Francoise Diehlmann
Germaniste, traduis, blogue sur l'Allemagne, également sur la France, l'Europe, le monde, membre du Comité directeur de l'Union des Fédéralistes Européens - France, Ecolo cohn-bendiste, Refugees Welcome, combats les nationalismes et régimes totalitaires, pour la reconnaissance de l'Etat de Palestine, défense des droits humains
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Billet de blog 22 sept. 2017

Francoise Diehlmann
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L’issue des élections législatives allemandes sera compliquée

Angela Merkel remportera sans doute les élections allemandes dimanche. Mais l’issue de ces élections sera compliquée : Tout d’abord l’arrivée d’un parti d’extrême droite au parlement pour la première fois depuis la fin de la guerre et la chute du nazisme. Puis, l’un des deux grands partis, le SPD, au plus bas. Enfin, quelle sera la future coalition ? Suspense, mais aussi danger.

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Entre colère et stabilité

C’est bien entre colère et stabilité que les Allemands abordent les élections législatives. Selon le psychologue allemand Stephan Grünewald, l’Allemagne est vue  à la fois comme une « ile du bien-être » et « un pays abandonné ».

En effet, après douze années de gouvernement Merkel, l’Allemagne est un pays riche avec une exportation florissante, un taux de chômage faible, des caisses publiques bien remplies, un budget excédentaire.

Cependant, pratiquement tous les meetings d’Angela Merkel sur les places de marché dans l’Est de l’Allemagne ont été couverts par des sifflets, des huées. L’extrême droite – que cela soit l’AfD, Alliance pour l’Allemagne,  ou le parti néo-nazi, NPD - n’a pas hésité à s’emparer de cette colère, en l’attisant et en accueillant même parfois Angela Merkel avec le salut nazi.  Les militants de ces deux partis, surfant sur l’exaspération des gens, brandissaient des pancartes accompagnées de vociférations à l’encontre de la chancelière en campagne : « traitre », « menteuse », va t’en », tentant ainsi de créer un sentiment de dégagisme. Il s’agit d’un phénomène très rare voire même nouveau dans les meetings sur les places de marché en Allemagne. 

L’ex défenseur des droits civiques de l’ex-RDA, Frank Richter, explique ceci par le fait que pendant des années un sentiment d’impuissance s’est accumulé dans l’Est de l’Allemagne, qui se déverse dans la rue et les réseaux sociaux. Ce sentiment est né également du fait que, 28 ans après la chute du mur, seulement 23% des dirigeants dans les domaines de l’économie, de la politique, de la justice, de la défense et des médias, sont issus de l’Est de l’Allemagne. A l’échelon national, seuls 1,7% des postes dirigeants sont occupés par des Allemands venant de l’Est. Les gens se sentent abandonnés.

Par ailleurs, les Allemands de l’Est n’ont commencé leur expérience avec la démocratie et une société ouverte sur le monde qu’après la chute du mur. Ceci explique aussi une certaine hostilité vis à vis de la politique d’Angela Merkel concernant l'accueil des réfugiés en 2015. De plus, la société a vécu une transformation profonde, et pour beaucoup, aucune pierre de ce qui existait avant n’est restée debout.

Au plan national, l’Allemagne est confrontée à une vétusté de ses autoroutes, de ses écoles et d’autres infrastructures, elle a pris beaucoup de retard dans le numérique, la crise du diesel a même rattrapé Angela Merkel en pleine campagne électorale. Beaucoup d’Allemands sont encore perturbés par la crise des réfugiés. La majorité d’entre eux, prêts à accueillir les réfugiés et à leur ouvrir leur porte, sont en même temps désorientés.

Ils ont très peur de chefs d’Etat comme Recep Tayyip Erdogan, Donald Trump et Vladimit Poutine, qui pour eux, constituent une menace pour  la Paix. Mais qui d’autre qu’Angela Merkel pour leur tenir tête et apporter la stabilité. Elle apparaît selon Stephan Grünenwald comme la sainte patronne de la nation, alors que Martin Schulz le candidat du SPD ne parvient pas à lui faire concurrence, car il n’a pas pris l’habit de « père de la nation », mais plutôt celui du « tonton bien gentil ». Il s'est même fait prendre des thèmes sociaux démocrates comme le mariage pour tous par Angela Merkel.

S’ils considèrent qu’ils vont très bien matériellement, les Allemands craignent que les fondements de leur économie vacillent avec le dérèglement climatique, la question du numérique, les conséquences d’une population vieillissante, les injustices sociales : beaucoup de bas salaires qui plongent un certain nombre de gens dans la pauvreté.

Ils veulent un changement politique, mais se demandent jusqu’où aller. Ils ont peur qu’un tel changement les plonge dans l’instabilité.  Angela Merkel les protège contre l’incertitude. Mais le taux d'abstention peut être élevé, car un certain nombre d'électeurs pensent que tout est joué.  

Des sondages qui en disent long

Les derniers  sondages indiquent un tassement des deux grands partis, 36-37% pour la CDU/CSU ou Union Démocrate-Chrétienne/Union Sociale-Chrétienne  et 22% pour le SPD ou Parti Social-Démocrate, sondage le plus bas pour ce parti, depuis que Martin Schulz, ancien Président du Parlement européen, s’est déclaré candidat à la fonction de chancelier. Ce vendredi, un sondage annoncerait même la CDU à 34% et le SPD à 21%. 

A part les Grünen, parti écologiste, qui stagnent à 7-8%, les trois autres petits partis : le Parti libéral (FDP), die Linke, le parti d’extrême-droite, Alliance pour l’Allemagne (AfD) augmentent dans les sondages : entre 9 et 11%. Une sorte de concurrence s’installe entre eux pour la 3e place comme force politique au parlement.

Bien entendu, la première difficulté sera l’arrivée de l’extrême-droite au Parlement. L’AfD vient d’effectuer ces derniers temps une remontée spectaculaire, atteignant les 11% après avoir longuement plafonné à 7%. La baisse des deux grands partis peut profiter à l'AFD. Tout ceci est inquiétant. 

« Si l’AfD devait effectivement faire son entrée au Bundestag, ce serait la première fois depuis 70 ans que des nazis prendraient la parole au Reichstag » (Sigmar Gabriel dans son interview à Der Spiegel)

Cette expression forte du Vice-Chancelier SPD et ministre des Affaires étrangères n’est pas un hasard et traduit une grande émotion en Allemagne.  

En effet cet été, en parlant d’Aydan Özoguz secrétaire d’Etat à l’intégration d’origine turque, Alexander Gauland co-tête de liste de l’AfD pour les élections législatives, lançait qu’il faudrait « s’en débarrasser en Anatolie ». Le 2 septembre, lendemain du 78e anniversaire du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il déclarait dans un meeting de l’AfD en Thuringe : « Si les Français ont le droit d’être fiers de leur empereur et les Britanniques de Nelson et de Churchill, alors nous avons le droit d’être fiers des performances des soldats allemands durant les deux guerres mondiales ». La Seconde Guerre mondiale a été déclenchée avec l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie le 1er septembre 1939 pour se terminer le 8 mai 1945 par une capitulation sans condition de la Wehrmacht. Nombre de victimes : 70 à 80 millions. Au nom de la performance ? Ainsi, le 2 septembre 2017, Gauland franchissait un pas dans l’escalade en faisant sienne l’analyse révisionniste du IIIe Reich.

« L’AfD est sur bien des points anticonstitutionnelle » C’est ce qu’a si bien démontré le ministre SPD de la justice, Heiko Maas, dans une tribune dans la Frankfurter Rundschau, dont les lecteurs trouveront une traduction  sur mon blog dans une contribution intitulée « L’extrême droite quasi anti-constitutionnelle bientôt au parlement allemand ».

Mais que se passera t-il si Alexander Gauland qui vient de vanter les mérites de l'armée nazie risque d'être, à 76 ans, le doyen du Bundestag et doit par conséquent faire le discours d'ouverture ? Comment les Allemands vont-ils gérer cela?

Outre le choc émotionnel que provoquera l’arrivée de l’AfD au Bundestag, une analyse politique profonde devra être effectuée. Les partis politiques traditionnels ne pourront pas y échapper

C’est dans ce contexte que commenceront les négociations pour la future coalition qui sera la seconde difficulté, surtout que nombre d'électeurs cachent leur vote. 

Comment une l’idée d’une coalition de gauche SPD-Linke-Grünen ou rouge-rouge-verte s’est envolée en fumée ?

Une coalition SPD-Gruenen-Linke aurait pu être innovante tout simplement parce qu’elle aurait été une première dans l'histoire de l'Allemagne.

Le compte n’y est pas selon les sondages. Et pour cause ! Ces trois partis depuis les élections de 2013 n’ont tracé aucune perspective, n’ont développé aucune vision, aucune stratégie pour tenter de remporter ensemble les élections de 2017, alors que même si le SPD était en coalition avec la CDU, le SPD-les Grünen et die Linke étaient majoritaires au Bundestag. Le seul moment où cette majorité de gauche s’est retrouvée, c’était pour adopter récemment la loi sur le mariage pour tous. Des coalitions rouge-rouge-vert existent dans plusieurs  Länder, le SPD n’excluait plus, alors qu’il le faisait auparavant, une coalition gouvernementale à trois avec die Linke et les Grünen. Rien n’a été fait pour préparer les gens à une telle coalition avec un projet commun et novateur. Martin Schulz, quant à lui, n’a pris aucune initiative dans ce sens.

La victoire du SPD semblant quasi impossible, les deux têtes de liste des Grünen appartenant au courant pragmatique de ce parti se tournent vers la CDU/CSU. Le compte n’y est pas non plus pour une coalition entre la CDU/CSU et les Grünen.  Cette coalition existe déjà dans l’un des Länder les plus riches d’Allemagne, le Bade Wurtemberg, mais de façon inversée, c’est un ministre-président écologiste qui dirige la coalition Grünen-CDU de ce Land. Une coalition CDU-Grünen à l’échelon national aurait permis de mettre au centre de la future coalition gouvernementale, la lutte contre le dérèglement climatique, une politique d’immigration accueillante,  une politique sociétale ouverte sur le monde, la réforme de l’UE vu que le parti des Grünen est le plus pro-europeen de tous les partis allemands, et de loin. Une telle coalition aurait sans doute fait grincer les dents des dirigeants de la CSU bavaroise et des irréductibles de la CDU. Reste à savoir si Angela Merkel aurait fait ce choix.

Mais les écologistes allemands semblent avoir raté leur campagne. Ils ne parviennent pas à dépasser leur propre électorat. On assiste à une crise de l’industrie de l’automobile, le climat fait des siennes comme le montre les ouragans dans les Caraïbes, l’Allemagne accuse un grand retard dans le numérique. Les écologistes se présentent comme le parti de la lutte contre le déréglement climatique et risque de se retrouver à la dernière place au parlement. Comment est-ce possible ?

Ils ont placé au-dessus de tout le changement climatique et le numérique, deux thèmes d’une importance sans précédent, mais qui, déconnectés du reste, apparaissent pour les gens comme trop abstraits, comme plus importants que l’emploi, le revenu, surtout que les électeurs sont confrontés à des peurs. Pour ce, aurait-il fallu sans doute que le climat et le numérique s’inscrivent dans la politique globale et ne soient pas considérés comme des grandes questions à part.

Coalition à haut risque avec le parti libéral FDP, un danger pour l’Europe

Une coalition à deux CDU/CSU-FDP ou à trois, appelé coalition jamaïque – noir, jaune, vert ou  CDU/CSU-FDP-Grünen où il y aurait dans les deux cas le FDP serait un cadeau empoisonné pour Angela Merkel.

Le FDP a pratiquement toujours été un parti charnière depuis 1949, en coalition principalement avec la CDU que cela soit sous les cinq gouvernements Konrad Adenauer, les quatre gouvernements Ludwig Erhard, les cinq gouvernements Helmut Kohl et le deuxième gouvernement Angela Merkel. Mais il le fut aussi en coalition avec le SPD sous les deux gouvernements Willy Brandt et les trois gouvernements Helmut Schmidt.

Mais le FDP fut éjecté du Bundestag aux élections législatives de 2013 n’atteignant pas la barre des 5%, ce qui fut également le cas lors d’élections au niveau de nombreux Länder.

Aujourd’hui, le FDP a fait peau neuve et a changé, il revient, animé par une politique fortement droitisée. Avec son président Christian Lindner , le FDP semble également rompre avec sa tradition européenne. Lindner s’adresse aux eurosceptiques et prône le Grexit, il est farouchement opposé à la proposition d’Emmanuel Macron d’union budgétaire de la zone euro.  Pour le Président du FDP, la Russie peut garder la Crimée et les réfugiés doivent retourner dans leur pays d’origine.

S’il s’oppose à Angela Merkel sur bien des points, il est prêt à faire partie du Gouvernement, à condition d’avoir le poste de ministre des finances que détient actuellement Wolfgang Schäuble, 75 ans, qui après 45 ans député du Bundestag et 15 ans ministre, rempile pour les prochaines élections, ne comptant pas laisser sa place de ministre des finances. La CDU n’est pas prête à se laisser déposséder de ce ministère

Par ailleurs, la coalition jamaïque  pourrait conduire au désastre en raison de la capacité de ces partis de se bloquer entre eux. Pas sûr que les Grünen acceptent d’être dans une coalition avec le FDP à cause de ses positions sur l’UE et sur la crise du diesel.

Une grande coalition CDU-SPD qui, elle aussi, n’est pas sans danger

Reste la grande coalition qui avec ses pouvoirs exorbitants crée toujours une situation de statu quo, où l’opposition est réduite à une peau de chagrin, ce qui n’est pas bon pour la démocratie. De cela la classe politique allemande en est bien consciente.

Le SPD est prisonnier de cette grande coalition, parce qu’il en est le parti junior. Le dilemme des Sociaux-démocrates en campagne, c’est de dire que tout va mal, alors qu’ils ont participé pendant 4 ans sans broncher au gouvernement de la grande coalition dirigé par Angela Merkel, ce qui ne les rend pas très crédible. Mais ce n’est pas la seule raison.

Sigmar Gabriel et Martin Schulz sont restés dans l’ombre de Gerhard Schroeder qui a perdu les élections en 2005 en raison de ses réformes impopulaires qui ont plongé beaucoup de gens dans la précarité voire la pauvreté. Le SPD, depuis, ne s’en est pas relevé, car les électeurs le considèrent toujours comme responsable de cette politique.  

Pour connaître la raison pourquoi si l’Allemagne s’en sort, c’est plus en dépit des réformes de Gerhard Schröder, que grâce à elles, je vous conseille de lire n° de septembre 2017 d’Alternatives économiques et le livre de Guillaume Duval "MADE IN GERMANY, le modèle allemand au-delà des mythes".

Le même Gerhard Schroeder ne s’est pas fait oublier depuis, car récemment il est venu plomber la campagne de Martin Schulz, en acceptant la proposition du pouvoir russe d'être membre du conseil de surveillance de Rosneft, l'une des plus grandes sociétés pétrolières russes, détenue en majorité par l'Etat russe de Vladimir Poutine, qui figure sur la liste des sociétés visées par les sanctions européennes liées au contexte ukrainien, ce qu'ont dénoncé Martin Schulz et Angela Merkel. 

Au début de l’année, tout le monde pensait que l’ancien Président du Parlement européen pourrait menacer les chances d’Angela Merkel. Aujourd’hui,  les chances de celui-ci sont nulles. L’écart est d’au moins 14 points selon les derniers sondages. Si pour les Allemands, Schulz apparaît plus proche des gens que Merkel, il ne les a pas convaincus pour ce qui est du leadership, de la compétence, de la crédibilité, là où Merkel est partout en pointe. Martin Schulz  a surtout fait l’erreur de laisser tomber son grand atout : l’Europe, là où il était attendu.

Ceux qui votent pour le SPD aujourd’hui, votent pour la poursuite de la grande coalition, qui permettrait, certes, d’imposer des points de  la politique sociale du programme du SPD. Mais cette grande coalition  conduirait à tout, sauf à une renaissance du SPD. Et pourtant il compte aujourd’hui près de 500 000 adhérents. C’est pourquoi un certain nombre de militants qui en ont assez que leur parti joue les « idiots » utiles de la grande coalition préféreraient une cure d’opposition pour que leur parti redevienne populaire et accède au pouvoir.

Le SPD a t-il oublié qu’il a travaillé avec le FDP de l’époque pour parvenir à mettre un terme au règne de la CDU et à la grande coalition CDU-SPD de la fin des années soixante où le SPD était aussi le parti junior. Seulement, il y avait à la tête de ce parti des hommes courageux, politiquement forts, notamment Willy Brandt. Aujourd’hui, ce n’est naturellement pas avec le FDP qu’il aurait fallu casser la toute puissance de la CDU/CSU, mais avec les verts et die Linke. Le SPD a raté cette occasion. Le débat Schulz-Merkel fut d’ailleurs plus une réunion de la grande coalition que le grand débat qu’on pouvait attendre à la veille d’élections législatives.

Qu’arrivera-t-il à un SPD totalement à bout de souffle par la grande coalition s’il repart dans cette direction ? L’expérience d’une nouvelle grande coalition l’affaiblirait considérablement voire durablement. Vidé de sa substance, il pourrait ne pas s’en relever.  

Ceux qui votent pour la CDU, se prononcent pour le statu quo, pour Merkel et sa façon de gouverner, pour la stabilité face aux peurs. Ce vote met Angela Merkel en position de force vis à vis de ses partenaires et contre les conservateurs de la CSU bavaroise et au sein de la CDU.

Mais si la colère l'emporte sur la stabilité le jour du vote, les deux grands partis pourraient dévisser au profit de l'extrême droite. 

Quid de l’avenir ?

Durant ces 12 ans, Angela Merkel a fait de l’Allemagne un pays qui fonctionne bien. Elle a quitté son habit de dame de fer dans la crise grecque, pour prendre celui de « Mutti », notre mère à tous avec l’accueil des réfugiés, ce qui a renforcé sa stature internationale.

Mais les gens avec leurs peurs et leur colère, le fait qu’ils voient en la chancelière la seule qui peut les protéger… pour l’instant… pour l’instant,  ce qui ne sera peut-être plus le cas demain, entraine la question : l’Allemagne est-elle préparée pour un avenir qui vivra sans doute des bouleversements.

L’Union européenne a besoin de réforme, pour éviter que les mouvements et partis nationalistes – de gauche comme de droite – la fasse éclater. Emmanuel macron a pris le leadership de cette réforme. Si Angela Merkel forme une coalition à deux ou à trois où il y aura le FDP, elle se rapprochera de Juncker et toutes les portes pour une réforme seront fermées. Une crise s’ouvrirait en Europe qui affaiblirait tout le monde, la chancelière n’y échapperait pas. Que deviendrait le fameux couple franco-allemand, lequel pour moi a vécu depuis longtemps. Une « ronde à trois » serait tant nécessaire avec l’Italie. Mais un tel contexte de statu quo européen conduirait à ce que le nationalisme se  répande comme une traînée de poudre où l’extrême droite allemande ne manquerait pas d’être active.

Une grande coalition serait certes positive pour la réforme de l’UE. Douze ans au pouvoir pour Angela Merkel, c’est long, l’usure sera là au bout de seize ans. Dans le cadre d’une grande coalition, les deux grands partis – pas seulement le SPD - peuvent finir à genoux.  On sait où des partis démocratiques affaiblis ont conduit l’Allemagne le siècle dernier, surtout quand une extrême droite virulente et violente est en embuscade.

Mais de toutes façons, à la fin c’est toujours Merkel qui gagne !

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