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Billet de blog 13 mars 2022

À Clermont ce 12 mars, Justice sociale et climat en plein dans le mille

Ce fut un franc succès avec un millier de participant·es tant par le nombre que par l'enthousiasme, l'énergie, sensibles à tout moment pour un long trajet de Jaude à la Victoire puis à la gare SNCF et enfin l'arrivée au 1er mai. Nous vous y invitons en vidéos et quelques textes mais aussi pour découvrir quelques initiatives originales et solidaires.

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Voir en Images et autres précisions cette manifestation : En images, la manifestation clermontoise pour le climat et la Justice sociale

« Dans le cadre d'un appel national soutenu par plus de 450 organisations, une marche citoyenne a eu lieu comme dans plus de 110 villes de France, à Clermont-Ferrand le samedi 12 mars à partir de 15h. Porté par un manifeste ayant récolté le soutien de plusieurs centaines de citoyen.ne.s et plus d'une vingtaine de co-signataires (associations, collectifs et entreprises), l'appel local [pour le climat, la biodiversité et la Justice sociale] a été lancé par six associations puydômoises - Alternatiba 63, ANV-COP 21 63, ATTAC 63, Greenpeace Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme Nature Environnement et l'UNEF 63 - et vise en premier lieu à dénoncer l'absence totale des questions d'écologie et de justice sociale dans le débat public. »

L'évènement a  réuni plus d'un millier de personnes de tous horizons en une période où l'actualité de la guerre en Ukraine écrase l'actualité et occupe tous les esprits. Preuve, s'il en était besoin que l'urgence climatique est là, indissociable de la paix et de la démocratie.

Malgré la pluie qui menaçaient, des gouttes tombant déjà vers 15h, le froid humide, ce fut un franc succès tant par le nombre que par l'enthousiasme, l'énergie sensible à tout moment et dans de multiples points du cortège pour un trajet long de Jaude à la place de Victoire puis à la gare SNCF et enfin l'arrivée vers 17h30 à la place du 1er mai avec ses stands installés dans le frisquet du soir venant heureusement compenser par un chocolat chaud et autres mets séduisants et solidaires.

A l'approche d'une présidentielle éclipsée par une actualité dramatique, l'urgence climatique n'est plus à démontrer comme le dernier rapport du GIEC du 22 février totalement passé sous silence l'a une nouvelle fois documentée et précisée. Cette URGENCE est une autre urgence que le cesser-le-feu en Ukraine mais elle ne peut éternellement attendre et se heurter sans cesse au report de mesures sérieuses et à la hauteur, à l'immobilisme teinté de poudre aux yeux qui ferment notre horizon temporel des dizaines d'années à venir. Mieux ou … pire, ne pas s'occuper sérieusement de ces questions déclenchera inévitablement des guerres régionales ou plus larges pour la survie de populations et territoires entiers, flinguera la démocratie au profit de gouvernements autoritaires et plus qui, par la surveillance toujours plus élaborée et la répression toujours plus dures, imposeront à leurs peuples des mesures grandissantes pour faire face aux extrêmes météo sans cesse plus fréquents et paroxystiques sans remettre en cause ces sociétés qui nous polluent, polluent et ravagent la terre pour leurs seuls profits et le même accaparement des ressources et des marchés.

Dès la place de Jaude, Sylvie et Aurélie nous ont remis les enjeux et l'urgence en mains et en mémoire :

Sylvie et Aurélie nous disent enjeux, conditions et urgences © Georges-André Photos

Les Rosies ont renouvelé leur répertoire avec « Alerte écologique » pour nous offrir leur énergie, leur bonheur de manifester et danser leur convictions.

Sur la place, la "fresque du climat" propose ses services, une grosse affaire internationale promotionnée par des sociétés comme EDF, Suez, TF1, L'Oréal qui, de ce fait, pose quelques questions surtout qu'il s'agit dans cette fresque de cerner les causes du réchauffement et les solutions possibles ...Intéressant a priori mais faut voir de près quand Reporterre écrit : "Faire comprendre facilement les enjeux climatiques, voilà l’ambition de l’association la Fresque du climat. Mais étant donné les multinationales polluantes qu’elle a pour clientes, l’initiative se démarque plus par les revenus qu’elle génère que par son efficacité dans la lutte contre le changement climatique." et dit tout pour apprécier cette initiative à sa juste valeur. A lire, avant de foncer et promotionner, notamment pour le nucléaire !

Les rosies plus bleus que jamais avec leur belle énergie © Georges-André Photos

La manifestation avec sa banderole de tête affirmant « Ne baissons ni les yeux ni les bras pour le climat, la bio-diversité, la justice sociale » s'est ébranlée dans les slogans et la musique de sonos et des poumons qui n'ont pas manqué jusqu'à l'arrivée emmené sur la fin par l'Unef et Mayke.

Voici le premier tronçon du trajet qui nous amené jusqu'à la place de la Victoire puis à la gare sncf où Etienne a lu (et bien lu) un texte qui met les points sur les i sans fioriture ni emballement mais une forte conviction que notre avenir collectif se joue maintenant et pour peu de temps encore pour en changer. Il ne peut attendre pour agir maintenant et fortement avec une justice sociale à inscrire dans les faits qui ne peut faire porter le poids du financement de mesures plus ou moins judicieuses sur la population mais en premier lieu et massivement sur ces riches à milliards (oligarques de l'est et de l'Ouest), ces sociétés qui accaparent les ressources, ratissent richesses financières et consommation de luxe. Ils sont les premiers contributeurs au réchauffement dont ils espèrent encore tirer profit grâce au tout-technologique censé régler la question climatique quand elle n'est encore qu'illusion comme l'est avec la voiture électrique dite verte qui augmentera la consommation électrique massivement, pollue ailleurs mais pas sous nos yeux, par l'extraction des Terres Rares et prépare des dépendances plus encore stratégiques notamment vis-à-vis de la Chine.

De Jaude à la Victoire © Georges-André Photos

Voici le texte lu par Etienne :
"... Les transports dans leur ensemble représentent 1/4 du bilan carbone en France, et également une des premières causes d'artificialisation des terres avec des infrastructures de plus en plus monstrueuses... Comment peut-on continuer à construire et à élargir des routes et des autoroutes en 2022 ? Comment l'Etat, la Région et le Département peuvent-ils justifier encore et encore ces projets de mort ? C'est massivement le transport routier, voitures et camions, qui est responsable des impacts fonciers et climatiques alors que les transports collectifs et les modes actifs sont à la fois extrêmement sobres et très résilients. Nous avons ici, devant nous, toutes les solutions pour décarboner la mobilité sans priver quiconque de sa liberté de déplacement. Les technologies bas carbone existent déjà, il n'y a rien à inventer, n'en déplaise à notre ministre, M. Djebbari ! Le train, le tramway, l'autobus, le vélo, et bien sûr le premier d'entre tous, la marche sont des modes économes en foncier et en énergie, peu émetteurs de gaz à effet de serre, et immédiatement disponibles. Mais alors que la Suisse investit 400 euros par habitant et par an dans son réseau ferroviaire, la France n'investit que 40 euros, 10 fois moins !

Il n'y aura pas de Société bas carbone sans transports bas carbone, il n'y aura pas de société résiliente sans une mobilité plus sobre. Il n'y aura pas de baisse de nos émissions si on continue de gaspiller l'argent public dans les aéroports, les routes, les voitures, fussent-elles électriques, en laissant se dépérir le meilleur outil jamais inventé pour déplacer des millions de personnes sobrement et en sécurité : le train. En 2016, l'Etat et la Région ont honteusement laissé fermer la ligne directe vers Saint Etienne, remplacée depuis par des autocars. Le 26 mars, nous serons ici même, à 11h00, pour exiger le retour du train entre Clermont et St Etienne !

Un dernier message, qui résonne avec l'actualité effrayante : depuis 50 ans que nos élus font tout pour que tout le monde se déplace en voiture, le moins possible autrement, ces politiques centrées sur la mobilité individuelle ont alimenté la pompe à pétrole dans les pires dictatures du monde ! On nous a créé une société , des lieux de vie où notre mobilité dépend d'importations massives d'hydrocarbures. Depuis 50 ans nos déplacements financent les régimes autoritaires de la planète. Devinez quelle entreprise française reste en Russie aujourd'hui ? TOTAL ! Total qui a voulu cacher les premières alertes sur le climat dans les années 70 ; TOTAL qui a souillé les côtes bretonnes en 1999 avec le naufrage de son pétrolier, l'Erika ; TOTAL qui incruste ses réseaux d'influence dans tous les milieux politiques, éducatifs et artistiques français, qui a voulu noyauter l'école polytechnique. TOTAL qui reste présente en Birmanie, qui veut construire un immense oléoduc en Ouganda et en Tanzanie, long de 1450 Km au détriment des populations locales. TOTAL complice des criminels de guerre en Russie aujourd'hui. Nous voulons un monde sans TOTAL. Avec moins de routes, moins d'avions, moins de pétrole , mais plus de trains, plus de tramways et de vélos. Un monde où " se déplacer" ne signifiera plus "tout cramer et financer la guerre" !

Voici la deuxième partie du trajet de La place de la Victoire à celle du Premier Mai :

Une derbière partie du trajet avec l'ardeur de ces jeunes étudiantes © Georges-André Photos

Arrivé·es sur la place du premier Mai, des stands attendaient le cortège : pour se documenter, découvrir des initiatives solidaires et écologiques et se restaurer enfin après ce long trajet et le froid revenu.

Foulards autour du cou © Georges-André Photos

Une responsable des Eclaireurs et éclaireuses de France m'a précisé la participation d'enfants aux foulards noués bien visibles à la gare : " Un des piliers de notre association est l'écocitoyenneté, avec les enfants et au quotidien on essaie de vivre au plus proche de la nature...apprendre tous ensemble avec des valeurs le plus tournées vers la biodiversité, le respect des son environnement, des autres etc... En 2021 l'assemblée générale de l'association a décidé de s'engager pour la lutte pour le climat, mais si c'est ...volontaire ! On a envoyé un message à tous les parents pour les prévenir de l'évènement et s'ils souhaitaient participer et venir avec leurs enfants. Les plus petits enfants doivent être accompagnés de leur parents, à partir de 12 ans avec l'accord de leurs parents, on les accompagnaient sur cette manifestation. Il y avait 15 enfants avec les parents et les responsables des éclaireurs ça faisait une quarantaine de personnes. Sur la manifestation, il y avait les groupes de Romagnat, de Chamalières, de Clermont-Ferrand, de Cournon..."

Soupe ou compote ? © Geirges-André Photos

Une longue queue plus loin sur l'herbe. En nous approchant, nous avons vu chauffer le chocolat à côté de pâtisseries-maison et à droite des marmites pleine de légumes (potiron, carottes, chou rouge et pommes.. )  pour confectionner soupes et compotes bienvenues. L'un des cuisinier m'a expliqué : "On est un Collectif qui s'appelle la Brigade de la fringale. On fait de la cuisine solidaire anti-gaspillage. On a des partenariats avec différents magasins dans Clermont chez qui on récupère des fruits, des légumes, du pain et d'autres types de produits et après on recuisine tout ça. Ensuite les repas sont vendus à prix libres, ceux que donnent les uns permet de payer des repas à d'autres qui n'ont pas forcément les moyens. Les repas sont distribués tout public, en fonction de là où on se pose, différents évènements, là où on est invités, là où on décide d'aller. On fait en moyenne deux à six manifestations par an. On était sur le marché de Noël, à" l'étonnant festin". On récupère ce que les commerçants veulent bien nous donner les produits abimés – des pommes on en fait de la compote, où qui n'ont pas la taille standard, ou des reste de fêtes par exemple le collectif "Utopie". Il faut avoir des bons réseaux. On récupère ponctuellement en fonction de nos besoins pour les évènements prévus. On contacte les magasins à J- 3 avant l'évènement auquel on va participer pour signaler qu'on va avoir besoin de denrées. On est dix/quinze dans ce collectif avec un noyau dur de quatre ou cinq personnes et la brigade existe depuis deux ans. Si on veut nous rejoindre : FACEBOOK ou Instagram sur BRIGADE DE LA FRINGALE."

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