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Billet de blog 5 févr. 2022

Mais à quoi sert encore Place Publique ?

Le mouvement Place Publique a suscité très brièvement l'espoir de servir de plateforme à l'union de la gauche. L'initiative aurait pu être utile si elle s'était inscrite sur le temps long, mais on se demande ce qu'il en reste aujourd'hui à part un joli site internet.

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Place Publique à été crée en fin 2018 sur une idée intéressante : fédérer la société civile autour d'un projet à même de rassembler la gauche. On avait presque envie d'y croire, on était en tout cas curieux de voir ce que ça pouvait donner. Surtout qu'il y avait le flegmatique mais radical Thomas Porcher (membre des Économistes Atterrés) et l'impeccable Claire Nouvian, présidente de l'association BLOOM, qui lutte contre la destruction des océans. 

A la lumière de quelques interventions brillantes, on imaginait d'ailleurs déjà Claire Nouvian en Birgitte Nyborg à la française. Pour ceux qui n'auraient pas vu la série danoise "Borgen", Nyborg est une femme politique à la tête du gouvernement, qui tente de toujours de préserver l'intérêt général malgré les coups bas de ses opposants… ou de son propre camp.

Réunir économistes, ONGs, intellectuels et militants était prometteur, mais l'initiative a très vite montré ses limites. Déjà le mouvement s'est crée quelques mois avant les élections européennes, ce qui laissait peu de temps pour décider d'un programme et unir des partis de gauche éclatés. Il est en plus très rapidement apparu que les millions d'électeurs qui avaient voté pour Mélenchon l'année d'avant n'étaient pas franchement les bienvenus à cette petite sauterie…

Mais le coup de grâce est venu, comme on pouvait s'en douter, du Parti Socialiste. Incapables de produire des idées et constamment dans le calcul, les cadres du PS ne pouvaient tolérer une initiative d’union qu’ils ne contrôleraient pas. Pour la tuer dans l'oeuf, ou prendre la main dessus, ils ont proposé à Raphaël Glucksmann d'être leur tête de liste aux européennes. Le baiser de la mort. Il a bien entendu eu la médiocrité d'accepter et Thomas Porcher est parti aussi sec, emmenant avec lui toute la crédibilité "de gauche" qui restait à ce bouzin.

Quelques mois plus tard, Claire Nouvian est partie à son tour, dégoûtée par les pratiques de “petits arrivistes médiocres, terribles et infréquentables” qui ont infiltré le mouvement dès qu’ils ont compris qu’il y avait des postes et de la visibilité à pourvoir. Et c'en était terminé de Place Publique. 

C'est dommage, car s'il avait eu pour horizon 2022 plutôt que les prochains mois, le mouvement aurait pu être un laboratoire de la gauche. Une vraie plateforme d'échanges et de discussion entre société civile, militants et partis. Ce que la primaire populaire aurait rêvé d'être, avant de ne se révéler n'être qu'une sorte de sondage d'opinion. Peut-être qu'il en serait sortie une gauche apaisée et unie autour d'un programme commun ? Un nouvel espoir ? Un nouveau parti ? On ne le saura jamais.

Aujourd'hui on se demande ce qu'il reste de Place Publique à part un site internet régulièrement actualisé et quelques fils Twitter que personne ne suit. Pourtant l'organigramme du mouvement affiché sur le site est bien long. Qui sont ces gens ? Que font-ils ? Sont-ils payés ? Par qui ? Reste-t-il le moindre adhérent ? Qui croit encore à ce machin ? L'énigme reste entière, mais ça fait bien longtemps qu'on sait que Place Publique ne sert strictement à rien.

PS : Ceci dit, je vous engage tout de même à (re)voir les interventions toujours pertinentes d'Aurore Lalucq (économiste et députée européenne Place Publique) dans A l'Air Libre !

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