guillaume lasserre
Travailleur du texte
Abonné·e de Mediapart

314 Billets

0 Édition

Billet de blog 29 juil. 2022

guillaume lasserre
Travailleur du texte
Abonné·e de Mediapart

Caméra au poing. Delphine Seyrig et les Insoumuses

La Kunsthalle de Vienne propose une plongée dans l’histoire culturelle du féminisme français des années soixante-dix et quatre-vingt à travers le regard de la comédienne et réalisatrice Delphine Seyrig, qui s’investit très tôt dans le mouvement de libération des femmes et va envisager la caméra vidéo comme un outil d’émancipation. Retour sur le parcours d’une femme engagée.

guillaume lasserre
Travailleur du texte
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Micha Dell-Prane, Delphine Seyrig and Ioana Wieder holding a camera during a demonstration, 1976 • Courtesy Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir, © Micha Dell-Prane

En 1974, la rencontre de Delphine Seyrig avec Carole Roussopoulos, à l’occasion d’un stage que celle-ci organise à l’Épicerie – lieu de montage vidéo qu’elle partage avec Hélène Chatelain, rue Hyppolite Maindron dans le 14ème arrondissement de Paris –, va éveiller l’intérêt de la comédienne pour les nouvelles technologies vidéo portables et les possibilités qu'elles offrent pour explorer les expériences et les luttes des femmes. Avec Ioana Wieder qui, elle aussi, participe au stage, elles fondent la même anné l’association « les muses s’amusent » qui devient rapidement le collectif des Insoumuses dédié à la production de vidéos et de films envisagés comme des outils d’émancipation et d’activisme politique. Le collectif réalisera plusieurs films parmi lesquels « Maso et Miso vont en bateau », « SCUM Manifesto » et « Sois belle et tais-toi ». Le point de départ de l’exposition « Defiant Muses. Delphine Seyrig and the Feminist Video Collectives of 1970s and 1980s France », visible tout l’été à la Kunsthalle de Vienne après avoir été présentée au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia à Madrid, est une interrogation : comment se fait-il que l’activité de réalisatrice et d’activiste d’une actrice de cette envergure soit ignorée du grand public ? Trente ans après la mort de la comédienne, le nom de Delphine Seyrig évoque toujours en effet dans l’imaginaire populaire l’image de l’actrice glamour, incarnation de la beauté féminine, une image ne reflétant absolument pas la militante très engagée qu’elle était. L’exposition propose de s’éloigner de cette perception commune en déconstruisant tout d’abord l’image de la star pour mieux révéler celle de l’activiste.

Installation view: Defiant Muses. Delphine Seyrig and the Feminist Video Collectives of 1970s and 1980s France, Kunsthalle Wien 2022, © photo: Markus Wörgötter

Delphine Seyrig, une histoire du cinéma

Delphine Seyrig nait en 1932 à Beyrouth, d’un père archéologue, Henri Seyrig, directeur du service des antiquités au Liban, à l’époque sous mandat français, et d’une mère écrivaine et navigatrice, Hermine de Saussure, spécialiste de Jean-Jacques Rousseau, issue d’une famille d’universitaires genevois. Elle passe son enfance à Beyrouth, puis la famille s’installe à New York lorsque son père est nommé envoyé spécial de la France libre aux États-Unis en 1942. Elle y restera trois ans et demi. C’est de ce séjour qu’elle tient sa parfaite maitrise de la langue anglaise. En juillet 1950, elle a à peine dix-huit ans lorsqu’elle épouse le peintre américain Jack Youngerman (1926-2020), qui s’était installé à Paris à l’automne 1947 avec une bourse d’étude. En 1952, elle suit les cours d’art dramatique de Pierre Bertin, Tania Balachova et Roger Blin à l'EPJD[1] et débute la même année au Centre dramatique de l’Est. Peu de temps après, elle est engagée dans la troupe de la Comédie de Saint-Etienne.

Anonymous, Delphine Seyrig and Maria Schneider during the tour of Sois belle et tais-toi! [Be Pretty and Shut Up!], 1975 • Courtesy Seyrig Archives, © Alexandra & Géronimo Roussopoulos

En décembre 1956, elle s’installe à New York avec son mari et son fils, Duncan, né un peu plus tôt cette année-là. Ils aménagent dans le quartier de South Street Seaport tout au sud de Manhattan. Là, ils y retrouvent des amis de Jack : Ellsworth Kelly, Robert Indiana, Agnes Martin, ou encore Jasper Johns et Robert Rauschenberg. Tous sont encore inconnus à l’époque et vont former la colonie artistique de Coenties Slip[2]. En 1958, elle suit, en tant qu’auditrice, les cours de Lee Strasberg à l’Actor’s Studio, et obtient son premier rôle au cinéma dans le court-métrage « Pull my Daisy » (1959) de Robert Frank et Alfred Leslie. Le texte, écrit par Jack Kerouac, est lu par ce dernier en voix-off. À l’automne 1959, alors qu’elle joue off-Broadway, elle rencontre Alain Resnais qui lui propose de tourner dans « L’année dernière à Marienbad » d’après un scénario d’Alain Robbe-Grillet. Le film, qui sort à Paris à l’automne 1961, est un succès. Resnais lui offre le rôle principal de « Muriel ou le temps d’un retour » (1963), pour lequel elle reçoit la Coupe Volpi de la meilleure actrice à la Mostra de Venise. Les années suivantes, elle tourne sous la direction de Joseph Losey, Marguerite Duras, William Klein, Luis Bunuel, … Alain Resnais et François Truffaut consacrent sa carrière en quelques films. Elle enchaine de nombreux rôles au théâtre et entame une riche collaboration avec le metteur en scène Claude Régy. À la fin des années soixante, la popularité Delphine Seyrig est internationale.

Ulrike Ottinger, The Feast of the Persecuted Scientists and Artists (Delphine Seyrig, Wieland Speck, Alf Bold, Wilhelm D. Siebert, Ulla Stöckl, Peter Gente a.o.). Context: Freak Orlando, Baerwaldbad Berlin, 1981 • Courtesy the artist, © Ulrike Ottinger

L’actrice et l’activiste : « The personal is political »

Au cinéma, elle prend néanmoins conscience que les rôles qu’elle interprète perpétuent des stéréotypes de genre et va se rebeller contre sa propre image. Durant les deux décennies qui suivent, elle s’évertue à n’accepter que des rôles qui reflètent son combat pour l’émancipation des femmes. Elle retrouve Marguerite Duras, entame une collaboration avec la réalisatrice belge Chantal Akerman, une autre avec la photographe, plasticienne et cinéaste berlinoise Ulrike Ottinger[3], figure du cinéma féministe, queer et militant. Après la révélation que fut sa rencontre avec le mouvement des femmes en 1969, le Mouvement de libération des femmes (MLF) va occuper une place prépondérante dans sa vie. En 1971, elle est l’une des signataires du Manifeste des 343[4]. L’année suivante, elle fait une déposition pour la défense au procès de Bobigny[5].

Anonyme, Carole Roussopoulos pendant le tournage de Les prostituées de Lyon parlent, 1975. © Fonds Carole Roussopoulos

Dans la seconde moitié des années soixante-dix, avec les Insoumuses, elle produit une série de films sur l’avortement, l’autonomie sexuelle des femmes, les droits des travailleuses du sexe… « Maso et Miso vont en bateau » est l’une des réalisations les plus emblématiques du collectif. En 1975, l’ONU décrète l’année internationale de la femme. Le film reprend les images de l’émission spéciale de Bernard Pivot au titre explicite : « Encore un jour et l’année de la femme, ouf ! C’est fini », diffusée le 30 décembre 1975, à laquelle participe Françoise Giroud, alors secrétaire d’état chargée de la condition féminine, et dont la complaisance à l’égard des propos sexistes des invités fait réagir les Insoumuses qui analysent et répondent avec tout un argumentaire et beaucoup d’humour à cette tribune machiste. Le film, à la fois détournement politique et manifeste de la vidéo féministe, est diffusée en 1976 par le cinéma indépendant L’Entrepôt à Paris malgré les importants efforts de Françoise Giroud pour empêcher sa diffusion.

Les Insoumuses (Delphine Seyrig, Nadja Ringart, Carole Roussopoulos, Ioana Wieder), Maso et Miso vont en bateau [Maso and Miso go boating], film stills, 1976 © Courtesy Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

Réunissant des vidéos, des œuvres d'art, des photographies, des documents d’archives et des films, l’exposition propose de reconsidérer l’histoire du mouvement féministe en France à travers un ensemble de pratiques médiatiques et se penche sur un réseau d’alliances créatives internationales qui ont émergé dans une période de troubles politiques. Les Insoumuses situent en effet leur engagement politique dans un cadre internationaliste. Pour elles, la lutte féministe est une lutte commune et seule la solidarité avec d’autres collectifs opprimés dans le monde permettra de parvenir au changement. La section internationale est rythmée par les images du documentaire de Françoise Dasques couvrant la troisième conférence mondiale des femmes qui a lieu à Nairobi, au Kenya, en 1985. Un peu à l'écart, « Ines » (1974), la première vidéo de Delphine Seyrig, est difficilement supportable. Cet appel à la libération de l'opposante brésilienne Ines Etienne Romeu, rejoue les tortures que la jeune femme a subi pendant sa détention. Le sort des populations migrantes et racisées occupe une place importante dans le travail du groupe, même si celui-ci n’a jamais véritablement réussi à se départir d’une certaine vision européanocentrée. L’exposition met en avant les méthodologies utilisées par les Insoumuses pour mener une réflexion sur le potentiel politique du féminisme et ses changements de paradigme concrets à différents moments de l’histoire.

Delphine Seyrig, Sois belle et tais-toi! [Be Pretty and Shut Up!], 1976, film stills © Courtesy Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

Delphine Seyrig, l’actrice Jane Fonda, la photographe et cinéaste Babette Mangolte[6], la poétesse et peintre Etel Adnan, ou encore l'écrivaine et philosophe Simone de Beauvoir, apparaissent comme autant de figures centrales d’un maillage transnational plus large. Les multiples préoccupations politiques que soulevaient alors le mouvement féministe sont explicitées dans autant de sections qui découpent l’exposition, et entrent en résonance avec une problématique contemporaine de l’art et de la politique, alors que les féministes continuent de construire des alliances, de s’élever contre le sexisme structurel de l'industrie cinématographique et de remettre en question les rôles normatifs de genre.

Cathy Bernheim, Delphine Seyrig holding a camera in the shooting of Où est-ce qu’on se “mai”? [Where should we go (to stand up for our rights)?], filmed during the May 1 demonstration in Paris, 1976 (detail) © courtesy Cathy Bernheim

Art, travail, vie personnelle et politique s’entremêlent dans la vie de Delphine Seyrig. Il n’y a pas de frontière entre l’actrice et l’activiste. Seyrig illustre parfaitement le slogan politique utilisé dans la cadre des mouvements de libération des femmes à partir de la fin des années soixante : « le personnel est politique[7] ». La comédienne n’hésite pas à mettre sa carrière en danger pour défendre la cause féministe. Elle joue beaucoup au théâtre : « C’était hier » (1971) de Pinter mis en scène par Jorge Lavelli, « La chevauchée du lac de Constance » (1974) de Peter Handke mis en scène par Claude Régy. En 1972, elle retrouve les planches de Broadway avec « The little black book », version américaine de « L’aide-mémoire » de Jean-Claude Carrière, mis en scène par Milos Forman, où elle a pour partenaire Richard Benjamin. La pièce est un échec. Clive Barnes, le critique du New York Times écrit : « L'intrigue est si mince que l'auteur – s’il y en avait un – pourrait probablement gagner décemment sa vie dans une épicerie fine en coupant des sandwichs[8] ». Il ne peut s’empêcher de parler de la performance féminine avec un sexisme édifiant : « Miss Seyrig avait l’air très sexy et bougeait délicieusement. Quand elle est arrivée, j'ai su instinctivement que je pouvais la suivre des yeux toute la nuit. Je ne m'attendais pas à devoir le faire[9] ».

Au cinéma, 1975 apparait comme l’année Delphine Seyrig. La comédienne est à l’affiche de pas moins de quatre films en sélection officielle au festival de Cannes dont trois sont réalisés par des femmes, parmi lesquels « India Song » de Marguerite Duras et « Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles » de Chantal Akerman.

Carole Roussopoulos, Delphine Seyrig and Viva during the shooting of Sois belle et tais-toi! [Be Pretty and Shut Up!], 1975 • Courtesy Seyrig Archives / © Alexandra & Géronimo Roussopoulos

Documenter les luttes de son temps 

Chaque lutte exige que l’on reconnaisse le contexte historique et géographique spécifique dans lequel elle s’inscrit. L’exposition invite en fait à relire l’histoire du mouvement de libération des femmes au carrefour critique des années soixante-dix et quatre-vingt afin de réfléchir au combat toujours actuel contre le patriarcat. Delphine Seyrig tourne en 1975-76, « Sois belle et tais-toi ». Le film est composé de vingt-quatre entretiens avec des comédiennes françaises et américaines dans lesquels elle interroge celles-ci sur leur expérience professionnelle en tant que femme, leurs rôles, les rapports qu’elles entretiennent avec les réalisateurs et les équipes techniques. C’est peut-être le film le plus personnel de Seyrig, une mise en abime de sa propre carrière d’actrice. Le bilan est éminemment négatif. La profession n’autorise en effet que des rôles stéréotypés et aliénants. Le film se révèle un documentaire percutant sur le sexisme dans l’industrie cinématographique.

Carole Roussopoulos, Delphine Seyrig and Maria Schneider during the tour of Sois belle et tais-toi! [Be Pretty and Shut Up!], 1975 © Courtesy Seyrig Archives

En 1982, l’association « les muses s’amusent » fonde le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir à Paris dont les archives audiovisuelles documentent les luttes de l’époque : le droit à l’IVG et à la liberté sexuelle, la dénonciation des conditions de vie des travailleuses du sexe, les droits des prisonnières politiques, mais aussi les actions menées contre la guerre au Vietnam. Loin d’un héritage construit sur un corpus théorique, le centre propose une histoire alternative qui convoque pratiques médiatiques, activisme et culture visuelle, ce que montre très bien l’exposition qui a été construite en étroite collaboration et avec les documents du Centre. Les matériaux collectés ouvrent la possibilité de réviser une histoire du féminisme français trop souvent engoncé dans ses nombreux courants. Militante médiatique, Delphine Seyrig mobilise sa célébrité pour promouvoir la cause politique du féminisme. Avec le collectif des Insoumuses, la vidéo devient un outil d’émancipation. Le potentiel radical de leurs productions tient dans la capacité à ordonnancer humour, critique sociale et construction d’un regard féministe. Pour Seyrig, le politique impliquait l’autodétermination, les alliances entre femmes, la création d’espaces et d’opportunités d’action immédiate. L’accent devait être mis sur les relations, en opposition à la compétition patriarcale.

Installation view: Defiant Muses. Delphine Seyrig and the Feminist Video Collectives of 1970s and 1980s France, Kunsthalle Wien 2022, © photo: Markus Wörgötter

Célébrée à Madrid, où l’exposition a bénéficié de l’édition d’un catalogue, et en Autriche où elle occupe la quasi-totalité des espaces de la Kunsthalle de Vienne, témoignant de l’importance accordée au rôle de Delphine Seyrig en tant que réalisatrice activiste féministe, « Defiant Muses » sera présentée à la Württembergischer Kunstverein Stuttgart au printemps 2023. On peut s'étonner toutefois que l'exposition ne fasse pas escale en France. Pourtant, elle l'a fait, étant d’abord montrée au LAM[10] – Lille Métropole musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut, dans un format plus réduit et une relative discrétion qui confine à une certaine indifférence. Ce surprenant écart de traitement traduit-il le peu d’intérêt que portent les autorités publiques pour l’héritage des Insoumuses ? Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, réceptacle de la somme des documents audiovisuels qui ont alors pu être recensés concernant l’histoire des femmes, leurs droits, leurs luttes, leurs créations, fut fermé au public en 1992 pour des raisons financières. À sa réouverture en 2003, sous l’impulsion de Nicole Fernandez Ferrer, son actuelle déléguée générale, et en accord avec les fondatrices avec lesquelles elle travailla aux archives dès l’ouverture du centre, de nouveaux objectifs ont permis d’élargir ses missions à l’éducation à l’image et à la lutte contre les stéréotypes liés aux représentations sexistes dans l’audiovisuel. Le centre continue par ailleurs à produire des films en collaborant avec des artistes du collectif Travelling féministe et met à disposition ses archives pour les artistes qui le souhaitent. Il serait temps que l’État prenne enfin la mesure de l’importance du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et, à travers lui, de la pensée novatrice radicale de Delphine Seyrig, Carole Roussopoulos et Ioana Wieder, qui a permis la constitution d'une archive visuelle unique des mouvements féministes en France et au-delà.

Babette Mangolte, Calamity Jane & Delphine Seyrig: A Story, film still, 2020 © Courtesy the artist and Arsenal, Berlin

[1]L’Éducation par le jeu dramatique est fondée en 1946 par Jean Vilar, Jean-Louis Barrault et Roger Blin entre autres, et se propose de « mener les élèves à la maitrise de soi pour leur création personnelle », in Christine Page, Pratiques théâtrales dans l'éducation en France au XXe siècle : aliénation ou émancipation ?,Arthois Presses Université, 2010, p. 267.

[2] Du nom de la rue dans laquelle se trouve le bâtiment qui leur sert d’atelier. Voir à ce propos le guide de l’exposition que lui a consacré la Mesnil Collection à Houston (Texas) du 14 avril au 6 août 2017 : Between land and sea. Artists of the Coenties Slip. Consulté le 27 juillet 2022.

[3] Une rétrospective de l’œuvre cinématographique d’Ulrike Ottinger s’est tenue du 26 mai au 30 juin 2022 au Filmmuseum Wien, permettant de faire programme commun avec l’exposition de la Kunsthalle.

[4] Pétition parue le 5 avril 1971 dans le numéro 334 du Nouvel Observateur appelant à la législation de l’avortement en France. Les 343 sont des Françaises ayant eu le courage, malgré les poursuites pénales qu’elles encouraient, de dire qu’elles s’étaient faites avortées. Voir à ce propos Le manifeste des 343, un tournant dans le droit à l’avortement | Franceinfo INA Actu

[5] Procès pour avortement qui s’est déroulé en novembre et décembre 1972 à Bobigny en Seine-Saint-Denis. Cinq femmes – dont une mineure qui avait avorté à la suite d’un viol – y sont jugées. La défense est assurée par Gisèle Halimi. Le procès eu un énorme retentissement et a participé de la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Voir Bibia Pavard, « Genre et militantisme dans le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception. Pratique des avortements (1973-1979) », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, 29 | 2009, 79-96.

[6] Guillaume Lasserre, « Babette Mangolte, la traversée du regard », Un certain regard sur la culture, 16 juin 2019.

[7] Dans le contexte des mouvements féministes de la fin des années soixante et des années soixante-dix, il s’agissait avant tout de la remise en cause de la cellule et des valeurs familiales. L’expression est popularisée par un essai de Carol Hanisch publié en 1970. Cependant, l’autrice précise dans la préface de la réédition de 2006 qu’elle n’est pas à l’origine du titre et croit se souvenir que ce sont Shumamit Firestone et Anne Koedt, éditrices de l’anthologie dans laquelle a été publié l’essai, et fondatrices en 1969 du groupe New York radical feminists, qui ont choisi l’expression comme intitulé. Carol Hanisch, « The personal is political », in S. Firestone & A. Koedt (Ed.), Notes from the Second Year: Women's Liberation, New York, 1970, pp. 76-78.

[8] Clive Barnes, “Stage: ‘The Little Black Book’ Opens”, New York Times, 26 avril 1972, p. 52.

[9] Ibid.

[10] Les muses insoumises. Delphine Seyrig entre cinéma et vidéo féministe, LAM – Lille Métropole musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut, Villeneuve d’Ascq, du 5 juillet au 22 septembre 2019.

« Defiant Muses. Delphine Seyrig and the Feminist Video Collectives of 1970s and 1980s France » - Commissariat de Nataša Petrešin-Bachelez et Giovanna Zapperi. Une exposition organisée par le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía Madrid en collaboration avec la kunsthalle wien, le Württembergischer Kunstverein Stuttgart et le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir / Genrimages.

Du 7 avril au 4 septembre 2022. Du mardi au dimanche, de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu'à 21h.

Kunsthalle Wien
Museumplazt 1
1 070 Wien

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
Accès à l’IVG : des progrès dans la loi, des galères sur le terrain
Alors que le droit à l’avortement est menacé dans le monde, des avancées ont été obtenues en France, dont l’allongement du délai légal. À la veille de la journée mondiale du droit à l’IVG, Mediapart a enquêté sur les freins persistants.
par Alexandre Léchenet et Rozenn Le Saint
Journal — France
À Saint-Étienne, le maire se barricade dans son conseil municipal
Pour le premier conseil municipal depuis le début de l’affaire du chantage à la sextape, le maire Gaël Perdriau a éludé les questions de l’opposition. Pendant que, devant l’hôtel de ville, des centaines de manifestants réclamaient sa démission.
par Antton Rouget
Journal — Budget
Le gouvernement veut trop vite tourner la page du « quoi qu’il en coûte »
Le prochain budget marquera la fin des mesures d’urgence pour l’économie et le système de santé qui dataient de la crise du Covid-19. Le clap de fin du « quoi qu’il en coûte » en somme, dont le gouvernement ne veut plus entendre parler pour résoudre la crise énergétique actuelle. Il pense qu’il pourra maîtriser les dépenses publiques sans pour autant risquer une récession. À tort. 
par Mathias Thépot
Journal — Europe
En Italie, l’abstention a fait le match
La victoire de la droite et de l’extrême droite en sièges cache une stabilité de son électorat. Le pays n’a pas tant viré à droite sur le plan électoral que dans une apathie et une dépolitisation dont le post-fascisme a su tirer profit.
par Romaric Godin et Donatien Huet

La sélection du Club

Billet de blog
Giorgia Meloni et ses post-fascistes Italiens au pouvoir !
À l’opposé de ce qui est arrivé aux autres « messies » (Salvini, Grillo…), Giorgia Meloni et ses Fratelli d’Italia semblent - malheureusement - bien armés pour durer. La situation est donc grave et la menace terrible.
par yorgos mitralias
Billet de blog
Interroger le résultat des législatives italiennes à travers le regard d'auteur·rices
À quelques jours du centenaire de l'arrivée au pouvoir de Mussolini, Giorgia Meloni arrive aux portes de la présidence du Conseil italien. Parfois l'Histoire à de drôles de manières de se rappeler à nous... Nous vous proposons une plongée dans la société italienne et son rapport conflictuel au fascisme en trois films, dont Grano Amaro, un film soutenu par Tënk et Médiapart.
par Tënk
Billet de blog
Trop c’est trop
À tous ceux qui s’étonnent de la montée de l’extrême droite en Europe, il faudrait peut-être rappeler qu’elle ne descend pas du ciel.
par Michel Koutouzis
Billet de blog
Italie : il était une fois l’antifascisme
On peut tergiverser sur le sens de la victoire des Fratelli d'Italia. Entre la revendication d'un héritage fasciste et les propos qui se veulent rassurants sur l'avenir de la démocratie, une page se tourne. La constitution italienne basée sur l'antifascisme est de fait remise en cause.
par Hugues Le Paige