plastique. Rien n’est fait pour eux. Le dispositif mis en place par le conseil général en partenariat avec France Terre d’Asile ne fait bénéficier d’une mesure de protection que les mineurs qui veulent rester en France. Eux veulent aller en Angleterre. Au mieux ils peuvent aller se reposer pendant cinq jours dans un centre d’accueil à Saint-Omer. Lire l'article.

(...)

19 avril 2014. Intimité

Avec une armature de palettes, fermé par des couvertures et adossé à une pile du pont Mollien, un petit espace pour se laver avait été construit au campement du bord du quai de la Batellerie. Il a été détruit par les services de la mairie. Vivre à la rue, c’est se laver, uriner, déféquer en public. Lire l'article.

18 avril 2014. Le seul service public qu'ils connaissent, c'est la police

Au moins depuis la fermeture du centre de Sangatte, les exilés s’abritent dans les chalets de la plage de Calais et Blériot-Sangatte. Plutôt en hiver, les chalets étant utilisés à la belle saison. Une campagne d’expulsions particulièrement dure à l’automne dernier a peut-être donné plus d’importance aujourd’hui à ce phénomène. Qui devient visible à l’occasion d’un début de printemps ensoleillé et d’un conflit de voisinage qui a débouché sur une agression. Le sous-préfet, comme seule réponse, envoie les CRS – en médiatisant pour se mettre en valeur. Lire l'article.

17 avril 2014. Que sont les passeurs?

Prenons l’exemple de la Libye. Des exilés venus d’Afrique subsaharienne y trouvent du travail (la Libye est un pays d’immigration, les recettes venant principalement du pétrole entrainant une activité importante et un fort besoin de main-d’oeuvre). Les populations venues d’Afrique noire sont par contre stigmatisées, ce qui entraîne des agressions, du racket, l’enfermement dans des centres de rétention, une forte exploitation dans la travail. Il y a une pression importante pour quitter le pays. Pour quitter le pays vers l’espoir d’un mieux-vivre, il faut traverser la Méditerranée, il faut un bateau. Un bateau qu’il faut acheter, puisqu’il va être confisqué à l’arrivée. Il faut choisir un bateau, en négocier l’achat, réunir l’argent nécessaire, équiper le bateau, organiser le départ.

Les passeurs sont les entrepreneurs qui permettent la réalisation de ce processus. Pour le meilleur et pour le pire. Certains vont acheter le bateau le moins cher possible et le charger du plus possible de passagers pour maximiser leurs profits, d’autres veilleront à réaliser une marge de profit confortable sans mettre particulièrement en danger la vie de leurs clients. Mais la précarité de la situation des exilés en Libye et le harcèlement auquel ils sont soumis les rendent particulièrement vulnérables aux abus. Dans cette organisation, les tâches qui demandent un ancrage dans les communautés d’exilés, comme rassembler les candidats au départ et collecter l’argent auprès d’eux, sont généralement assurées par des exilés, tandis que celles qui demandent un ancrage dans la société libyenne, comme négocier l’achat du bateau et organiser le départ, le sont par des Libyens.

Les modalités du passage s’organisent différemment à la frontière franco-britannique, mais on retrouve des points communs avec la situation libyenne. Lire l'article.

(...)

15 avril 2014. Les expulsions de campements reprennent

Si l’évacuation du campement des Soudanais vendredi dernier s’est fait à grand spectacle, celle d’une partie du campement au bord du bassin de la Batellerie est passée inaperçue. Lire l'article.

(...)

7 avril 2014. Pression policière sur les bénévoles

Depuis le début de l’année et suite à la venue de Manuel Valls à Calais, des fourgons de CRS patrouillent autour du lieu où sont distribués les repas aux exilés dès une heure avant le début du repas jusqu’après la fin de celui-ci. Environ une demie-heure avant le début du repas, trois fourgons de CRS, ou parfois plus, et un nombre variable de véhicules de la PAF, s’installent à l’entrée du lieu de distribution et aux intersections voisines, et y restent jusqu’après la fin du repas. Cette pression intimidante visait jusqu’à présent plutôt les exilés. Elle semble s’étendre au-delà, notamment en direction des bénévoles. Lire l'article.

(...)

(...)

À retrouver sur le site Passeurs d'hospitalité.

Martine et Jean-Claude Vernier

Chez votre libraire Être étranger en terre d'accueil, 77 regards sur l'immigration.

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