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Billet de blog 27 août 2022

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Tudo o que eu quero (à propos des artistes lusitaniennes)

Le Centre de Création Contemporaine Olivier Debré à Tours fait la part belle aux artistes portugaises. En réunissant un ensemble de deux cents œuvres multimédia produites par quarante artistes femmes, « Tout ce que je veux » propose une traversée dans l’histoire de l’art du Portugal du début du XXème siècle à nos jours par le prisme de la création féminine.

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Illustration 1
Aurélia de Sousa (1866-1922) Autorretrato [Self-Portrait], 1900 Óleo sobre tela / Oil on canvas; 45,6 x 36,4 cm Museu Nacional de Soares dos Reis, inv. 878 Pin MNSR[Crédito Fotográfico: © Museu Nacional Soares dos Reis / Direção Geral do Património Cultural / Arquivo de Documentação Fotográfica / Manuel Palma]

À Tours, le CCCOD se met à l’heure lusitanienne en accueillant l’exposition « Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020 », fruit d’un partenariat avec le ministère portugais de la culture et la Fondation Calouste Gulbenkian dans le cadre de la « saison croisée France-Portugal 2022 ». L’exposition aurait dû être présentée à Bozart, le palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 2021 dans la cadre de la présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne mais un incendie en a décidé autrement. Elle fut finalement présentée au pied levé à la Fondation Gulbenkian à Lisbonne et a été réadaptée aux espaces du centre d’art tourangeau. Elle propose de restituer, en deux cents œuvres, une histoire des développements artistiques qu’a connus le Portugal au XXème siècle par le biais de ses artistes femmes. Le titre même de l’exposition est inspiré de Lou-Andreas Salomé (1861-1937), autrice germano-russe et l’une des premières femmes psychanalystes, qui développe l’une des réflexions les plus brillantes sur la place des femmes dans l’espace social et « annonce l’utopie d'une culture féminine[1] ». Il affirme l’esprit d’indépendance, d’assurance et de pouvoir des artistes exposées qui ne doivent leur place qu’à la force et la qualité de leurs propositions artistiques.

Illustration 2
Maria Helena Vieira Da Silva, « Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020 » vue d’exposition au CCC OD, Tours, France, mars 2022 © Photo(s) : F. Fernandez, CCC OD - Tours

Le but premier de cette exposition est de rééquilibrer une histoire de l’art nationale qui, comme partout ailleurs en Occident, n’a eu de cesse d’invisibiliser les artistes femmes par un effacement systématique, dans le contexte politique spécifique au Portugal de l’« Estado Novo[2] », l’un des plus long régimes autoritaires dans l'Europe du XXèmesiècle (1933-1974). En se focalisant sur des œuvres produites sur un peu plus d’un siècle, l’exposition déplie un parcours dont les ramifications témoignent de la volonté d’affirmation face à un système dominant. 

« Concevoir une exposition d’œuvres d'artistes femmes portugaises se heurte à des défis multiples et variés. Pour nous, le plus grand fut de ne pas céder à la tentation de répondre à un tel énoncé par une interprétation directe, et éviter de faire de cette manifestation un portrait de ce qui est féminin, de ce qui est portugais, et de ce qu’il y a de féminin dans l’art portugais[3] » précisent Helena de Freitas et Bruno Marchand, les commissaires de la manifestation. « Nous devons également garder à l’esprit qu’encore aujourd’hui, alors que le XXIe siècle est bien engagé, rien n’est pour autant consolidé en matière d’égalité des sexes, et que ces œuvres sont des exemples de la longue lutte collective pour le droit des femmes à être pleinement reconnues en tant qu’artistes[4] ». Réunissant peintures, sculptures, dessins, objets, livres, céramiques, installations, films et vidéos, l’exposition montre comment, dans un milieu extrêmement masculin, des femmes vont se défaire du statut de modèle pour s’emparer de celui de créatrices.

Illustration 3
Susanne Themlitz, De la série «Vertébrés et invertébrés II», 2007, « Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020 » vue d’exposition au CCC OD, Tours, France, mars 2022 © Photo(s) : F. Fernandez, CCC OD - Tours

Comment se représenter et représenter le monde ?

L’« autoportrait » d’Aurélia de Souza (1866-1922) daté de 1900 constitue le point de départ symbolique de cette autre histoire de l’art dans laquelle les femmes quittent un rôle introspectif et réservé qui leur est assigné pour adopter une posture qui, dans la détermination du regard comme dans l’engagement du corps, affirme une position d’artiste, bien décidée à mesurer le monde de son attention singulière afin d’en élargir la vision par son œuvre. Ainsi, les artistes présentées ont en commun une façon inusitée d’imposer leur présence, certaines au niveau international, tant dans la reconnaissance critique que sur le marché de l’art, à l’image de Maria Helena Vieira da Silva (1908-1992), première femme à recevoir le Grand Prix national des arts créé par le gouvernement français, Paula Rego, seule femme marquante de l’École de Londres[5], mais aussi Helena Almeida, Lourdes Castro ou, plus récemment, Joana Vasconcelos. Le parcours conduit le visiteur vers de multiples récits qui sont autant de thématiques singulières explorées par les artistes, dont les univers créatifs ont contribué aux débats esthétiques du XXème siècle.

Illustration 4
Rosa Carvalho (1952) L’Odalisque blonde, 1992 Óleo sobre tela / Oil on canvas; 140 x 180 cm Coleção Particular / Private Collection © Rosa Carvalho, 2021 Crédito Fotográfico: © Laura C.C. / Paulo Cintra / 2020

Presque cent ans séparent l’art d’Aurélia de Souza de celui de Rosa Carvalho (née en 1952 à Lisbonne où elle vit et travaille). La première incarne le moment historique de la prise de conscience de l’affirmation de l’autrice par une autoreprésentation quasi obsessionnelle et un regard fermement tourné vers l’extérieur assumant pleinement le glissement de la place des femmes dans l’art, de la muse à l’artiste. La seconde gomme littéralement le corps féminin des grands tableaux classiques telle la « Danaé » (1636-47) de Rembrandt ou « l’odalisque blonde » (1751) de François Boucher, effaçant le sentiment de désir masculin et de voyeurisme à l’œuvre dans les originaux. Le dialogue qui s’instaure entre les deux artistes à travers ce jeu de présence/ absence, d’affirmation et d’effacement, énonce d’emblée la problématique de la place des femmes dans l’histoire de l’art. Pour son autoportrait en Saint-Antoine, Aurélia de Souza questionne l’identité de genre en se mettant en scène et se photographiant travestie en homme dans une pratique inédite et étonnamment précoce pour le Portugal, l’œuvre étant exécutée en 1902. À côté, un petit tableau de Maria Helena Vieira da Silva, daté de 1936-37, semble contenir à lui seul l’essence même de l’exposition. « Moi, réfléchissant sur la peinture » opère la synthèse d’une attitude commune à la plupart des artistes exposées ici : « l’intériorisation d’un désir d’affirmation, impérieux et obsessionnel, au moyen de l’entreprise artistique[6] ».

Illustration 5
Rosa Ramalho (1888-1977) Animal, 1960 Material inorgânico, barro pintado / Inorganic material, painted clay; 14,6 x 7,6 x 8,8 cm Museu de Olaria / Município de Barcelos, inv. 05.3.33 © Herdeiro de / Heir of Rosa Ramalho Crédito Fotográfico: © Museu de Olaria, Pedro Cunha, 2007

Le dialogue engagé se poursuit à travers trois ensembles sculpturaux. Les céramiques colorées de Rosa Ramalho (1888-1977) sont très majoritairement des figurines de Barcelos, représentant des personnages du quotidien accompagnés d’un large bestiaire. Cette expression d’un art populaire qui se distingue par sa fonction non utilitaire, imprègne l’exposition d’une touche bienvenue de grotesque et de vernaculaire. La sculpture dérisoire de l'artiste germano-portugaise Susanne Themlitz (née en 1968 à Lisbonne où elle vit et travaille) renouvelle cet univers, restituant la conscience d'un corps composite et fragmentaire, tandis que les sculptures-objets (1994) de Patricia Garrido (née en 1963 à Lisbonne où elle vit et travaille) prennent les formes organiques d’un corps en représentation de plaisir, jouant avec le pouvoir de suggestion de leur titre « O prazer é todo meu » (« Tout le plaisir est pour moi »).

Illustration 6
Paula Rego (1935) Mãe [Mother], 1997 Pastel sobre papel montado em alumínio / Pastel on paper mounted on aluminium; 195 x 145 x 6 cm Fundação Calouste Gulbenkian – Centro de Arte Moderna, inv. 98P605 © Paula Rego Créditos Fotográficos: Fundação Calouste Gulbenkian – Centro de Arte Moderna. Fotografia / Photo: José Manuel Costa Alves

Dans les autoportraits de Sarah Affonso (1899-1983) et Maria Helena Vieira da Silva, le thème du regard est exploré à partir du miroir et de l’image qu’il renvoie à l’artiste. Celle-ci se mire, se reconnait, s’invente dans l’acte d’observation. Mais le miroir ne reflète pas seulement l’artiste. Il inclut son environnement direct, l’espace de la maison, de l’intimité. Affonso intègre ses compagnons, collègues et amis artistes dans une série de portraits masculins qui inverse le couple traditionnel de la muse et du peintre, les positions du dominé et du dominant. Le corps comme centre de narrations fortes joue sur les identités de genre, provocateur chez Paula Rego (1935-2022) lorsqu’elle affuble un prêtre d’une jupe dans le tableau « Mãe (Mère) » qu’elle exécute en 1997, subversif dans l’étude photographique (vers 1902) pour « Saint-Antoine (Autoportrait) » dans laquelle Aurélia de Souza apparait travestie en homme et en saint, les deux œuvres instaurant un dialogue inédit à presque cent ans d’écart. Menez (1926-1995), dont Paula Rego disait avoir tout « volé » d’elle[7], explore, dans ses environnements imaginaires et mélancoliques, l’espace de l’intimité et de la solitude. L’espace de travail, qu’elle matérialise par sa présence, y figure comme un lieu vital.

Illustration 7
Menez (1926-1995) Sem título [Untitled], 1988 Acrílico sobre tela / Acrylic paint on canvas; 135 x 164 cm Coleção / Collection Fundo de Pintura do Ministério das Finanças, inv. 007975 SGMF © Menez, SPA, 2021 Créditos Fotográficos: Fundação Calouste Gulbenkian – Centro de Arte Moderna. Fotografia / Photo: Catarina Gomes Ferreira

Les assemblages d’objets utilitaires de Lourdes Castro (1930-2022) comme ses portraits d’amis dans des situations triviales révèlent l'intégration, dans la seconde moitié du XXème siècle, de la vie quotidienne et de la culture de masse dans la création artistique de l'époque. Alors que les objets sont détournés de leur utilité première, les portraits, construits uniquement de contours et d’ombres, en soulignent les formes les plus fondamentales. Les œuvres de Sonia Almeida (née en 1978 à Lisbonne où elle vit et travaille), la benjamine de l’exposition, leur répondent. Entre figuration et abstraction, elles interrogent la peinture comme construction de signes, élan décoratif et processus intellectuel. La standardisation des modes et formes de loisirs s’incarne dans la série photographique « Portobello » (2008) de Patricia Almeida (1970-2017), utopie grotesque concentrant tous les stéréotypes des bords de mer.

Illustration 8
Lourdes Castro, « Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020 » vue d’exposition au CCC OD, Tours, France, mars 2022 © Photo(s) : F. Fernandez, CCC OD - Tours

« Les femmes de mon pays »

L’exposition se poursuit dans la galerie blanche au premier étage qui s’ouvre sur l’espace de l’écriture comme espace d’affirmation illustré par des œuvres d’Isabel Carvalho et Joana Rosa, tandis qu’Helena Almeida et Ana Vieira incarnent deux approches différentes de la fusion de l’artiste et de l’œuvre. Elles revendiquent toutes les deux le statut d’autrices mais également de modèles. Si leur corps est l’élément central de leur œuvre, c’est un corps universel, neutre, diamétralement opposé au concept d’autoportrait. Dans le cas d’Helena Almeida, il s’agit d’« un corps-idée qui place son corpus photographique sous l'égide du photoconceptualisme[8] ». Ana Vieira explore quant à elle la dichotomie présence/ absence en découpant les formes de vide dans lesquelles l’identité se questionne pour mieux s’affirmer.

Illustration 9
« Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020 » vue d’exposition au CCC OD, Tours, France, mars 2022 © Photo(s) : F. Fernandez, CCC OD - Tours

La dimension visuelle de l’écriture est illustrée par le travail d’Ana Hatherly qui « croise les échos de la révolution politique – la Révolution des œillets en 1974 – avec ceux de la libération du sens par rapport à la lettre et au mot[9] ». Dans l’œuvre de Salette Tavares (1922-1994), qui se construit contre le formalisme académique, les mots retrouvent leur sens mais deviennent des jeux et pièges de langage. La maison, construction privée, espace de l’intime, est habitée par nos fantômes. Maria José Oliveira (née en 1943 à Lisbonne où elle vit et travaille), dont le travail artistique se caractérise par une double attention accordée au corps et à la nature, remplit sa maison des moulages de son corps. Elle en devient l’enveloppe, lieu de tension entre l’intérieur et l’extérieur. Angela Ferreira (née en 1958 à Maputo, Mozambique, vit et travaille à Lisbonne) porte une attention aux dimensions formelles, sociales, économiques et politiques des réalisations d’architectures et de design, rappelant que toute expression est chargée d’une idéologie concernant la manière de gérer les tensions entre le public et le privé, l’identité et le collectif, le politique et l’individuel.

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« Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020 » vue d’exposition au CCC OD, Tours, France, mars 2022 © Photo(s) : F. Fernandez, CCC OD - Tours

Plusieurs pièces acquièrent une dimension féministe en faisant référence au travail d’autres femmes. Car, si les artistes présentes dans l’exposition ont toutes une conscience aiguë de la condition féminine, rare sont celles qui, à l’image de Paula Rego, utilisent un langage explicitement féministe.« J’avais vraiment envie de montrer une fille dessinant un homme. L’inversion des rôles est intéressante parce qu’elle lui donne le pouvoir (...). Dans le fond, peindre des tableaux, c’est comme être un homme, (...) même la façon dont vous vous tenez debout ou assis à quelque chose d’agressif[10] » explique Rego.

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« Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020 » vue d’exposition au CCC OD, Tours, France, mars 2022 © Photo(s) : F. Fernandez, CCC OD - Tours

Le politique survient à différent endroits du parcours, avec par exemple les drapeaux de Carla Filipe (née en 1973 au Portugal, vit et travaille à Porto) qui en fait les témoins des luttes syndicales des cheminots au cœur de la première république portugaise (1910-1926). Dans ses tableaux au réalisme brutal, Graça Morais (née en 1948 à Vieiro) semble interroger l’humanité tout entière en figeant les moments tragiques de notre actualité – migrants de Méditerranée ou réfugiés de la guerre de Syrie. Si son œuvre est difficile à regarder, c’est parce qu’elle nous renvoie à notre propre responsabilité, jusque dans nos silences.

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Graça Morais (1948) A Caminhada do Medo X [The Walk of Fear X], 2011 Pastel e carvão sobre papel / Pastel and charcoal on paper; 102 x 152 cm Coleção da Artista / Collection of the Artist © Graça Morais Créditos Fotográficos: © João Krull

Les films de Filipa Cesar (née en 1975 à Porto, vit et travaille à Berlin) réveillent un passé totalement occulté jusque-là en se concentrant sur l’exil forcé à Castro Marim. Dans cette petite ville de l’Algarve vouée à la production du sel étaient déportées les dissidents sexuels, en particulier ceux des classes populaires – les homosexuels et lesbiennes de l’élite sociale ne souffriront quasiment pas de la répression.

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« Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020 » vue d’exposition au CCC OD, Tours, France, mars 2022 © Photo(s) : F. Fernandez, CCC OD - Tours

Le projet éditorial « As Mulheres do Meu País (Les Femmes de mon pays) » de Maria Lamas (1893-1983), aujourd’hui considéré par beaucoup comme une œuvre de contre-pouvoir, est publié en fascicule entre mai 1948 et avril 1950 pour protester contre la dissolution du Conseil national des femmes portugaises que l’autrice, journaliste et militante féministe présidait depuis 1945. Le livre rompt avec l’iconographie folklorique des travailleuses mis en place par le régime dictatorial de l’Estado Novo, développant une approche idéologique et documentaire singulière.En réunissant un large corpus d’images, Lamas rend compte des coutumes, activités et conditions de vie des femmes portugaises au milieu du XXème siècle. L’ouvrage déborde largement le cadre du portrait minutieux pour s’ériger en hommage aux femmes portugaises, en exemple de résistance.

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Maria Lamas, « Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020 » vue d’exposition au CCC OD, Tours, France, mars 2022 © Photo(s) : F. Fernandez, CCC OD - Tours

Si l’égalité des sexes est encore loin d’être une réalité au Portugal comme dans beaucoup d’autres pays à commencer par la France, l’image de la muse passive et introvertie semble bel et bien avoir disparu du répertoire des femmes artistes. La pugnacité de Maria Lamas se confond avec le regard si déterminé de Sarah Affonso dans « O meu retrato [Mon portrait] » de 1927, avec le geste assuré d’Helena Almeida, le dessin engagé de Paula Rego, l’audace picturale d’Aurélia de Souza. En élaborant une histoire de l’art portugaise par les femmes qui l’on faite, dépassant largement le cadre national, l’exposition tourangelle participe à la réécriture d’une histoire mondiale de l’art enfin plus conforme à la réalité, qui n’en finit pas de découvrir ses artistes trop longtemps ignorées.

Illustration 15
Sarah Affonso (1899-1983) O meu retrato [My portrait], 1927 Óleo sobre tela / Oil on canvas; 50 x 40 cm Coleção Particular / Private Collection [© Herdeiros de / Heirs of Sarah Affonso Créditos Fotográficos: António Coelho, 2019]

[1] D’après la psychanalyste allemande Inge Weber. I. Weber, « Andreas-Salomé, Louise, dite Lou », dans Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse, Paris, Hachette, 2005, pp. 104-105.

[2] Nom donné au régime né de la « Ditadura Nacional »  (Dictature nationale) instaurée par le coup d’État du 28 mai 1926 qui mis fin à la première République démocratique du Portugal. Le pays devient alors une république unitaire et parlementaire à parti unique placé sous la dictature autoritaire d’Antonio de Oliveira Salazar, premier ministre de 1932 à 1968. Le 25 avril 1974, un coup d’État organisé par le Mouvement des Forces Armées, composé d’officiers militaires de gauche, renverse le régime de l’Estado Novo. L’évènement est connu sous le nom de Révolution des Œillets. Voir Fernando Rosas, L’art de durer. Le fascisme au Portugal, Les éditions sociales, 2020, 346 pp.

[3] Helena de Freitas et Bruno Marchand (I), « Tudo o que eu quero », in catalogue de l’exposition Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020, CCCOD, Tours, du 25 mars au 4 septembre 2022, Lisbonne, Imprimerie Nationale – Maison de la Monnaie, 2021, p. 25.

[4] Helena de Freitas et Bruno Marchand (II), texte de la feuille de salle de l’exposition « Tout ce que je veux », CCCOD, Tours, du 25 mars au 4 septembre 2022.

[5] Mouvement britannique regroupant des peintres figuratifs actifs à Londres à partir de l’immédiate après-guerre : Francis Bacon, Frank Auerbach, Lucian Freud, Leon Kossoff, Michael Andrews, R. B. Kitaj, Paula Rego, ou plus jeunes : Celia Paul, Bill Jacklin et Tony Bevan. Le terme de « École de Londres » a été employé pour la première fois en 1976 par le peintre américain R.B. Kitaj à l’occasion de l’exposition « The human clay » à la Hayworth Gallery de Londres. La notion recoupe plutôt un phénomène critique et culturel qui relève de l’historiographie britannique contemporaine. Voir Marjorie Vanbaelinghem, « L’école de Londres, art et histoire de l’art britanniques à la fin du xxe siècle », Perspective [En ligne], 2 | 2007, mis en ligne le 31 mars 2018, consulté le 27 août 2022. URL : http://journals.openedition.org/perspective/3814

[6] Helena de Freitas et Bruno Marchand (I), op. cit.

[7] Alfonso Dias Ramos, « Menez », in catalogue de l’exposition Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020, CCCOD, Tours, du 25 mars au 4 septembre 2022, Lisbonne, Imprimerie Nationale – Maison de la Monnaie, 2021, p. 102.

[8] Guillaume Lasserre, « S'émanciper du cadre. Le corps idée d'Helena Almeida (1934 - 2018) », Le club de Mediapart/ Un certain regard sur la culture, 22 octobre 2018, https://blogs.mediapart.fr/guillaume-lasserre/blog/191018/semanciper-du-cadre-le-corps-idee-dhelena-almeida-1934-2018

[9] Helena de Freitas et Bruno Marchand (II), op. cit.

[10] Jackie Wullschläger, “Paula Rego: the subversive power of paint”, Financial Times, 26 juin 2019, https://www.ft.com/content/d294633a-972d-11e9-9573-ee5cbb98ed36 Consulté le 26 août 2022.

Illustration 16
Salette Tavares (1922-1994) Mer de Lyriques, 1963 Tipografia sobre papel / Typography on paper; 40 x 40 cm Coleção / Collection Salette Brandão, inv. 79/100 © Salette Tavares 1922/1994 Créditos Fotográficos: Fundação Calouste Gulbenkian – Centro de Arte Moderna. Fotografia / Photo: Paulo Costa

Tout ce que je veux. Artistes portugaises de 1900 à 2020 - Commissariat : Helena Freitas et Bruno Marchand. Exposition organisée par le Ministère de la Culture portugais et la Fondation Calouste Gulbenkian, en coproduction avec le Centre de Création Contemporaine Olivier Debré et avec la collaboration du Plan National des Arts portugais. Avec : Aurélia de Sousa, Mily Possoz, Rosa Ramalho, Maria Lamas, Sarah Affonso, Ofélia Marques, Maria Helena Vieira da Silva, Maria Keil, Salette Tavares Menez, Ana Hatherly, Lourdes Castro, Helena Almeida, Paula Rego, Maria Antónia Siza, Ana Vieira, Maria José Oliveira, Clara Menéres, Graça Morais, Maria José Aguiar, Luisa Cunha, Rosa Carvalho, Ana Léon, Ângela Ferreira, Joana Rosa, Ana Vidigal, Armanda Duarte, Fernanda Fragateiro, Patrícia Garrido, Gabriela Albergaria, Susanne Themlitz, Grada Kilomba, Maria Capelo, Patrícia Almeida, Joana Vasconcelos, Carla Filipe, Filipa César, Inês Botelho, Isabel Carvalho, Sónia Almeida. Manifestation s'inscrivant dans le cadre de la « saison croisée France-Portugal 2022 ».

Du 25 mars au 4 septembre 2022, du mercredi au dimanche, de 11h à 18h, le samedi jusqu'à 19h.

Centre de Création Contemporaine Olivier Debré
Jardin François 1er 
37 000 Tours

Illustration 17
Maria Helena Vieira da Silva (1908-1992) Moi, réfléchissant sur la peinture, 1936-1937 Óleo sobre tela / Oil on canvas; 41,4 x 24 cm Coleção / Collection Fundação Arpad Szenes-Vieira da Silva, inv. VO0295 © Vieira da Silva, ADAGP, Paris / SPA, Lisboa / Lisbon, 2021 Crédito Fotográfico: © FASVS / Fotografia / Photo José Barbosa

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