mot de passe oublié
onze euros les trois mois

Restez informé tout l'été sur Mediapart !

Profitez de notre offre d'été : 11€ pour 3 mois (soit 2 mois gratuits) + 30 jours de musique offerts ♫

Je m'abonne
Le Club de Mediapart jeu. 25 août 2016 25/8/2016 Dernière édition

La République –presque– déballée

Ce billet fait suite à celui que j’ai publié le 16 septembre 2012 sous le titre « La République emballée… ».

http://blogs.mediapart.fr/blog/gilles-walusinski/160912/la-republique-emballee

En ce lendemain de Noël j’ai décidé de retourner voir cette place de la République en travaux, voir si, l’hiver étant là, les familles Rroms sont encore sur les trottoirs avec leurs nombreux jeunes enfants.

Cette fois, en partant de la porte de Saint-Cloud, j’ai décidé de me faire accompagner de ma fidèle amie Sauvette, fidèle à son image vous vous en doutez. Le métro, en cette semaine de fêtes, n’a pas changé d’allure et les portraits « en pieds » du mois de septembre me tentent à nouveau. Les téléphones occupent les mains pendant que la lecture est en régression, dit-on. Une dame, très seize, lit Paris Match dont la couverture titre « Depardieu l’homme blessé ». Sauvette, choquée me pousse du coude, la photo est bougée.

 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski

Arrivé à République je découvre la statue déballée, entourée d’un chantier interminable. Comme Depardieu ? Ah, vous avez dit minable ? Mais non inter – minable…

Direction le faubourg du Temple, et là première surprise d’un campement sommaire déserté, le matelas resté sur place après un incendie ne laissant qu’une trame de ressorts noircis. Les traces au sol, Sauvette me le fait remarquer, sont récentes. Quelques pas plus loin une jeune femme, seule sur une autre couche sommaire. Bien que je prenne une photo d’assez loin, arrivé de nulle part, son compagnon vient vers moi et me dit qu’il est interdit de photographier. J’engage une conversation difficile sur la Roumanie. Le jeune homme, bel homme, ne parle que quelques mots de français. Quelques pièces font de l’interdiction annoncée une conversation sur l’impossibilité de trouver un travail. Je demande où sont les enfants que j’avais vus en septembre. À l’abri d’un soi-disant hypothétique dois-je comprendre.

Sur le trottoir qui longe les vitrines du magasin Go Sport, l’autre famille Rrom n’est plus celle de septembre. Sauvette me fait constater que le magasin a dû chasser les occupants de ses recoins vitrés qui se sont exilés contre la palissade du chantier, en vis à vis.

 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski

Sauvette s’éloigne pendant que je demande à la mère de famille l’autorisation d’une photo. C’est le garçon le plus grand qui fait office d’interprète. La tolérance se marchande à quelques euros, bien insuffisants à résoudre leur dénuement. La femme me demande de téléphoner au 115 pour leur trouver un domicile. Le 115 ne répond pas. Je promets de leur apporter la photo.

En poursuivant la rue, jusqu’au canal Saint Martin, je décide de m’intéresser aux vitrines. Sauvette me fait remarquer mon itinéraire erratique qui me ramène sur la place dont je fais le tour. Les quelques images qui suivent accompagnent mon parcours jusqu’à la Bastille. Des affiches sur la bourse du travail, des affiches sur les palissades, des vitrines plus ou moins cocasses. Sur l’une il est conseillé de cliquer, sur une autre une affichette nous donne le numéro de téléphone au bout duquel nous attend un chèque cadeau…

 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski

Un bistrot se dit populaire et, comme me le rappelle Sauvette, l’affiche du métro l’était également. Juste à côté de la grande brasserie Boffinger, une jeune femme Rrom et ses trois enfants que Sauvette me conseille de voir floue, enfants si jeunes oblige.

 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski

Enfin je décide d’un retour en bus après qu’une fillette ait tenté de dompter de son blanc foulard un piquet de la bande à Decaux. Comme disait ma grand-mère le bus, rue Saint Antoine puis rue de Rivoli est « bombé ». Fréquence réduite pour cause de congés, affluence record pour cause de congés ! Une jeune femme rêve d’un ciel meilleur et un garçonnet dans les bras de son père ne tarderait pas à s’endormir jusqu’à la Porte de Saint-Cloud.

PS : on peut cliquer sur les photos pour les agrandir...

PS 2 : lecteur, en bout de ligne les images pour méditer sur le "photo journalisme" au quotidien...

 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Tous les commentaires

Magnifique !

Une ballade à Paris, avec le spleen d'un Baudelaire et le regard d'un Victor Hugo, sur la misère des enfants Roms.

Pas de place dans des foyers ? Pour des enfants qui dorment dehors l'hiver.

Pas de place non plus dans les coeurs.

Le bitume d'une ville et l'éternité des photographies dans le gris nostalgique d'un paradis perdu, celui de l'humanité.

Etre humain. Ou comment le redevenir ? 

 

Cet été, Mediapart vous accompagne partout !

onze euros les trois mois

À cette occasion, profitez de notre offre d'été : 11€/3 mois (soit 2 mois gratuits) et découvrez notre application mobile.
Je m'abonne

Le blog

suivi par 83 abonnés

Le blog de GILLES WALUSINSKI