"Trop c'est trop" proclame ce rassemblement intersyndical Education Nationale

Ce 24 juin, un rassemblement intersyndical Education Nationale était organisé devant le Rectorat de Clermont-Ferrand pour dire "Trop c’est trop ! Nous ne confinerons pas notre colère et nos revendications !" au premier rang desquelles les changements incessants de protocole sanitaire qui contraint à sa mise en place, à la dernière minute, sur des déclarations contradictoires, possible ou pas.

Ce 24 juin, un rassemblement intersyndical Education Nationale était organisé devant le Rectorat de Clermont-Ferrand pour dire "Trop c’est trop ! Nous ne confinerons pas notre colère et nos revendications !" au premier rang desquelles les changements incessants de protocole sanitaire dont le dernier en date est celui du 22 juin qui contraint, à la dernière minute, sur des déclarations contradictoires, à le mettre en place, possible ou pas. Il réunissait des militants de la FSU, Sud-Education, CGT-Educ'Action et de la FNEC FP F.O.

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Le communiqué intersyndical précise :

"Les personnels, sommés d’appliquer un nouveau protocole, seraient contraints de mettre en place de nouvelles règles, tout aussi inapplicables que les précédentes. Un nouveau casse-tête pour les collègues, une nouvelle pagaille générale annoncée !
Les personnels ont subi parfois trois réorganisations brutales du travail depuis le déconfinement (11-18 mai, 2 juin, 22 juin) sous des pressions hiérarchiques inacceptables et sans disposer de temps suffisant pour organiser des modifications dans l’accueil des élèves ou leur suivi à distance. Mais le ministre ne se contente pas de provoquer le désordre dans les écoles et les établissements à grand coups de mesures contradictoires, il met aussi à profit la crise sanitaire pour avancer dans ses objectifs de remise en cause de l’école publique et des statuts des personnels.

Ainsi, il met en place les 2S2C [Sport-Santé-Culture-Civisme] pour que les collectivités territoriales prennent en charge les élèves sur le temps scolaire. Il entend aussi faire passer une proposition de loi visant à créer un emploi fonctionnel de directeur-directrice d’école, qui les transformerait de fait en supérieur-e hiérarchique soumis-e aux IA-DASEN et aux élu-e-s locaux, bouleversant ainsi le fonctionnement des écoles. Il poursuit sa politique de suppressions de postes dans l’Education nationale. Il ne répond pas aux revendications des AESH [accompagnants d’élèves en situation de handicap]. Pire, il organise une répression inacceptable envers les personnels qui entendent résister à ses réformes, et notamment les syndicalistes Et, alors qu’il poursuit ces mesures inacceptables, les enseignant-e-s sont traîné-e-s dans la boue à longueur de journée dans les médias ! Trop c’est trop ! Nous ne confinerons pas notre colère et nos revendications !"

Ces organisations réclament : "l’abandon des 2S2C et de la proposition de loi sur la direction d’école, l’arrêt des suppressions de postes et la création des postes nécessaires dans l'Éducation nationale, la création d’un vrai statut avec un vrai salaire pour les AESH, l’abrogation de la réforme du baccalauréat et du lycée, des E3C et de Parcoursup, l’augmentation des salaires et l’augmentation du point d’indice, l’arrêt total des mesures et procédures engagées contre tous les personnels ayant participé à des actions syndicales contre les réformes et le Bac Blanquer"

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Dès 14h, un des responsable du rectorat a proposé à une délégation de venir rencontrer à 15h le secrétaire général du rectorat, son adjoint et son directeur de cabinet "en l'absence du recteur". La composition de la délégation a été fixé sous l'ombre des arbres devant le Rectorat, ombre bienvenue dans un après-midi dépassant largement les trente degrés.

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Chacune des quatre syndicats présents ont fait une déclaration devant le Rectorat avant cette délégation, notamment Fabienne pour Sud-Education a pris la parole devant ce rassemblement  :

"Si nous ne sommes pas très nombreux ce n’est pas parce que nos collègues ne sont pas d’accord avec nos revendications.Si toutes celles et tous ceux qui sont en colère étaient ici, la rue ne serait pas assez grande. Non, il faut chercher ailleurs les raisons de leur absence, sûrement dans les interdictions de manifester et surtout dans la fatigue de cette fin d’année scolaire.

N’en déplaise à ceux qui alimentent le prof bashing, à commencer par Blanquer, nous n’avons pas eu le loisir de cueillir les fraises, nous ne sommes pas non plus des décrocheurs et nous n’avons pas attendu que soit sifflée la fin de la récré pour travailler. Nous n’acceptons pas que l’on parle de nous comme de nos élèves, il faut refuser d’être en bute au mépris de notre hiérarchie, du gouvernement et des médias qui leur servent la soupe. Nous n’avons jamais arrêté de travailler, nous nous sommes adaptés à toutes les situations malgré les injonctions contradictoires, les mensonges et faux prétextes (sur les raisons de la réouverture des écoles et établissements par exemple) et un protocole modifié plusieurs fois. Ya Basta !"...

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..."Même s’il y a eu une pause de deux mois de confinement, cette année scolaire, a été riche en mobilisations. Nos organisations syndicales ont appelé dans l’unité à de nombreuses journées de grève et de mobilisation en interpro (en particulier sur les retraites) et dans l’EN. Aujourd’hui nous sommes encore là pour dénoncer la politique réactionnaire du ministre Blanquer. Cette politique ne vise qu’à la destruction du service public de l’Education Nationale. Nous sommes opposés au projet de réforme sur la direction d’école, aux 2S2C (qui ne font d’ailleurs pas un tabac) et aux « vacances apprenantes ». Nous réclamons l’abrogation des réformes du baccalauréat, du lycée, de la voie professionnelle et de Parcoursup.

La crise du coronavirus a démontré la faillite des politiques libérales et du néo-capitalisme en particulier dans les services publics, l’Education Nationale notamment. Nous revendiquons plus de postes, la fin de la précarité (titularisation des contractuel·le·s, création d’un vrai statut pour les AESH) et des augmentations de salaires."...

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..."Pour la rentrée 2020, un plan d’urgence pour l’éducation est indispensable :
- il faut d’urgence améliorer les conditions d’accueil et d’étude des élèves à la rentrée 2020 afin de réduire les inégalités qui se sont creusées pendant la crise sanitaire.

- il faut un plan d’embauches massives de personnels enseignants, d’éducation, médico-sociaux, d’orientation, administratifs et ouvriers.

Une grande partie de la population ne veut pas que le monde d’après soit comme celui d’avant ! Pour une société meilleure, nous ne pouvons compter que sur nous.Nous avons repris la rue, nous ne lâcherons rien ni en ce qui concerne l’EN, ni en ce qui concerne la société toute entière ! Il y a urgence à agir pour la transition écologique, pour la justice sociale et environnementale. Il faut lutter encore pour le retrait du projet de loi de retraite à points ! Enfin, nous n’oublions pas que certains de nos camarades sont encore sous la menace de sanctions suite à notre journée de lutte contre les E3C au lycée Blaise Pascal. Nous exigeons la fin de toute poursuite à leur encontre comme à l’encontre de tous les syndicalistes poursuivis en France."

Pour les menaces de sanction (re)lire pour se rappeler : 13 février Non à l'état policier: front uni syndical et climatique

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Infos :

Les organisations syndicales organisent une manifestation nationale ce 25 juin à Gerzat à 11h devant l'usine de LUXFER avec les interventions prévues de divers leaders politiques et syndicaux nationaux, l'occasion de rendre hommage à Yann Augras et aux GM & S, de donner la parole aux syndicats de la santé et des services publics : stopper la politique de destruction sociale (Michelin, Eramet, MSD, Renault Trucks, General Electric, Dietal, Constellium, Hop...)

Les organisations de la Coalition B.D.S 63 appellent à un rassemblement déambulatoire le samedi 27 juin à 16h au départ de la Place de Jaude pour faire une chaîne humaine la plus longue possible portant des visuels : NON A L'ANNEXION DE LA PALESTINE.

 

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