Mais pourquoi Bartolone a-t-il peur de débattre ?

Méconnaissance des dossiers, mise en cause personnelle sur son patrimoine et les enquêtes policières ouvertes à son encontre, relations avec Tapie, bilan PS en Ile-de-France : Claude Bartolone ne manquait pas de raisons de craindre le débat avec ses adversaires. Mais en refusant purement et simplement de participer, il a laissé l'espace à Benoit Hamon pour dévoiler de nouvelles hausses d'impôts...

Mardi soir se tenait le premier débat de la campagne des régionales en Ile-de-France. Si l'on pouvait regretter que les "petits" candidats n'aient pas été conviés, une absence a été particulièrement remarquée. Claude Bartolone a en effet refusé de venir débattre avec ses concurrents.

Certes, le débat a été un peu technique, et le "fainéant" (comme l'appelle Julien Dray) Bartolone semble reconnaitre implicitement qu'il n'a pas eu le temps d'entrer dans les dossiers. Face à Léa Salamé, il s'est d'ailleurs montré incapable de dater la rédaction de "son" programme, ni de justifier pourquoi celui-ci ne comptait aucune mesure sur la sécurité.

Mais le fait même de ne pas se sentir capable d'affronter les arguments adverse témoigne d'une grande fébrilité personelle. En envoyant Benoit Hamon prendre les coups à sa place (sur le bilan du PS à la région notamment), Claude Bartolone a certes évité les attaques sur sa situation personelle (mysoginie à l'égard des candidates adverses, patrimoine non transparent épinglé par une ONG, enquête pour emploi fictif, utilisation des moyens de l'Etat pour sa campagne, relations avec Tapie révélées par Mediapart...). Mais il a aussi pris le risque de libérer la parole sur les non-dits de son programme. Et ce qui devait arriver arriva : Hamon a reconnu, en direct, que le candidat PS allait augmenter les impôts de 220 Millions d'euros.

Bref, une manoeuvre de demi-habile, qui s'est retourné contre lui. L'esquive peut être un art ; elle dégénère en reculade.

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