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Billet de blog 3 oct. 2019

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Au nom de la terre, et du fils…

Film d’Édouard Bergeron. Avec : Guillaume Canet, Veerle Baetens, Anthony Bajon, Rufus, Samir Guesmi, Yona Kervern. 1h43. Un hier, un aujourd’hui, un demain. Chaque jour en France, un agriculteur se suicide, la plupart du temps sur les lieux mêmes de son exploitation, avec les outils de son quotidien.

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- Anthony Bajon, Guillaume Canet - © (c) Diaphana Distribution

À partir d’une histoire vraie – celle du réalisateur Édouard Bergeron, fils d’agriculteur dans la Vienne devenu journaliste à France télévision – d’Au nom de la terre creuse profond les sillons d’une agriculture rude et d’agriculteurs sacrifiés. La pression des banques et des instances économiques, le surendettement, la dépression, les cadences infernales grignotent peu à peu le quotidien de ceux qui s’épuisent, encore, « au nom de la terre ». En négligeant les leurs, en s’oubliant eux-mêmes. Mais pour qui, et pourquoi, au fait ?

Pierre (Guillaume Canet) a 25 ans quand il revient du Wyoming et retrouve Claire (Veerle Baetens) sa fiancée pour reprendre « Les Grands Bois », la ferme familiale de son père (Rufus, magistral). Au début tout va bien, les jours sont heureux dans une campagne éblouissante de beauté, les remorques s’emplissent de grains et le train de vie est convenable. Mais rapidement, pour faire face à une mécanisation galopante et des rendements toujours plus élevés, les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour inconditionnel qu’il reçoit de sa femme et ses deux enfants – dont son fils (Anthony Bajon) qui lui apporte de l’aide entre deux cours du lycée agricole – il sombre. Jusqu’au drame, qui semblait inévitable. Broyé par la machine infernale, Pierre mettra fin à ses jours en s’empoisonnant avec les produits qu’il fait lui-même ingérer à la terre, sa terre.

© (c) Diaphana Distribution

Deux ans après Petit paysan d’Hubert Charuel avec Swann Arlaud et Sara Giraudeau, les affres de la dure vie des agriculteurs reviennent sur le devant de la scène. En plus dur, cette fois-ci. Là où Charuel  traitait par la fiction le problème d’une maladie décimant son cheptel de vaches laitières, Édouard Bergeron adapte la vie de son propre père mort d’épuisement sur ses propres terres.

Guillaume Canet, qui s’est personnellement beaucoup investi dans le tournage de ce premier long-métrage du journaliste de France 2 et France 3, endosse le rôle de Pierre avec justesse et beaucoup d’implication. Mais c’est probablement Anthony Bajon, qui joue le rôle de son fils, qui frappe le plus par son jeu très instinctif qui apporte au drame toute sa force. Le Festival du film francophone d’Angoulême ne s’y est d’ailleurs pas trompé et lui a décerné le Valois de l’acteur le 25 août dernier.

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