En France, la demande d'asile commence par des semaines à la rue

La réputation de la France mauvaise accueillante des demandeurs d'asile n'est plus à faire.

Une association nantaise de solidarité avec les migrants a reçu le 27 juillet 2017 le message suivant.

« Bonjour, je me permets de vous écrire pour vous demander quelques informations.

J'ai demandé l'asile en Belgique au mois de septembre 2016, après avoir été en France, pays dans lequel je n'avais pas demandé l'asile. Mais avec la procédure de Dublin ma demande à été rejetée par l'office des étrangers de la Belgique et on m'a donné un ordre de quitter le territoire. Mon avocate avait introduit un recours mais la Belgique a rejeté le recours.

Maintenant je dois quitter le territoire belge pour aller en France ; mon seul souci c'est que j'ai pu remarquer que beaucoup de personnes demandant l'asile en France se trouvent dans les rues avant qu'on puisse leur trouver un centre d'accueil ou un hébergement. Dans mon cas c'est impossible parce qu'en Belgique j'avais des traitements médicaux et mon état de santé ne me permet pas de dormir dans la rue parce que j'ai des problèmes neurologiques et j'ai des fois des pertes de mémoire à cause des effets secondaires des médicaments que je dois prendre durant mon traitement. Dans ma procédure de demande d'asile en France, je voulais m'installer à Nantes mais ma question est : me retrouverai-je à la rue ou pourrai-je intégrer un centre d'accueil pour réfugiés? Cordialement »

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Bien des Parisiens savent ce qu'il en est dans leur ville, avec le dysfonctionnement chronique du dispositif de réception des demandeurs d'asile souvent dénoncé.

Ces dysfonctionnements sont les mêmes ailleurs en France, avec des dispositifs d'accueil et de mise à l'abri sous-dimensionnés, et donc saturés. Les retards à l'enregistrement des demandes sont reportés sur les opérateurs qui gèrent les plateformes d'accueil des demandeurs d'asile (PADA), sous contrat avec l'État . En effet, c’est là, d’après la loi, qu’il faut se rendre pour faire enregistrer sa demande d'asile. Ainsi, pas de queues visibles aux alentours des préfectures.

Ce monsieur est probablement vulnérable et, à ce titre, il devrait bénéficier d'une priorité pour sa mise à l'abri. Priorité qui ne peut être décidée qu'à l'issue d'un entretien à l'OFII (Office français de l'immigration et de l'intégration) après l'enregistrement de sa demande par la préfecture. À Nantes, par exemple, ce sera après deux mois d'attente du rendez-vous préalable à la PADA, puis encore trois jours pour accéder à la préfecture, selon la loi.

En revanche, s'il se présente à l'hôpital public, il sera soigné.

 

Informations recueillies par Martine et Jean-Claude Vernier

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