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Billet de blog 27 février 2017

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Puisqu'union à gauche il n'y aura pas, je vais voter... (1/3)

Souhaitable mais dès le départ improbable, cette union entre les divers candidats portant la vision d'une gauche écologiste et sociale ne se fera pas.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La victoire imprévue de Hamon aux primaires du PS avait ouvert une fenêtre quelques semaines avant improbable, celle de 3 candidats portant au minimum les mêmes préoccupations même si les solutions proposées pouvaient différer en partie, à savoir l'urgence écologique et sociale, mais aussi la possibilité que répondre à l'urgence écologique permettait de répondre à l'urgence sociale, par la création d'emplois non délocalisables qu'elle implique.

L'union des 3 candidats portant ces priorités permettait non seulement la perspective arithmétique d'une présence au second tour et d'une victoire, ce qui était déjà quelque peu réjouissant (jamais cela n'étant arrivé), mais aussi et surtout la création d'un élan nouveau suscitant un vote d'adhésion et non d'une part un vote pour le moins pire ou d'autre part par l'abstention.

Las, comme il était probable, cette union ne s'est pas faite, à cause de visions soit trop court-termiste si l'on est pessimiste, soit trop long-termiste si l'on accorde un crédit optismiste aux motivations des différents candidats impliqués dans cette union et de leurs équipes. Je vais m'expliquer de cette apparente contradiction en expliquant quelles étaient les motivations des différents candidats à mon sens.

Je vais commencer par Jadot qui était des 3 celui qui ne pouvait guère avoir d'espoirs à court terme, tant il était promis à l'habituel score anecdotique de l'écologie politique. Les verts puis EELV ont toujours été en avance, on ne peut leur retirer cela, sur la prise de conscience de l'importance des problèmes écologiques. Làs, du fait du fonctionnement des institutions françaises et de leurs nombreuses erreurs stratégiques, ils n'ont jamais pu concrétiser cette avance en mouvement d'adhésion, bien qu'une majorité de français partage leurs préoccupations.

Il était donc logique qu'il soit le plus actif dans cette recherche d'une union des 3 candidats puisqu'il n'avait pas d'espoir à court terme. Il a acté le fait que son mouvement était plus un lanceur d'alerte sur les problèmes écologiques sans pouvoir en récolter les fruits lui-même. Malheureusement, il a commis à mon sens une (nouvelle) erreur stratégique en faisant un accord avec Hamon, avant même qu'une union avec Mélenchon soit discutée. Il aurait du, je crois, rester sur une position accord à 3, sinon rien.

Hamon, lui, n'a semble-t-il pas vu cette fenêtre qui s'ouvrait, mis à part dans l'euphorie du soir de sa victoire de la primaire. Il n'a pas suffisamment compris que son élection était due à une part importante d'électeurs qui ne votent pas PS habituellement. Ainsi, au lieu de secouer le cocotier du PS, d'expliquer aux caciques "voici ce que nos électeurs veulent", il semble s'enfermer dans une tactique de sauvegarde de ce qu'il reste du PS, vision court-termiste. Et pourtant, quelle importance cela aurait-il qu'un certain nombre de caciques partent se réfugier chez Macron? La véritable question est combien d'électeurs ces caciques emmèneraient-ils avec eux? Bien peu en vérité, les électeurs n'attendant plus de consignes de vote depuis bien longtemps.

Ainsi, en adoptant cette recherche d'impossible synthèse au sein du PS, il sacrifie le long terme au court terme.

Reste Mélenchon. Toute sa stratégie depuis 2012 est, me semble-t-il, de dépasser le PS, de devenir avec la France Insoumise le premier mouvement de gauche non pas pour une victoire en 2017 mais en 2022. Cette stratégie a été chamboulée par la victoire innatendue de Hamon à la primaire du PS. En effet, plutôt que de se retrouver avec un candidat PS portant le bilan désastreux du PS au gouvernement, il se retrouve avec un candidat PS qui l'a souvent contesté en interne (mais si ce n'était pas suffisant selon certains) et qui porte les mêmes préoccupations écologiques et sociales.

A partir de cela, il était difficile à Mélenchon, même si il a certainement vu cette fenêtre, d'abandonner à quelques mois de l'élection cette stratégie, et de risquer en plus de se couper d'une partie de sa base la plus anti-PS. Cependant, pour ma part, cette stratégie qui repose sur la possibilité d'une victoire en 2022, voire 2027, si elle l'absout des considérations égotiques dont certains l'accusent, risque de le NPAiser. Autrement dit, face à l'urgence qui elle n'attend pas, ne faut-il pas considérer quelques concessions permettant en contre-partie de répondre à une partie des problématiques plutot que d'attendre de pouvoir mettre en place l'intégralité de ses solutions.

Une fois cette tentative d'analyse faite, reste la seconde partie de mon titre et mon choix de vote en 2017. Ce billet étant suffisament long, cela fera l'objet d'un second billet...

Ajout du 27/2/17

La suite de ce billet est ici: https://blogs.mediapart.fr/godefroy/blog/280217/puisquunion-gauche-il-ny-aura-pas-je-vais-voter-23

Ajout du 3/3/17

Et la suite de la suite ici https://blogs.mediapart.fr/godefroy/blog/030317/puisquunion-gauche-il-ny-aura-pas-je-vais-voter-23

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