La diaspora appelle l'UE à la fermeté avec le régime en Iran

De nombreux Iraniens de la diaspora ont défilé dans les rues de Bruxelles le 15 juin pour soutenir les manifestations en Iran qui appellent à un changement de régime. La présidente du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) Maryam Radjavi a demandé à l'Union Européenne de mettre fin à sa politique de complaisance avec le régime en Iran.

Manifestation pour un changement de régime et un Iran libre à Bruxelles le 15 juin 2019 Manifestation pour un changement de régime et un Iran libre à Bruxelles le 15 juin 2019
Rassemblés sur la place Schuman de Bruxelles le 15 juin, les participants dont une majorité de femmes ont apporté leur soutien à Maryam Radjavi et aux unités de résistance en Iran. Ils ont voulu par cette manifestation transmettre un message fort à l'UE. « Nous voulons la fin définitive de la politique de complaisance avec les autorités criminelles en Iran et la reconnaissance de la résistance du peuple iranien contre le fascisme religieux et pour la démocratie. »

Depuis des années, les Iraniens subissent la répression des mollahs qui d’autre part dilapident les richesses du pays dans des actions d’expansion guerrière, laissant un peuple appauvri mais qui manifeste régulièrement depuis fin 2017. Des protestations qui au début visaient la vie chère mais qui se sont rapidement transformées en revendications pour un véritable changement du régime, pour le respect des droits et des libertés.

Aujourd’hui ce sont toutes les catégories sociales qui protestent. Et malgré la répression, l’appareil sécuritaire ne semble pas en mesure d’arrêter ce mouvement. La propagande a certes fait croire dans les médias que comme en 2009, le soulèvement avait été stoppé. Il n'en est rien, il y a toujours des manifestations et des grèves à travers d’Iran. Le peuple iranien ne décolère pas. Il n’en peut plus de cette politique d'ingérence au Moyen-Orient et demeure plus que jamais résolu à vivre dans un pays libre et en paix.

Lors de la manifestation à Bruxelles, Maryam Radjavi s’est exprimé dans un message vidéo. Elle a demandé à l’Union européenne d'imposer des sanctions générales au régime de Téhéran. Elle a aussi appelé l’Union Européenne à suivre l’exemple des Etats-Unis en inscrivant les gardiens de la révolution et le ministère du Renseignement sur la liste des entités terroristes étrangères.

Enfin, elle a de nouveau confirmé la volonté du peuple iranien de renverser ce régime dans sa totalité. Elle a terminé son discours en ajoutant que les pays européens devaient reconnaitre le droit du peuple iranien à la résistance. 

Les résistants iraniens ont tenu à préciser qu’ils n’attendent pas d’actions violentes ou de représailles de la part des Etats-Unis ou de l’Europe. En effet, ils considèrent que sous l’impulsion du CNRI, le peuple iranien va pouvoir renverser le régime tout seul.

Leur souhait? Que les gouvernements européens  soutiennent les Iraniens dans leur combat. Et pour ce faire, ils estiment à juste titre que l'UE doit mettre fin à sa politique de complaisance avec la dictature religieuse.

Car le régime est incapable de réforme. L’analyse des quarante dernières années a montré que la dictature religieuse ne changera pas. La violence et la guerre sont inscrites dans ses gènes. Depuis 40 ans, le quotidien des Iraniens est rythmé par l’oppression, les discriminations, les arrestations et les exécutions, à grande échelle. La terreur.

Le monde occidental n'est pas lui non plus épargné par les opérations terroristes du régime iranien depuis l'arrivée de Khomeiny au pouvoir. Prises d'otages de Français au Liban. Attentats à la bombe à Paris, au Liban, contre la communauté juive à Buenos Aires, contre l'armée américaine à Beyrouth et en Arabie Saoudite avec les tours Khobar. Et surtout contre les militants de l'alternative démocratique, le Conseil national de la Résistance iranienne avec des assassinats ciblés en Suisse, en Italie, en Turquie. La liste est longue, elle contient plus de 300 attentats.

Mettre fin à la complaisance

Comment l'UE peut-elle encore mener une politique de complaisance quand Khamenei a fait arrêter 7000 dissidents l'année dernière? Pourquoi l'Union européenne reste-t-elle complaisante quand quatre agents iraniens, dont un diplomate, ont été arrêtés pour avoir planifié un attentat à la bombe contre le grand rassemblement des Iraniens près de Paris l'an dernier?

En plus de la France, la Belgique, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Autriche et le Danemark, ont eux aussi été la cible de complots. Mais à ce jour, la complaisance a été la seule réponse européenne à la violence terroriste des mollahs.

L'UE aurait dû adopter depuis longtemps une position de fermeté vis-à-vis des activités terroristes de cette théocratie. Car la politique européenne actuelle donne aux forces répressives en Iran un sentiment d'impunité et surtout leur confère toute liberté pour bafouer les droits fondamentaux du peuple iranien, le droit international et le droit européen.

Il est temps que l’Europe prenne des décisions à l’instar des Etats-Unis, qui ont eux ont mis fin au jeu des “modérés contre les durs”, en prenant des sanctions qui touchent directement les dirigeants et commanditaires de ces actes de terreur, soit Khamenei et le gardiens de la révolution.

L’Europe doit se pencher rapidement sur l'avenir de l'Iran et soutenir le soulèvement légitime de sa population, pour lui permettre d'accéder à un Iran libre et démocratique, via le programme du CNRI.

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