Ralliements à Bartolone : les appareils en porte-à-faux avec leurs électeurs

Alors que les tractations entre Claude Bartolone, Emmanuelle Cosse et Pierre Laurent ont abouti au ralliement de ces derniers en échange de quelques postes, les militants et électeurs écologistes et de gauche refusent de tomber dans le piège tendu par le PS. Ils refusent que, de compromissions en compromission, les appareils les conduisent à une disparition programmée.

Ralliement EELV et FDG au PS © DR Ralliement EELV et FDG au PS © DR
Comme cela a déjà été écrit dans ces colonnes, M. Bartolone s'est ainsi exprimé au soir du premier tour : "« Ce soir, la gauche est en tête en Ile-de-France avec un total à 40 % soit une dizaine de points de plus que la liste d’union LR-UDI », a quant à lui réagi M. Bartolone, qui « en appelle au peuple de gauche » car « pas une seule voix de gauche ne doit manquer dimanche prochain ».

Cette déclaration a choqué plus d'un électeur de gauche. En effet, Claude bartolone a été l'un des supports les plus zélés de la politique libérale menée depuis 4 ans par MM. Hollande, Valls et Macron. 

Bartolone l'ami de Tapie, qui serait le rempart des travailleurs d'IDF ? Bartolone dont Dominique Voynet disait qu'il est une sorte de "parrain" mafieux et qu'elle refusait, en conscience, de travailler avec lui ?

Demander à des électeurs écologistes et du Front de gauche de se rallier au virage libéral de Macron (licenciements des vieux travailleurs facilités, ouverture le dimanche, libéralisation de pans entiers de l'économie, précarisation générallisée...) ou au virage sécuritaire de Valls (déchéances de nationalité des français d'origine étrangère, état d'urgence, assignation à résidence de militants écologistes ou alternatifs, réduction des libertés publiques, mise entre parenthèse de la CEDH...), c'est ni plus ni moins que leur demander de vendre leur âme.

Et la vendre pour quoi ? Pour que quelques apparatchiks puissent sauver leur fauteuil, et jouent les supplétifs d'une région PS qui consent à peine quelques mesures symboliques mais soutien la politique gouvernementale envers et contre tout ?

Comme l'indique Vicens sur Mediapart, dans une "Lettre ouverte à Monsieur Bartolone" :  "Il faut un sacré culot pour en appeler, maintenant, à cette "gauche" dont la seule utilité serait de VOUS permettre de gagner une élection, puis d’instaurer VOTRE politique, sans tenir compte des propositions de cette "gauche" dont vous ne partagez plus les idéaux. Non, Monsieur. C’est assez ! Je ne suis pas un électeur jetable. Je ne suis pas là pour vous porter dans un fauteuil comme un laquais. Je suis un électeur parisien, j’ai voté FDG au premier tour, et vous n’aurez pas ma voix au second tour. Assumez vos choix, assumez votre mépris à l’encontre de cette "gauche" qui refuse de se plier à vos diktats, à votre dérive sécuritaire, à vos combines, à vos relations troubles avec le monde de la finance, et à vos cadeaux toujours plus généreux faits au MEDEF. Mais assumez seul."

Sur les forums écologistes ou alternatifs, d'ailleurs, la pilule ne passe clairement pas, et aucun militant sincère n'est tombé dans le piège tendu par le PS pour éteindre définitivement les forces de (vraie) gauche dans l'optique de 2017.

Anne, une électrice FDG, indique ainsi : "Magistral Hollande. Immense dégoût. Même en IDF, où l’enjeu PS/LR est ouvert, hors de question pour moi de jouer le rôle attendu et hélas aussi distribué depuis aujourd’hui par la liste FDG, je n’irai pas voter PS/EELV/FDG."

Pour Adrien : " Je l’ai déjà dit, pas question de voter au second tour pour un candidat autre que le FdG, même face au FN. Je ne peux plus voter pour ceux qui nous ont désunis et quand je vois à l’instant C. Bartolonne encadré de P. Laurent et E. Cosse j’ai la nausée. Je ne vais pas porter les seaux d’eau pour éteindre le feu que l’UMP et le PS ont allumé en jouant avec les allumettes, alors que le FdG avertissait sans cesse de ce danger. ", 

DD, sur le site de Jean-Luc Mélenchon, renchérit dans le dégôut : "Même envie de gerber concernant Bartolonne encadré de P. Laurent et E. Cosse. Je suis communiste sans carte. N’allons pas voter pour des incendiaires inféodés à Washington et qui, continuant de dévaster la France et son modèle social. Rappelons-nous du prétendu président allant chercher ses instructions auprès d’Obama avant de rencontrer Poutine. J’en avais honte"

Eric, militant de gauche, considère pour sa part que "le PS à sabordé notre pays en continuité des fondations posées par Sarko. Nous avons été trainés dans la boue, vous avez été méprisé par l’escro Cahuzac pour leur plus grand plaisir. Ils nous ont installe en guerre sur plusieurs fronts, ils courbent l’échine devant la finance et subventionne le patronat, ils cassent le code du travail, la France n’est plus crédible par son double langage, ils brossent les chaussures des ricains et allemands. J’en passe. Bref le résultat que nous avons n’est pas de notre fait et pas question prêter ma voix à ces incompetents qu’ils assument. Le front de gauche est definitivement mort, pas le PG. Je ne voterai donc pas."

José, écologiste convaincu, conclut ainsi : "Cessons de jouer selon les règles du PS."

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