J'en ai marre !

C'était en décembre dernier, j'écrivais je marcherai à contre-sens. Je pouvais encore m'amuser et moquer ces gendarmes qui me signifiaient l'interdiction de « marcher à contre-sens » des hordes de supporters sortants du Parc des Princes. Depuis le pays a progressé dans ce qu'on pourrait nommer l'absurde s'il ne découlait du choix des urnes.

Devant le Parc des Princes - pendant la coupe d'Europe de foot 2016 © Gilles Walusinski Devant le Parc des Princes - pendant la coupe d'Europe de foot 2016 © Gilles Walusinski

C'était en décembre dernier, j'écrivais je marcherai à contre-sens. Je pouvais encore m'amuser et moquer ces gendarmes qui me signifiaient l'interdiction de « marcher à contre-sens » des hordes de supporters sortants du Parc des Princes. Depuis le pays a progressé dans ce qu'on pourrait nommer l'absurde s'il ne découlait du choix des urnes.

Malgré mon empressement à sortir du métro juste avant la sortie du match PSG-Toulouse, hier le 20 août, j'arrivais à l'angle de la rue qui longe le périphérique, à deux pas de mon domicile. Une foule dense, uniformément vêtue de publicités pour Emirates, me faisait face ; ma stratégie s'improvisait pour faufiler ma vieille carcasse jusqu'à bon port ; quand deux policiers en tenue « ordinaire » se calent devant moi en hurlant « c'est interdit » !

Interdit ? Sécurité publique me répondent-ils en cœur, sans la moindre aménité cordiale. Je tente de continuer mon chemin, les quelques cent mètres restant jusqu'au porche salvateur. Le moins aimable mais le plus brutal des agents m'agrippe par le col et me menace. J'affirme mon seul désir de rentrer chez moi, ce qui m'est interdit en vertu d'une décision dont seul monsieur Collomb doit avoir connaissance, en vertu de l'État de travers qu'il représente.

Mon salut devait passer par la présentation de mon passeport que le costaud n'arrivait pas à lire, dont il tournait les pages fébrilement espérant sans doute y trouver prétexte à me refuser toute liberté de m'éloigner de lui. Son collègue savait lire et son air dépité à me dire vous pouvez rentrer chez vous ne calmait pas ma colère. De la dictature du fric et de la bêtise, oui, j'en ai marre !

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