26 janvier - Des étudiant.es motivé·e·s par la FAGE et son après-midi dynamique

Sur le campus des Cézeaux (Université Clermont-Auvergne), pour la journée nationale de mobilisation, la FAGE a organisé une demi-journée conviviale et pédagogique pour rompre l'isolement dramatique et mobiliser. Les étudiant.es veulent aller en cours, pas toujours seul devant l'écran, pas pour une journée par semaine, sorte d'os à ronger impossible à assumer côté administration et étudiants.

Pour ce 26 janvier, vous pouvez également lire le billet de la manifestation des personnels Education Nationale qui s'est rassemblée à 10h place Delille.

A midi ce même jour, sur le campus des Cézeaux, partagé entre les communes de Clermont-Ferrand et d'Aubière, place Vasarely, dans le cadre d'une journée nationale de mobilisation des étudiants, la FAGE  (Fédération des Associations Générales Etudiantes) a organisé une demi-journée conviviale et pédagogique propre à sortir les étudiants d'un isolement dramatique et les dynamiser malgré la situation. Ils veulent aller en cours sur les bancs de l'Université Clermont-Auvergne, pas pour une journée par semaine, une sorte d'os à ronger, impossible à assumer côté administration et étudiants.

A rebours des discours sur l'insouciance « des étudiants », les prescriptions sanitaires sont scrupuleusement rappelées et respectées : à l'entrée comme à la sortie, un étudiant propose clairement du gel qui se trouve en flacons et en bidon 5l sur une table. Au cours des animations, le rappel des gestes-barrières et de la distanciation est répété. Vous remarquerez aussi, sur une vidéo, le changement de micro précédé par l'utilisation du gel. Un casse-croûte est prévu dans un sachet-papier évitant tout contact. Quelle leçon !

Pas chaud sur la place mais chaud au coeur de se trouver et retrouver. © Georges-André Photos Pas chaud sur la place mais chaud au coeur de se trouver et retrouver. © Georges-André Photos

 Loris  LEJCZYK, vice-président de la FAGE Auvergne nous explique pourquoi cette journée :

"Cette journée c'est l'application en local d'une grande mobilisation nationale universitaire qui a été initiée par la FAGE la première association représentative des étudiants en France. Ce qu'on veut montrer  par cette mobilisation qui n'est pas une manifestation, c'est que les étudiants sont capables de se responsabiliser pour pouvoir suivre des cours en présentiel.

On a décider d'allier le plaisir et la pédagogie, là on commence par un petit réveil musculaire comme il fait assez froid. Par la suite, on aura des interventions où chacun pourra prendre la parole avec le micro pour donner son ressenti avec le Covid, comment est-ce qu'il a vécu sa situation en tant qu'enseignant ou autre personnel, comme étudiant. Dans tous les cas, voir comment ils le vivent par rapport à la détresse sociale.

Aujourd'hui on a énormément en fait d'étudiants qui se sentent mal. On a fait une enquête IPSOS. L'été dernier suite au 1er confinement, 23% des étudiants sondés ont eu des pensées suicidaires suite au premier confinement. Donc on aura une nouvelle enquête qui sera faite durant l'été, mais on a des chiffres assez alarmants qu'on a pu mettre sur ce mur pour montrer à tout le monde que tout ça finalement, le tout distanciel peut créer maintenant, des problèmes qui vont être psychologiques pour les personnes qui vont les toucher particulièrement pour aller du décrochage scolaire à l'abandon des études: on va avoir 40% des étudiants qui vont penser décrocher de l'université : On a une promotion en première année de droit en Savoie où plus de 40% des étudiants L1 ont abandonné. Donc on est là pour montrer, pour promouvoir ce retour au présentiel.

Ici à Clermont, nous n'avons pas pu avoir tous les chiffres, le tout distanciel ne permet pas de savoir combien d'étudiants précisément ont pu lâcher. On a justement pour idée maintenant de lancer des grands diagnostics pour montrer qu'on pense aux étudiants qui peuvent être seuls dans leur chambre de 9 mètres carrés et justement pour les recenser et organiser un accompagnement social et psychologique auprès des étudiants."

Nous rencontrons deux jeux de ballons fort prisés pour se dégourdir les jambes notamment : Un tir sur un pantin en carton fixé sur un fil solide mais non attaché au sol. A l'instant où je m'avance, un tir des plus vigoureux lui coupe une jambe. A côté une poubelle au sol fait office de panier pour un lancer-basket. Là pas en force mais en adresse.

Sur le carton l'inscription "Etudiant en 2021". De quoi se sentir massacré.e ! © Georges-André Photos Sur le carton l'inscription "Etudiant en 2021". De quoi se sentir massacré.e ! © Georges-André Photos

Aresse mais la poubelle sont les poches de l'étudiant.e qui n'attrape pas grand chose ! © Georges-André Photos Aresse mais la poubelle sont les poches de l'étudiant.e qui n'attrape pas grand chose ! © Georges-André Photos

La suite des réjouissances se passe sous la passerelle :

 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

 L'étudiante-animatrice propose un atelier « la rivière du doute » pour travailler sur les discriminations du quotidien qui peuvent vite s'ancrer durablement. Des étudiant·e·s se mettent en ligne. Des situations posant question sont données.Ils se positionnent en changeant de position dans la ligne en fonction de leur avis. Il est possible en cours de discussion de changer d'avis donc de position comme de rejoindre cette ligne pour ceux/celles qui le désireraient. Des avis divergents ou non viendront en expliciter les raisons non pour se mettre d'accord mais pour alimenter le débat, la discussion. Pour la mise en ligne, l'animatrice demande de se distancier et respecter les gestes-barrières.

Laissons-leur la parole c'est encore mieux : La musique (1ère vidéo) et l'écriture inclusive (2ème vidéo) 

La musique un peu trop remarquée, peut-être lourdement, peut-être pas © Georges-André Photos

L'écriture inclusive nécessaire ou pas ? lisible ? aisée ? © Georges-André Photos

 

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