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Billet de blog 26 mars 2012

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La traque des étrangers: une campagne électorale décevante

En haut-lieu, les attaques verbales ne cessent pas contre ces étrangers que nous côtoyons et qui seraient la cause de tous nos malheurs. Attitude électoraliste, nous dit-on. Alors, comment se fait-il que le l'intensification actuelle de leur persécution, ordinaire et extraordinaire, ne soit pas mieux connue? Volons au secours d'une com' défaillante.

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En haut-lieu, les attaques verbales ne cessent pas contre ces étrangers que nous côtoyons et qui seraient la cause de tous nos malheurs. Attitude électoraliste, nous dit-on. Alors, comment se fait-il que le l'intensification actuelle de leur persécution, ordinaire et extraordinaire, ne soit pas mieux connue? Volons au secours d'une com' défaillante.

Le 19 janvier 2012, la France a été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour enfermer des enfants dans les centres de rétention administrative (CRA) afin de pouvoir expulser leur famille au complet. En effet, comme l'explique le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), "sa législation [la notre! ndlr] permet de priver des familles de liberté, sans chercher de réelle alternative, sans examiner la situation particulière des enfants, leur infligeant un traitement inhumain et dégradant et portant atteinte au droit de toute la famille de mener une vie normale." Voici une belle occasion de montrer notre indépendance: en deux mois depuis cette condamnation, 47 enfants ont été enfermés dans les CRA de métropole. L'Observatoire de l'Enfermement des Etrangers (OEE) et le Réseau Education Sans Frontières (RESF) viennent au secours d'un haut fait trop mal connu en lançant une pétition. Les habitants de Melun ont de la chance: s'ils souhaitent, eux aussi, contribuer à faire connaître ces belles actions, ils peuvent se joindre au Cercle de Silence du 27 mars à 18h, Place Saint Jean.

Une autre pratique méconnue: il arrive assez souvent que ces familles enfermées avec leurs enfants soient libérées par décision de justice. Pourquoi ne fait-on pas savoir aux électeurs qu'elles sont laissées là, à la porte du CRA, même quand l'habitation où on était venu les cueillir un beau matin est à des centaines de kilomètres de là?

A propos de la rétention dans les CRA, là aussi on évite de trop assister les étrangers hébergés. Ainsi, le 19 mars 2012 au CRA de Hendaye, l'un d'entre eux, qui tentait de se pendre, n'a pas eu besoin d'un service médical ou infirmier superflus: ce sont un compagnon d'infortune et une salariée de la Cimade qui ont dû le secourir. Depuis la Cimade a exercé son droit de retrait: il n'y a donc plus sur place cette aide, si coûteuse, permettant aux retenus d'exercer leurs droits: "Il faut savoir que la capacité maximale d'accueil au centre est de 32 personnes. Aux dernières nouvelles, ils étaient 25 ou 26 retenus. Autant de personnes qui ont besoin d'être assistées juridiquement et administrativement. Sinon le niveau d'insécurité et d'angoisse va être délirant. D'autant plus que, suite à l'incident de lundi soir, la personne qui travaille à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) au cœur du CRA est également en arrêt maladie. Cela signifie qu'actuellement, ces 25 ou 26 migrants ne reçoivent plus d'aide de l'extérieur." Mais qui le sait?

Et puis, il y a les économies budgétaires faites en restreignant par divers biais l'attribution des prestations sociales pour lesquelles ils cotisent: retraites, RSA, allocations familiales. Mais faut-il vraiment faire connaître ces brimades? Faut-il s'enorgueillir de priver du soutien de la nation ces enfants qui dans 5 ans, 10 ans, 15 ans – autant dire demain - seront français, mais des français de seconde zone, qui n'auront pas eu au départ les mêmes aides que leurs concitoyens, à jamais "d'origine de là-bas..."?

Puisqu'il faut assurer des recettes supplémentaires au budget de l'Etat, on n'a pas manqué d'inscrire dans la Loi de Finances pour 2012 des taxes dissuasives pour l'attribution et le renouvellement des titres de séjour, dont la durée de validité n'est souvent que d'un an. Pour des personnes qui occupent les emplois du bas de l'échelle des salaires, une régularisation peut coûter presque un SMIC: c'est déjà 110 euros pour déposer la demande (sans assurance de résultat), et puis il faut racheter le visa qu'on n'avait pas, acquitter la taxe propre au titre convoité, une taxe pour la visite médicale, … et 19 euros pour le coût supplémentaire du nouveau modèle de carte biométrique. Si on perd son titre de séjour, le duplicata est facturé au pris du renouvellement (entre 100 et 200 euros), plus 16 euros, plus les 19 euros anti-falsification. La Ligue des Droits de l'Homme et le Gisti ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat contre la circulaire qui détaille ces taxes. Peut-être espèrent-ils ainsi mieux faire connaître ces mesures si nécessaires?

La ristourne fiscale que s'octroie le ministère du Budget est une autre action qui va dans le bon sens, mais qui est insuffisamment relayée. Quand ils sont expulsés, les travailleurs voient s'envoler tout espoir d'avoir un jour le retour des cotisations salariales qu'ils ont acquittées. C'est trop bête d'en être réduit à laisser faire sa com par des sites mal contrôlés! Par exemple, un Malien expulsé en 2003 après 15 années de travail dans le nettoyage et le bâtiment, a laissé derrière lui 72000 euros de cotisations. Certains calculent que ce serait 2 milliards d'euros qui restent ainsi dans les caisses de l'Etat chaque année. Là encore, cette saine gestion du budget de l'Etat est trop mal connue.

Martine et Jean-Claude Vernier

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